TEST – BlackMill Games en est désormais au quatrième épisode de sa série consacrée à la Première Guerre mondiale. Impitoyable et volontairement lent, il cherche pourtant à offrir la plus grande fidélité historique possible. Cette fois, rien de comparable à ce que Battlefield a pu proposer auparavant : le jeu s’efforce au contraire de montrer quelque chose de différent, et peut-être même d’unique. Ici, vider son chargeur ou manquer de précision a un véritable prix.
D’après notre propre expérience, il faut dix secondes pour recharger un fusil. En dix secondes, un adversaire a largement le temps de nous mettre à terre…
Le réalisme avant tout
Si nous ne sommes pas touchés à un endroit vital, il faut arrêter l’hémorragie, puis attendre encore près d’un quart de minute avant de retrouver toutes nos forces. Nous courons quelque part ? Nous finissons à bout de souffle, et il faut de nouveau patienter aussi longtemps avant de reprendre notre respiration. Ces éléments montrent déjà que le jeu ne regarde pas du côté de l’approche hyperactive, presque conçue pour les troubles de l’attention, de Call of Duty ou de Battlefield : ici, interrompre l’animation de rechargement ne sert à rien, puisqu’elle doit aller jusqu’au bout. Gaspiller des munitions paraît également naturel, car il faut rappeler que nous sommes au milieu des années 1910. Où étaient donc les viseurs laser à cette époque ? Les animations sont nombreuses, et le moindre mouvement de l’arme suffit à dérégler la visée. Debout au coin d’un mur, nous ne savons même pas précisément où nous tirons. Il n’y a pas que les armes à feu : couteaux et baïonnettes sont également disponibles. Et oui, le chaos peut aussi s’installer à ce moment-là, voire surtout à ce moment-là. Une grenade siffle au loin, tandis que l’artillerie lourde tonne ailleurs. L’ambiance fonctionne pleinement lorsque nous sommes couchés dans une tranchée à panser nos blessures, en espérant avoir juste assez de temps avant que quelqu’un surgisse et nous tire en plein visage.
Il ne faut pas non plus s’étonner de manquer de cartouches. À l’époque, même les Alliés fabriquaient des « projectiles » pour leurs catapultes avec des clous et des morceaux de métal. Beaucoup de soldats mouraient d’ailleurs de maladies plutôt que sous les tirs ennemis, mais cet aspect n’a pas vraiment été transposé dans le jeu, où la victoire ne dépend pas uniquement de notre capacité à tirer. Il existe d’autres moyens de conduire l’équipe au succès.
Observons l’équipe adverse avec les jumelles. Installons les nids de mitrailleuses. Créons les points d’apparition. Il s’agit malgré tout d’un jeu D’ÉQUIPE, et une bonne coordination est absolument indispensable. Le fait de pouvoir y parvenir sans parler est tout simplement excellent, même si le classement ne récompense pas toujours ce travail, ce qui n’est peut-être pas totalement juste : les joueurs occupant des rôles de soutien sont ainsi quelque peu laissés de côté. Le jeu dispose par ailleurs de 125 tickets, qui représentent le nombre total de réapparitions de l’équipe attaquante. La capture d’un objectif en rend 25, tandis que l’élimination d’un défenseur en restitue 10. À sa sortie, Gallipoli ne propose qu’un seul (!) mode de jeu et cinq cartes, dont deux se trouvent dans la région qui donne son nom au jeu : V Beach et Anzac Cove. La Mésopotamie accueille Ctesiphon et Kut, tandis que Suez se situe naturellement en Égypte. Les lieux sont-ils variés ? En bref : oui.
La bataille de secteur en secteur
Chaque secteur comporte deux objectifs : il faut d’une part capturer le point central, et d’autre part créer un point d’apparition donnant accès aux ressources. Des explosifs ou des constructions doivent être placés autour du centre pour le conserver, ce qui complique clairement la situation, car nous perdons régulièrement la position et celle-ci change plusieurs fois de camp. Dans chaque équipe, il faut choisir non seulement une classe de personnage, mais aussi une unité.
La mitrailleuse légère n’est accessible qu’aux Britanniques, tandis que les Ottomans ne disposent pas de l’une des dix classes. En échange, ils bénéficient de deux emplacements pour mitrailleuses lourdes. Comme leur doctrine reposait réellement sur la Maxim, ils obtiennent la M1909, alors que les Britanniques conservent la Vickers. Les armes et les classes peuvent progresser jusqu’au niveau 20 — les armes séparément pour chaque faction — avant de laisser place aux niveaux de prestige. Chaque classe doit également relever un défi propre à son rôle : un officier, par exemple, doit éliminer cinquante adversaires avec des armes secondaires.
Mais parmi les 150 éléments annoncés, combien sont réellement considérés comme des armes ? Sur un fusil, un viseur différent transforme l’arme en un objet distinct, tandis qu’une baïonnette ou une grenade à fusil montée sur l’arme de base est comptabilisée comme la même arme. Les atouts de classe sont répartis sur trois niveaux, avec des écarts parfois importants. À la manette, maîtriser la dispersion des fusils est presque impossible. Il est possible d’utiliser la stabilisation de la visée, mais l’assistance ne corrige ni la dispersion ni le balancement de l’arme.
Recommandé… mais uniquement sur PC ?
Sur PlayStation 5 Pro, la 4K est bien présente, mais pas toujours les 60 FPS. C’est assez surprenant, car ce problème ne semblait pas exister dans les précédents épisodes de la série. Les grandes cartes peuvent accueillir cinquante joueurs qui s’affrontent, mais les déchirures d’image restent visibles.
Jouer à la manette ne semble pas non plus particulièrement adapté à Gallipoli : il faut parfois déplacer les sticks analogiques de manière excessive pour obtenir une réaction. C’est pourquoi nous accorderions au jeu 7,5/10 sur PC, contre un simple 7/10 sur console. Les performances ne sont pas parfaites, et nous préférons même ne pas imaginer le résultat sur une PlayStation 5 standard.
-V-
Développeur : BlackMill Games
Éditeur : BlackMill Games
Date de sortie : 20 août 2026
Genre : FPS consacré à la Première Guerre mondiale
Pour
- Une conception historiquement crédible
- Des combats rapprochés impitoyables
- Un rythme plus lent qui le rend unique à plusieurs égards sur le marché
Contre
- Une version console quelque peu problématique
- Un contenu encore un peu léger au lancement
- Des animations impossibles à interrompre, qui doivent aller jusqu’au bout
Gallipoli
Gameplay - 75%
Graphismes - 75%
Histoire - 58%
Musique/sons - 72%
Ambiance - 68%
70%
BON
Cette bataille n’avait peut-être encore jamais été représentée ainsi dans un jeu. Combien de temps le public lui restera-t-il fidèle ?





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