Un Canadien a été condamné pour des crimes qu’il n’avait pas commis après que la police a mal recopié un pseudonyme inspiré de Skyrim. L’identifiant du véritable suspect contenait deux underscores, mais les enquêteurs n’en ont inscrit qu’un seul et ont construit toute leur procédure contre une personne sans aucun rapport avec les faits.
Brandon Klayme a passé 18 mois en prison alors qu’aucun élément découvert sur ses ordinateurs, ses téléphones ou ses autres appareils numériques ne le reliait aux infractions. En juillet 2026, la Cour d’appel de Nouvelle-Écosse a annulé toutes les condamnations et ne s’est pas contentée de critiquer le procès initial : elle a officiellement déclaré Klayme factuellement innocent. L’erreur catastrophique provenait d’une référence à The Elder Scrolls V: Skyrim. Les enquêteurs américains recherchaient un utilisateur de Kik appelé « fus__ro_dah », un pseudonyme inspiré du célèbre cri draconique Unrelenting Force. L’identifiant du suspect comportait deux underscores après « fus ». La demande officielle transmise à Kik n’en contenait plus qu’un : « fus_ro_dah ».
Un mauvais pseudonyme a détourné toute l’enquête
L’affaire a commencé dans le Wisconsin en 2018, lorsque la mère d’une adolescente de douze ans a découvert des messages à caractère sexuel sur le téléphone de sa fille. L’analyse de l’appareil a permis d’identifier 125 échanges sur Kik entre l’enfant et un adulte utilisant le nom « fus__ro_dah ». Le bureau du shérif du comté de Dane a contacté Kik afin d’obtenir l’identité du titulaire du compte. La requête contenant la version à un seul underscore, l’entreprise a fourni les informations appartenant non pas au suspect recherché, mais à Brandon Klayme. Son adresse électronique ayant été utilisée depuis une IP canadienne, les enquêteurs américains ont transféré l’affaire aux policiers de Halifax.
Les autorités canadiennes ont perquisitionné le domicile de Klayme et saisi ses téléphones ainsi que ses ordinateurs. Elles n’ont retrouvé ni les conversations recherchées, ni images illégales, ni preuve d’un contact avec la victime. Les enquêteurs ne pouvaient même pas démontrer qu’il avait utilisé Kik pendant la période concernée. Il a malgré tout été arrêté en février 2020, reconnu coupable en avril 2023, puis condamné en janvier 2024 à 18 mois de prison suivis de 18 mois de probation.
L’écart n’a été découvert qu’au moment de l’appel
La différence entre les deux pseudonymes a traversé toute l’enquête et le procès sans être remarquée, y compris par la défense. Les avocats de Klayme ne l’ont découverte que plusieurs années plus tard, à la fin de la préparation de l’appel, en comparant l’identifiant inscrit dans la demande de la police avec celui réellement présent sur le téléphone de la victime. Après avoir examiné cette nouvelle information, le ministère public a lui-même reconnu que la condamnation devait être annulée. Une demande correctement formulée aurait apparemment orienté les policiers vers un autre individu, prénommé Jay, dont l’adresse IP semblait située en Californie. Cet homme n’a pas été arrêté.
La Cour d’appel a acquitté Klayme de tous les chefs, annulé la probation encore en cours et formulé une conclusion exceptionnellement claire : « M. Klayme est factuellement innocent de ces infractions. Il n’aurait jamais dû être accusé, et encore moins condamné. » L’underscore manquant n’était donc pas une simple faute administrative, mais une erreur qui a volé plusieurs années à un innocent.
Source : 3DJuegos.



