Xbox Game Studios et The Coalition ont annoncé que Gears of War: E-Day sortira sur Xbox Series et PC via Steam et le Microsoft Store. Le jeu sera également disponible dans le Game Pass, tandis que Microsoft le présente désormais comme une exclusivité console Xbox.
Gears of War: E-Day ne fait pas parler de lui uniquement parce que le prochain grand Gears tient enfin un plan de lancement plus clair. Le jeu arrive sur Xbox Series et PC, mais la partie la plus tranchante de l’annonce concerne la plateforme : Asha Sharma, dirigeante de Xbox, l’a présenté comme une « exclusivité console Xbox », alors que le Pan European Game Information avait auparavant classé une version PlayStation 5. Jeff Grubb, journaliste chez Giant Bomb, a affirmé que cette décision venait « tout juste d’être prise », avant d’ajouter sur Bluesky : « Donc oui, il y a quelque part sur un disque une version PlayStation de Gears pratiquement terminée. » Cette seule phrase en dit davantage sur la tension stratégique actuelle de Xbox que n’importe quel slogan d’entreprise bien poli.
Les précommandes donnent accès en avance à la bêta ouverte et débloquent au lancement le skin Exfil Dom Character ainsi que l’Exfil Weapon Skin Set. Des bonus utiles, certes, mais l’enjeu principal est ailleurs. Gears a toujours été l’un des marqueurs les plus solides de l’identité Xbox, le genre de série que Microsoft ressort quand il veut ressembler moins à une plateforme d’abonnement et davantage à un constructeur qui a quelque chose à défendre. Après des années de discours sur l’écosystème, de sorties multiplateformes et de frontières de plus en plus floues, Gears of War: E-Day porte un message beaucoup plus simple. Certains jeux, semble dire Microsoft, appartiennent encore à sa propre ligne de front.
Emergence Day n’est pas un contexte, mais le moment où le monde se fend
La campagne se déroule 14 ans avant le premier Gears of War, à une époque où Marcus Fenix et Dominic Santiago ne sont pas encore les légendes endurcies que les joueurs connaissent dans les épisodes suivants. L’Emergence Day marque la première irruption brutale de la Horde Locuste depuis les profondeurs, non pas comme une lente montée vers la guerre, mais comme le jour où la civilisation de Sera se brise sous ses propres rues. The Coalition traite cet instant comme une origine, mais pas comme une préquelle propre et confortable. L’approche paraît plus rude, plus sombre, plus proche de l’horreur, ce qui peut justement redonner du danger à Gears si la série se souvient que les tronçonneuses et les muscles ne suffisent pas.
Les développeurs promettent un ton plus sombre et plus rugueux, des ennemis repensés, et un monde plus concret, plus crédible, plus dangereux. Les créatures connues doivent revenir sous une forme plus menaçante, accompagnées de nouveaux monstres et antagonistes destinés à restaurer l’effroi dans la série. Le combat en couverture reste l’ossature du jeu, mais il s’enrichit de déplacements modernisés, d’une liberté de traversée accrue, de plus de verticalité, d’armes appréciées des fans réimaginées et de nouveaux outils conçus pour des affrontements rapprochés brutaux. L’équilibre sera délicat : le jeu doit se mouvoir comme une production actuelle sans perdre ce poids lourd, abrasif, presque bétonné, qui fait qu’un Gears ressemble à un Gears.
Horde Siege voit plus grand, tandis que le Versus garde le combat plus serré
Horde Siege sera le grand volet coopératif. Il retravaille le mode de survie par vagues classique de Gears pour des cartes plus vastes, davantage de joueurs et des batailles plus massives, avec des classes Assault, Marksman, Medic ou Breacher avant de rejoindre une ville assiégée en escouade de quatre. Le mode ne se limite pas à une nouvelle succession d’ennemis jusqu’à ce que tout le monde manque de munitions et de patience. Plusieurs escouades pourront remplir des objectifs communs, abattre des world bosses, survivre pour obtenir des récompenses, débloquer de la personnalisation et améliorer leur équipement pour la partie suivante.
Le Versus revient comme le versant PvP plus tranchant du jeu, avec de nouvelles cartes et des modes quatre contre quatre appréciés des fans, désormais affinés. Le Ranked s’adresse à ceux qui veulent de la pression et de la progression, tandis que les playlists Social restent ouvertes aux matchs plus détendus. Les commandes et déplacements modernisés doivent rendre les combats plus fluides, mais The Coalition affirme conserver la sensation caractéristique du combat en couverture. Sauter, franchir, glisser et contourner auront tous leur importance, à condition que ces mouvements restent de vraies décisions de combat, pas de simples verbes ajoutés parce que chaque shooter moderne doit désormais en empiler davantage.
Sur le plan technique, Gears of War: E-Day a été construit depuis zéro avec l’Unreal Engine 5. L’objectif est la 4K et jusqu’à 60 FPS en campagne comme en multijoueur, avec HDR10, éclairage, reflets et ombres en ray tracing matériel. Sur PC, la liste comprend des modes d’affichage borderless, exclusif et fenêtré, une fréquence d’images non plafonnée sur les machines capables de la tenir, la prise en charge ultrawide 21:9 et 32:9 pour le gameplay et les menus, ainsi que la reconfiguration du clavier-souris et de la manette. Le jeu sera également optimisé pour le jeu portable sur Steam Deck, Xbox Ally X et Xbox Ally, signe étrange mais révélateur de l’endroit où même les franchises console les plus massives doivent désormais trouver leur place.
La liaison de compte optionnelle prendra en charge les sauvegardes itinérantes, la connexion aux amis et les invitations entre plateformes, afin de former une escouade en coopération en ligne à deux, trois ou quatre, ou de passer au multijoueur compétitif jusqu’à huit joueurs sur les plateformes compatibles. Gears of War: E-Day tente donc d’accomplir deux tâches à la fois : revenir à la blessure fondatrice de la franchise et fonctionner comme une sortie moderne sur le matériel actuel, le PC, les machines portables et les services. Si The Coalition parvient à maintenir ensemble l’origine horrifique, la violence en couverture, les déplacements modernisés et le message d’exclusivité Xbox ravivé, ce titre pourrait être plus qu’un nouvel épisode de Gears. Il pourrait devenir l’argument le plus bruyant de Microsoft pour rappeler que certains fronts méritent encore d’être gardés.
Source : Gematsu



