Si un jeu a déjà été cracké sur PC, pourquoi diable continuer à lui imposer un DRM et un système anti-triche ?
Marvel Tōkon: Fighting Souls souffre de problèmes de performances sur PC depuis sa sortie, et un nouveau rebondissement rend la situation encore plus embarrassante pour son éditeur Sony et son développeur Arc System Works : selon plusieurs informations, la version crackée et dépourvue de DRM du jeu fonctionnerait nettement mieux que la version officielle. Le jeu est sorti le 6 août sur PlayStation 5 et PC, et s’est rapidement hissé en tête des meilleures ventes Steam. Cet élan initial ne s’est toutefois pas traduit par un accueil sans accroc, puisque les évaluations des utilisateurs Steam sont presque immédiatement tombées à la mention « Moyennes ». À l’heure actuelle, seulement 47 % des évaluations du jeu sur Steam sont positives, un taux qui n’a pas évolué depuis sa sortie.
Le problème est d’ordre technique : les plaintes des joueurs portent principalement sur des soucis propres au PC, comme un framerate instable, de petits bégaiements persistants, des plantages, des réglages graphiques défectueux et un netcode en ligne problématique entraînant des pics de rollback, même sur des configurations dépassant largement les recommandations du développeur. La version PC impose un compte PlayStation Network pour jouer en ligne. Cette décision rappelle la polémique PSN de Helldivers 2 en 2024, mais Sony a cette fois maintenu sa position. En raison de cette exigence, le jeu a été totalement bloqué dans plus de 130 pays lors de sa sortie, empêchant les joueurs concernés de l’acheter sur Steam alors même que l’obligation en ligne ne touchait ni le mode Histoire ni le mode Arcade. Les utilisateurs de Steam Deck et de Linux ont été encore moins bien lotis : le système anti-triche les empêche même de lancer le jeu. La version PlayStation 5 a largement échappé à ces problèmes, alimentant les spéculations selon lesquelles l’écart de performances serait dû à un logiciel propre au PC, probablement une forme de DRM ou de système anti-triche.
Selon CrackWatch, un site qui suit le piratage, Marvel Tōkon a été cracké seulement 11 jours après sa sortie, lorsque les pirates sont parvenus à contourner sa protection DRM. Les conséquences ont encore accentué les tensions entourant un lancement déjà controversé : les joueurs ayant essayé la version crackée ont rapporté des performances spectaculairement meilleures que celles de la version Steam. Un utilisateur de Reddit a expliqué que, malgré de sérieux problèmes de performances durant la bêta ouverte, il pouvait faire tourner la version crackée de manière fluide à 60 FPS avec les réglages de qualité les plus élevés, sans avoir à précharger les shaders — une étape indispensable au fonctionnement stable de la version commerciale. Il a noté quelques saccades pendant les super attaques et dans les menus, mais a autrement qualifié l’amélioration de considérable.
D’autres utilisateurs ont rapporté des expériences similaires sur le forum ResetEra et les réseaux sociaux. Sur Twitter, JustinSGX a indiqué que la version crackée utilisait environ 34 % de son processeur Intel i7-6700K, contre 57 % pour la version commerciale sur le même matériel. D’autres joueurs ont livré des comparaisons tout aussi frappantes, affirmant qu’une certaine version non officielle tournait parfaitement à 60 FPS sur leur ordinateur, ou atteignait un solide 60 FPS avec des réglages moyens et une utilisation du CPU et du GPU autour de 40 à 50 %, tandis que la version commerciale restait bloquée à environ 45 FPS même en résolution GBA.
La cause la plus probable est le logiciel anti-triche du jeu, en particulier Easy Anti-Cheat, associé aux processus en arrière-plan liés à l’intégration du SDK PlayStation Network de Sony. La suppression du DRM semble également désactiver certains de ces systèmes supplémentaires en arrière-plan, qui contribueraient fortement, selon plusieurs utilisateurs, à la mauvaise optimisation du jeu. Un utilisateur de Reddit a toutefois averti que, même si les performances de la version crackée sont clairement meilleures, d’autres processus en arrière-plan peuvent encore les dégrader lorsque la couche DRM est inactive, Marvel Tōkon exécutant apparemment plusieurs composants logiciels liés à PlayStation en plus de sa protection anti-triche.
Arc System Works a reconnu publiquement les problèmes de performances persistants, même si aucune solution définitive n’a encore été trouvée. Après les retours négatifs apparus durant la bêta ouverte puis après la sortie complète, le développeur a déclaré être conscient que certains joueurs PC rencontraient des problèmes de performances. L’équipe enquête activement sur ces signalements. Malgré ces assurances, les dernières évaluations d’utilisateurs sur Steam laissent entendre que la situation ne s’est pas sensiblement améliorée depuis le lancement, la mention « Moyennes » restant inchangée malgré plusieurs milliers d’avis supplémentaires publiés dans les jours suivant la sortie.
Supprimer un DRM pour améliorer les performances n’est pas sans précédent, mais les éditeurs attendent généralement des mois ou des années avant de le faire — s’ils décident un jour de le retirer. Plusieurs éditeurs laissent en effet Denuvo dans leurs jeux (Square Enix, Ubisoft, Electronic Arts…) même après sept ou huit ans…
Source : WCCFTech (https://wccftech.com/marvel-tokon-pirated-build-60fps-drm-anti-cheat-steam-performance/), Steam (https://store.steampowered.com/app/3787240/MARVEL_Tokon_Fighting_Souls/)



