4PGP – Un jeu arcade de Formule 1 venu des années 1990

TEST – 4PGP repose sur tout ce que les meilleurs jeux de course arcade des années 1990 savaient faire: il nous place sur la grille en quelques secondes, propose des circuits rapides à apprendre et ne transforme jamais chaque course en examen d’ingénierie automobile. Ce jeu de monoplaces Nintendo Switch 2 mise sur des tracés rapides, une forte sensation de vitesse, une ambiance rétro et du multijoueur à quatre, sans jamais vouloir devenir une simulation. En solo, toutefois, un CPU trop agressif et un contenu plus limité freinent régulièrement l’élan qui fonctionne presque parfaitement lorsqu’on joue avec des amis.

 

4PGP annonce ses intentions dès les premières minutes. Il n’y a pas de long mode carrière, pas de réglages d’ingénierie, et il n’est pas nécessaire de passer du temps sur la pression des pneus ou le différentiel avant de pouvoir enfin lancer une course. On choisit une monoplace, on attend l’extinction des feux, puis on fonce vers le premier virage, où une mauvaise trajectoire ou un freinage tardif prouve rapidement que le jeu est peut-être arcade, mais qu’il ne se pilote pas totalement sans réfléchir.

Cette immédiateté constitue l’une de ses plus grandes qualités. 4PGP rappelle clairement l’époque de Pole Position, de Virtua Racing et des jeux de course Sega classiques, sans fonctionner comme une simple imitation. Il recrée plutôt cette sensation de se tenir devant une vieille borne d’arcade, de comprendre les bases en quelques secondes, puis de recommencer jusqu’à réussir à gagner encore quelques dixièmes sur le tour suivant.

Les modes suivent la même philosophie à l’ancienne. Championnat propose une courte compétition de trois courses où les points décident de celui qui remporte le trophée, Course rapide sert aux épreuves immédiates, et le Contre-la-montre donne aux joueurs solo une activité lorsqu’ils veulent chasser leurs propres records. Le Contre-la-montre est naturellement un mode solitaire, mais les autres peuvent accueillir jusqu’à quatre pilotes à la fois, ce qui révèle rapidement où se situe le véritable centre de gravité du jeu.

Dix-neuf voitures fictives mais clairement inspirées de la Formule 1, ainsi que quatorze circuits évoquant des lieux réels du sport automobile, composent l’offre de base. L’ambiance d’Albert Park à Melbourne, les passages plus étroits de Monaco, le tracé rapide de Monza et plusieurs autres lieux célèbres sont reconnaissables, même si le jeu n’utilise naturellement ni licences officielles ni reproductions exactes. Les circuits sont courts, resserrés et faciles à apprendre, mais les bonnes trajectoires et les chronos vraiment compétitifs demandent tout de même de l’entraînement.

 

 

Le CPU prend la course arcade beaucoup trop au sérieux

 

La conduite dans 4PGP est fondamentalement plaisante. Les voitures donnent une vraie impression de vitesse, les circuits possèdent un rythme clair, et un bon tour ne vient pas du simple fait de garder l’accélérateur enfoncé du départ à l’arrivée. Il faut freiner avec précision, relâcher au bon moment, utiliser efficacement l’aspiration et éviter les contacts roue contre roue autant que possible, car même un léger accrochage entre deux monoplaces peut avoir de lourdes conséquences.

En difficulté Rookie, cette formule devient presque trop confortable. Après seulement quelques tours, il est généralement possible de prendre une avance sûre, le CPU ne représente pas une grande menace, et les courses ressemblent davantage à des séances d’entraînement qu’à de vraies compétitions. Cela ne serait pas un problème majeur en soi, si ce niveau ne refusait pas aussi les déblocages, laissant les joueurs souhaitant une expérience plus détendue avec très peu de motivation à long terme.

Dans les difficultés supérieures, plusieurs éléments deviennent paradoxalement plus intéressants. Les voitures sont plus rapides, l’aspiration prend plus d’importance, les courses sont plus longues et il reste davantage de temps pour corriger une petite erreur. Le rythme des épreuves s’améliore aussi, car il ne s’agit plus seulement de savoir qui peut réaliser un tour parfait, mais aussi qui peut exploiter le sillage des voitures devant lui et trouver le bon moment pour dépasser.

