Plusieurs employés d’Electronic Arts craignent que le contrôle saoudien n’entraîne des licenciements, des exigences éditoriales plus strictes et une réduction de la liberté créative. La direction de l’éditeur avait pourtant assuré que ses valeurs et son indépendance artistique resteraient inchangées.
La privatisation d’Electronic Arts, valorisée à 55 milliards de dollars, a été finalisée au début du mois d’août. Le consortium est dirigé par le Public Investment Fund d’Arabie saoudite, dont la participation de 93,4 % lui donne de fait le contrôle de l’éditeur, tandis que Silver Lake et Affinity Partners conservent des parts minoritaires.
EA a quitté le Nasdaq et Andrew Wilson reste directeur général. Cette continuité n’a toutefois pas dissipé les inquiétudes du personnel, notamment parce que l’opération a chargé l’entreprise d’une dette considérable et que les économies annoncées pourraient se traduire par de nouvelles suppressions de postes.
La liberté créative se trouve également au cœur des craintes
Les salariés anonymes interrogés par PC Gamer ne s’inquiètent pas uniquement pour leur emploi. Certains redoutent que les priorités politiques et sociales de l’État saoudien finissent par peser sur les projets autorisés et sur les thèmes abordés dans des séries comme Les Sims ou Mass Effect.
« Il est forcément difficile de se réjouir d’être racheté par un régime dont les valeurs sont aussi éloignées de celles d’une société progressiste », a expliqué l’un des employés.
Un autre salarié estime que cette influence pourrait prendre une forme plus discrète qu’une censure directe. Certaines idées pourraient simplement être écartées avant leur validation : « Des projets ne seront tout simplement pas approuvés parce qu’ils ne correspondront pas explicitement à ce que souhaite le gouvernement saoudien. »
EA promet de conserver ses valeurs
Depuis l’annonce du rachat, EA répète que sa mission, ses principes culturels et son autonomie créative seront préservés. Une partie du personnel considère néanmoins que seules les futures validations de projets, les décisions concernant les équipes et d’éventuelles restructurations permettront de mesurer la solidité de ces promesses.
Le financement de l’opération renforce le malaise. EA s’est lourdement endetté alors que l’industrie du jeu vidéo traverse déjà plusieurs années de licenciements, ce qui nourrit à la fois la crainte de nouvelles coupes et celle d’un recentrage sur des productions plus prudentes, moins originales, mais jugées plus rentables.
Source : PC Gamer
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