The Occultist – Entre le pendule et l’enclume

TEST – The Occultist donne l’impression d’un thriller surnaturel de série B: on sent bien que ce n’est pas un AAA, mais il y a parfois des instants qui accrochent. Le problème, c’est que ces bons moments ne se transforment presque jamais en vraie tension – on a plutôt une succession d’idées qui ne font pas système. Quand le générique tombe, on hausse les épaules, puis quelques mois plus tard, il n’en reste pas grand-chose.

 

De bonnes idées, une exécution fragile – ça vaut un essai, mais ça ne te restera pas longtemps.

 

Alan Rebels et l’île de Godstone

 

On incarne Alan Rebels, enquêteur spécialisé dans le paranormal, envoyé sur l’île britannique abandonnée de Godstone pour retrouver son père, Gabriel. Jusqu’aux années 1950, une secte y a prospéré, puis tout s’est éteint. Côté ambiance, le jeu sait s’y prendre: Unreal Engine 5 valorise les bâtiments en ruine, l’iconographie de la secte et ces paysages vides, presque trop calmes pour être honnêtes.

Mais un thriller doit aussi faire peur, au moins un peu. Or ici, ça ne prend pas vraiment. Alan réagit à peine au surnaturel, et si le héros traite l’étrange comme un détail, le joueur finit par faire pareil. Il y a des sursauts, oui, mais ce sont surtout des jump scares, et à la longue, ils fatiguent. La tension continue, celle qui serre le ventre, manque à l’appel.

L’outil central, c’est le pendule: il permet de voir et de « manifester » des objets qui étaient là auparavant, puis de les utiliser. Plus tard, Alan récupère trois pouvoirs supplémentaires: un corbeau d’âme pour atteindre des zones inaccessibles, une capacité de contrôle des nuisibles qui évoque un peu Dishonored, et une manipulation temporelle pour certains objets (par exemple un ascenseur bloqué). On n’a d’ailleurs pas vraiment besoin de chercher: si quelque chose est proche, le pendule s’illumine.

Il y a des énigmes, mais elles demandent souvent une quantité déraisonnable d’objets pour une simple porte, ou une chaîne de récupération pour obtenir un élément indispensable. Ce serait supportable si c’était varié, sauf que le jeu recycle énormément les trois mêmes formats: écrire un nom, reproduire un motif, entrer une combinaison. Ce n’est pas difficile, et les indices sont consignés dans le journal d’Alan, donc on exécute plus qu’on ne réfléchit.

Les combats, eux, ne fonctionnent pas vraiment. Soit on évite les attaques, soit on tente de retourner celles des ennemis contre eux. On croise un kamikaze, une poupée explosive, et même une grand-mère en fauteuil roulant. La première fois, c’est drôle, puis la répétition rend le tout irritant. Les boss existent, mais ils sont rares, et la logique est étrange: Alan n’est pas un combattant, mais le jeu le force malgré tout à utiliser le pendule en plein affrontement pour survivre.

 

Même la voix de Geralt ne le sauve pas

 

Geralt? Oui: Alan est doublé par Doug Cockle, la voix de The Witcher. Sur le papier, ça claque, mais dans les faits, ça colle mal au personnage. Alan sonne souvent blasé, et ses répliques tombent à plat – ce qui fait mal à un jeu qui devrait vendre la peur, l’urgence, ou au minimum la curiosité. Sur quatre heures (voire quatre heures et demie), cette interprétation finit par tirer vers le bas une histoire pourtant intéressante.

Techniquement, la version PlayStation 5 tourne correctement, et si certains objets flottent, on a plutôt envie d’accuser Daloar que le portage. Il reste toutefois des aspérités: la main d’Alan peut paraître bizarre, et certains textes deviennent difficiles à lire. Des détails, mais ils s’additionnent.

Il faut aussi le rappeler: on est sur un AA, et ça devient rare. On aurait besoin de plus de jeux de ce calibre: pas des productions à centaines de millions, mais pas de simples indés non plus. The Occultist n’atteint pas le niveau d’un Hellblade: Senua’s Sacrifice, mais il a de bonnes idées – simplement, l’exécution manque de rigueur à plusieurs endroits.

 

Un jeu à usage unique

 

The Occultist a une vraie ambiance, mais il ne parvient pas à lui adosser un gameplay assez solide pour tenir la distance. Voilà pourquoi il se retrouve à 6/10. Une fois terminé (en une journée, ou soyons honnêtes, en un après-midi), il y a peu de chances d’y revenir avant longtemps.

La boucle est répétitive, Alan est fade, le doublage ne le relève pas, et l’ensemble manque de moments vraiment marquants. Si vous avez aimé The Sinking City, ça vaut peut-être un essai – peut-être. Sinon, c’est vite oubliable. Daedalic Entertainment n’a pas fait un désastre à la The Lord of the Rings: Gollum, mais ne soyez pas surpris si le jeu finit comme titre de « remplissage » sur PlayStation Plus en fin d’année.

note: 62% correct

verdict: De bonnes idées, une base fragile – ça se tente, mais ça ne reste pas.

-V-

Points forts:

+ Le décor et l’ambiance qu’il installe
+ Le point de départ du scénario a du potentiel
+ Le pendule comme outil central, une idée intéressante

Points faibles:

– Boucle de jeu répétitive, avec trop peu de tension réelle
– Alan (et son interprétation) reste oubliable, souvent trop apathique
– Court, « one shot », et vite effacé de la mémoire

Scénario: 75
Graphismes: 70
Musique/Audio: 50
Gameplay: 45
Ambiance: 70

Détails:
Développeur: Daloar
Éditeur: Daedalic Entertainment
Date de sortie: 9 avril 2026
Genre: thriller surnaturel à la première personne

The Occultist

Jouabilité - 4.5
Graphismes - 7.2
Histoire - 7.4
Musique/Audio - 4.8
Ambience - 6.8

6.1

CORRECT

De bonnes idées, une exécution fragile - ça vaut un essai, mais ça ne te restera pas longtemps.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)

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