Les adversaires contrôlés par l’ordinateur deviennent alors réellement irritants. Ils défendent la trajectoire idéale avec trop d’agressivité, commettent rarement des erreurs et donnent souvent l’impression qu’ils ne cherchent pas à gagner la course, mais à empêcher personnellement le joueur de réussir un bon tour. Un petit contact latéral peut rapidement provoquer un tête-à-queue, une grosse perte de temps ou une remontée qui semble pratiquement impossible, ce qui serait compréhensible dans une simulation sérieuse, mais paraît trop sévère dans un jeu arcade aussi coloré.

Le plus frustrant est que la course idéale de 4PGP est très proche d’être fantastique. Lorsque l’on garde une trajectoire propre, que l’on freine bien, que l’on utilise l’aspiration et que l’on relie plusieurs virages en un seul mouvement fluide, le jeu donne exactement ce flow arcade instinctif qui rendait les classiques si captivants. Mais on n’est pas seul sur la piste, et lorsque le CPU défend trop rigidement ou qu’un léger contact entraîne des conséquences disproportionnées, cet élan s’effondre très vite.

 

 

Les stands servent davantage de recharge que de stratégie réelle

 

Le système de pit stop ne pousse pas non plus le jeu vers une stratégie de Formule 1 traditionnelle. Il ressemble beaucoup plus à une recharge de réserve d’accélération dans F-Zero, où l’arrêt rend une partie de la puissance de la voiture et où un court défi de timing peut encore améliorer le résultat. Cela convient à l’approche arcade, car la course n’est jamais interrompue trop longtemps, mais le système ne devient pas assez profond pour ouvrir de véritables possibilités tactiques.

Dans les difficultés inférieures, il n’est pas toujours évident qu’un arrêt soit vraiment rentable. Le temps perdu dans les stands peut sembler supérieur à ce que la recharge rend ensuite, ce qui rend souvent plus simple le fait de continuer à pousser et d’espérer que la voiture tiendra jusqu’à l’arrivée. Le système devient un peu plus intéressant dans les niveaux élevés, mais la conduite propre, la réduction des erreurs et la reconnaissance des bonnes occasions de dépassement restent le cœur de chaque course.

Cette simplicité ne pose pas problème en elle-même, car 4PGP n’a jamais voulu devenir une simulation profonde. Le souci est que l’agressivité du CPU et la sévérité des contacts peuvent parfois rendre le jeu beaucoup plus strict que l’ambiance arcade bruyante, colorée et joueuse qu’il affiche. Lorsqu’on se retrouve en mauvaise position dès le début, remonter ressemble souvent moins à un défi excitant qu’à un redémarrage fatigant.

 

 

À quatre joueurs, tout finit enfin par fonctionner

 

Dès que de vrais joueurs rejoignent la grille virtuelle, la plupart des défauts de 4PGP deviennent beaucoup moins agaçants. Les amis peuvent toujours toucher notre voiture, ruiner un tour parfait ou freiner beaucoup trop tard avant une épingle serrée, mais ce sont au moins des erreurs humaines. Lorsqu’une personne nous pousse hors de la piste, on peut en rire, s’en agacer et répondre au tour suivant par une action émotionnellement justifiée, même si elle reste parfois discutable sur le plan sportif.

Le multijoueur en écran partagé se configure rapidement et les performances restent convaincantes durant les courses à plusieurs. GameShare convient parfaitement au jeu, car il permet un partage local vers une autre console et facilite les courses en ligne avec des joueurs Nintendo Switch 2. Un seul exemplaire peut suffire pour créer des épreuves multijoueur où la véritable histoire est écrite par les amis qui freinent trop tard, tentent des dépassements impossibles et se rejettent la faute après l’arrivée, plutôt que par une intelligence artificielle imprévisible.

La structure de Championnat en trois courses est elle aussi à son meilleur en groupe. Elle est assez courte pour ne pas prendre toute une soirée, mais suffisamment longue pour permettre un retour après une mauvaise première course. À quatre, le contenu plus réduit paraît bien moins limitant, car chaque épreuve apporte de nouvelles erreurs, de nouveaux dépassements, de nouvelles rivalités et de nouvelles disputes.

