Meta se prépare à supprimer environ 10 % de ses effectifs le mois prochain, tout en augmentant plus que jamais ses dépenses dans l’intelligence artificielle. D’après la note interne adressée aux salariés, près de 8 000 postes vont disparaître, tandis que plusieurs milliers de recrutements prévus seront également abandonnés, la priorité de l’entreprise se déplaçant de plus en plus massivement vers l’IA et les infrastructures qui l’accompagnent.
La logique derrière cette décision est difficile à manquer. Meta prévoit de consacrer entre 115 et 135 milliards de dollars cette année à l’intelligence artificielle, aux centres de données et aux investissements connexes, soit un niveau qui approche ou dépasse ce que l’entreprise a consacré à ces domaines sur les trois années précédentes réunies. Un porte-parole a confirmé les suppressions de postes à venir, sans aller plus loin dans le commentaire.
Mark Zuckerberg avait déjà préparé le terrain en janvier, lorsqu’il expliquait avoir constaté à quel point les salariés utilisant intensément les outils d’IA étaient devenus plus productifs. Son idée était limpide: une seule personne peut désormais mener à bien des tâches qui exigeaient auparavant une équipe entière. Il présentait 2026 comme l’année où l’IA allait transformer de manière spectaculaire la façon de travailler, et les décisions actuelles montrent que Meta applique déjà cette vision à sa propre organisation.
Les employés s’y attendaient depuis des semaines, et leur nervosité n’a rien d’étonnant
Reuters avait déjà indiqué que Meta visait le 20 mai pour une première grande vague de licenciements, avec la possibilité d’autres coupes plus tard dans l’année. La note interne confirme cette trajectoire. L’entreprise ne réduit pas seulement ses effectifs actuels, elle renonce aussi à environ 6 000 postes ouverts qu’elle avait prévu de pourvoir. Cela donne à l’opération l’allure d’une réorganisation beaucoup plus large qu’une simple réduction ponctuelle.
D’après la BBC, de nombreux salariés s’attendaient depuis plusieurs semaines à une coupe plus profonde. Le climat s’est encore tendu lorsque Meta a informé ses employés qu’elle commencerait à suivre et enregistrer leurs interactions sur les ordinateurs professionnels, notamment pour améliorer ses modèles d’IA. Un salarié a décrit cette mesure comme dystopique, surtout dans le contexte de licenciements imminents. Cette réaction montre bien comment une partie du personnel perçoit la situation: non comme une simple modernisation technologique, mais comme une transformation brutale de l’entreprise dont ils pourraient faire les frais.
Meta enchaîne les vagues de suppressions de postes depuis 2022 et a déjà éliminé des dizaines de milliers d’emplois. Pourtant, l’entreprise avait recommencé à recruter, et l’an dernier ses effectifs semblaient être revenus à un niveau proche de celui d’avant ses premières coupes. C’est ce qui rend cette nouvelle vague particulièrement révélatrice. Il s’agira du plus grand plan de licenciements chez Meta depuis 2023, et cela illustre plus largement un changement profond dans la tech, où les investissements géants dans l’IA vont de plus en plus souvent de pair avec l’idée qu’il faut moins de salariés pour faire tourner la machine.
Source: BBC



