Konami a osé s’éloigner des éléments qui avaient rendu sa franchise populaire à la fin des années 1990 et pendant les années 2000, et cette décision semble avoir porté ses fruits.
L’un des aspects les plus fascinants de Silent Hill f résidait dans le fait que nous n’aurions jamais imaginé Konami donner son feu vert à un tel projet. Nous pensions que l’entreprise avait pratiquement abandonné toute nouvelle initiative liée à la série. Nous nous trompions, car Silent Hill f représentait exactement le changement rafraîchissant dont la franchise avait besoin. Le jeu a introduit de nouvelles variations dans une formule devenue familière, tout en préservant avec le plus grand soin ses racines ancrées dans l’horreur psychologique. Grâce à cette stratégie, nous avons obtenu, ou nous obtiendrons, non pas un mais deux nouveaux jeux : Silent Hill f et Silent Hill: Townfall. La création de nouveaux épisodes s’éloignant du format et du cadre géographique d’origine correspondait précisément à ce que les développeurs souhaitaient accomplir lorsqu’ils ont préparé le retour de la série.
Motoi Okamoto, producteur exécutif du jeu, a expliqué pendant sa présentation au CEDEC que l’équipe voulait éviter un remake conçu selon une approche consistant à « attendre et observer », uniquement destinée à mesurer l’intérêt du public. Okamoto estimait que même dans le meilleur des cas, un remake ne ferait revenir qu’environ la moitié des joueurs d’origine. Si l’entreprise voulait convaincre les nouveaux venus comme les anciens fans d’essayer ses futurs jeux, elle devait proposer davantage qu’une simple dose de nostalgie. C’est précisément pour cette raison que le remake de Silent Hill 2 a été annoncé aux côtés de Silent Hill f et de Townfall. Konami a trouvé le bon rythme pour la série Silent Hill en alternant les remakes et les nouveaux épisodes indépendants. Le remake de Silent Hill 2 a ainsi précédé Silent Hill f, tandis qu’une nouvelle version du premier volet est déjà en développement.
Quel est le secret permettant à cette stratégie de fonctionner ? Okamoto a salué les partenaires de développement de Konami, à savoir Bloober Team, Annapurna, Screen Burn et NeoBards, pour l’excellence de leur travail et leur expertise dans la renaissance des histoires anciennes et nouvelles de Silent Hill. Plus encore que le choix de partenaires fiables, il est cependant essentiel de bâtir le travail sur des fondations solides, et c’est précisément à ce niveau que Konami a commencé la relance de la série.
Clarifier l’identité de Silent Hill s’est révélé extrêmement important au début de la renaissance de la franchise. Okamoto a retenu comme concept fondamental l’horreur psychologique, dans laquelle le protagoniste doit affronter ses inquiétudes, ses conflits et sa culpabilité au sein d’un monde intérieur, tout en rencontrant les projections symboliques de ses traumatismes. Le voyage à travers le monde dans lequel les personnages se retrouvent constitue une métaphore de ce processus psychologique, autrement dit de Silent Hill lui-même. C’est précisément pour cette raison que Konami a décidé de commencer par le remake de Silent Hill 2, un jeu qui incarne l’ensemble de ces caractéristiques.
La vision d’Okamoto apparaît avec une clarté absolue lorsque l’on examine ce que Konami a récemment accompli avec Silent Hill. Cohérence, expérimentation et fraîcheur caractérisent désormais la manière dont l’entreprise traite cette franchise particulièrement appréciée…