C’est à ce moment que la signification du titre devient totalement claire. 4PGP n’est pas un jeu de course construit autour d’une longue carrière solitaire, mais un programme social rapide, bruyant et facile à lancer, où gagner peut compter autant que voir quelqu’un perdre patience dans le dernier virage du dernier tour. Avec des adversaires humains, il devient non seulement moins frustrant, mais aussi beaucoup plus vivant.

 

 

Excellente sensation de vitesse, mais une musique qui disparaît trop souvent

 

Sur le plan technique, 4PGP offre une expérience Nintendo Switch 2 très fluide. En mode téléviseur, il prend en charge une résolution 4K à 60 images par seconde, tandis que la Full HD peut atteindre 120 ips avec un ou deux joueurs et 90 ips avec trois ou quatre pilotes. Cette fluidité ajoute beaucoup au plaisir de conduite, car les circuits restent lisibles à grande vitesse, les voitures se déplacent avec légèreté et l’écran partagé ne dégrade pas visiblement l’ensemble.

Le mode Assistance et les commandes gyroscopiques sont également de bonnes idées, car 4PGP ne s’adresse pas uniquement aux vétérans du jeu de course arcade. Un joueur plus jeune ou moins expérimenté peut rejoindre rapidement une partie, tandis que les niveaux élevés offrent encore un défi aux personnes souhaitant conduire avec davantage de précision. Les marques et livrées fictives de Formule 1 évoquent aussi chaleureusement une époque où l’absence de licences officielles rendait souvent les jeux de course plus créatifs et plus joueurs.

La musique est un succès moins évident. Ce qui est présent est excellent: des morceaux électroniques énergiques et pulsés qui seraient parfaits à plein volume dans les haut-parleurs d’une ancienne borne Sega Rally. La décision étrange est que ces morceaux se font généralement entendre uniquement au début et à la fin des courses, ainsi qu’au passage de la ligne de tour, tandis qu’une grande partie de la compétition se déroule sans eux.

Cela ne rend pas 4PGP moins bon, mais c’est clairement une occasion manquée. Les sons de moteur fonctionnent, la sensation de vitesse est convaincante et le style visuel rétro-moderne possède beaucoup de caractère, pourtant une présence musicale constante aurait permis de relier l’ensemble de manière encore plus efficace. Le jeu crée une excellente ambiance arcade, puis la laisse régulièrement retomber au milieu de la course.

Les consoles Nintendo offrent aujourd’hui bien plus de jeux de course qu’à l’époque où un nouveau titre automobile ressemblait à un événement particulier. 4PGP ne cherche pas à plaire à tout le monde et ne propose pas une structure solo suffisamment profonde pour occuper longtemps un joueur isolé. En revanche, il comprend extrêmement bien les redémarrages rapides, le plaisir de conduite immédiat et l’énergie brute de la rivalité multijoueur.

-Gergely Herpai „BadSector”-

Pro:

+ Une conduite arcade immédiate, rapide et agréable.
+ Un excellent multijoueur local et une prise en charge réellement utile de GameShare.
+ Des performances fluides, un visuel rétro attachant et un univers de Formule 1 fictive plein de charme.

Contre:

– Un CPU beaucoup trop agressif et rigide dans les difficultés élevées.
– Aucun déblocage en Rookie, tandis que le contenu solo manque rapidement de carburant.
– Une musique excellente, mais trop souvent absente pendant les courses elles-mêmes.

Développeur: Vision Réelle
Éditeur: 3goo
Genre: jeu de course arcade
Sortie: 5 février 2026 (Nintendo Switch, Nintendo Switch 2), 11 juin 2026 (PlayStation 5, PC)

 

4PGP

Jouabilité - 6.5
Graphismes - 8
Expérience de conduite - 7
Musique/Audio - 6.5
Ambiance - 7

7

BON

4PGP est un jeu de course arcade attachant et techniquement fluide, qui retrouve parfaitement le plaisir direct des grands jeux de monoplaces des années 1990 dans ses meilleurs moments. Son CPU agressif, l’absence de déblocages en difficulté débutant et son contenu solo plus mince le rendent moins durable en solo qu’il aurait pu l’être. Avec des amis, quatre manettes et quelques Championnats tendus, il peut toutefois facilement devenir l’un des jeux de course Nintendo Switch 2 les plus divertissants pour de courtes sessions.

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines – including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)

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