Le film Death Stranding ne copiera pas l’histoire de Kojima – mais il a déjà son approbation

ACTUALITÉS CINÉMA – Michael Sarnoski ne veut pas simplement raconter à nouveau l’histoire des jeux Death Stranding, mais créer son propre récit original dans le monde de Hideo Kojima. Le réalisateur explique vouloir porter à l’écran le sentiment et le message que le jeu lui a laissés, tandis que Kojima et A24 ont déjà approuvé l’orientation actuelle du scénario.

 

Les adaptations de jeux vidéo ont beaucoup progressé à la télévision ces dernières années, mais le cinéma tente encore de reproduire ce succès dans des conditions bien plus serrées. Une série dispose de plusieurs heures pour construire un monde, développer ses personnages et attirer progressivement le spectateur, tandis qu’un film doit fonctionner dans une durée plus courte, avec une pression visuelle souvent plus forte, des exigences techniques plus élevées et une structure dramatique beaucoup plus dense. C’est dans cet espace que le film Death Stranding tente désormais de trouver sa place, avec Michael Sarnoski, réalisateur de Pig, de Sans un bruit : Jour 1 et du prochain The Death of Robin Hood, aux commandes du projet pour A24 et Kojima Productions.

L’une des caractéristiques les plus importantes du projet est que Sarnoski ne travaille pas sur une copie directe des jeux. Hideo Kojima participe comme superviseur créatif du scénario et du film dans son ensemble, mais le réalisateur a déjà clairement indiqué qu’il ne s’agira pas d’un récit classique reprenant le parcours de Sam Porter Bridges, ni d’une nouvelle version du même voyage autour du personnage incarné par Norman Reedus. Le tournage devrait commencer l’an prochain en Irlande et en Islande, tandis que Sarnoski travaille encore sur la version finale du script.

 

Sarnoski veut sa propre histoire dans le monde de Kojima

 

Dans un entretien avec Variety, le réalisateur a indiqué qu’A24 et Kojima étaient satisfaits de l’orientation actuelle, et que le développement « s’est très bien passé » jusqu’ici. Sarnoski a également expliqué que Kojima lui avait laissé une grande liberté pour explorer le monde comme il le souhaitait, sans l’obliger à rester étroitement attaché à l’intrigue exacte des jeux. C’est pourquoi il a choisi de chercher une histoire originale située dans l’univers de Death Stranding, une histoire qui ne détruit pas ce que le jeu a bâti, mais ouvre un autre recoin de ce monde.

« J’ai reçu le feu vert pour utiliser mes propres personnages ou raconter une histoire complètement nouvelle, située dans ce monde et voisine des jeux. Et cela a été une très belle expérience. J’adore ces jeux, et c’était formidable de reprendre le message qu’ils m’ont laissé, ainsi que ce que j’ai ressenti en y jouant, puis de trouver une autre histoire qui dialogue avec tout cela, tout en donnant l’impression d’être la mienne », a déclaré Sarnoski. Cette approche montre clairement que le film n’est pas traité comme une partie filmée, mais comme une œuvre de cinéma autonome.

Ce choix n’a rien de vraiment surprenant, car Kojima avait déjà expliqué en 2023 qu’il ne voulait pas que l’adaptation imite les jeux. Son intention était plutôt de permettre à la licence, auparavant étroitement associée à PlayStation, de s’étendre au cinéma sous la forme d’une œuvre indépendante. C’est d’autant plus important avec un matériau de départ déjà très cinématographique, mais qui repose encore fortement sur la participation du joueur, la monotonie du voyage, la vulnérabilité et la lente reconstruction du lien humain.

 

Étendre le monde peut compter davantage que le copier

 

Plusieurs adaptations réussies de jeux vidéo, ces dernières années, ont montré que la fidélité absolue n’était pas toujours la voie la plus forte. Le Fallout d’Amazon n’a pas copié l’intrigue d’un jeu précis, mais a raconté une nouvelle histoire dans le même univers tout en conservant l’humour grotesque, la satire sociale et l’atmosphère post-apocalyptique de la franchise. Arcane, sur Netflix, constitue un autre exemple solide de la manière dont un monde de jeu connu peut être étendu tout en permettant au nouveau récit d’exister par lui-même. Même The Last of Us, qui suit beaucoup plus fidèlement les événements de son jeu d’origine, a ajouté ses propres éléments pour éviter de devenir simplement la même chose sans l’interaction.

Dans le cas de Death Stranding, la question est encore plus sensible. Le jeu de Kojima n’est pas seulement étrange comme récit, mais aussi comme expérience : la solitude, la distance, la présence physique des charges, la reconnexion d’êtres isolés et la traversée de paysages hostiles touchent le joueur autrement qu’un spectateur passif. La tâche de Sarnoski n’est donc pas de copier les missions du jeu à l’écran, mais de trouver une forme cinématographique capable de porter son étrange mélange de solitude, de connexion, de survie et de contact humain.

Le film emprunte donc déjà une voie différente de celle que beaucoup attendraient d’une adaptation classique. L’approbation de Kojima suggère toutefois que le projet ne rejette pas l’intention créative d’origine, mais la prolonge dans un autre médium. La grande question sera de savoir si l’histoire propre de Sarnoski pourra entrer dans le monde de Death Stranding sans perdre cette atmosphère étrange, immédiatement reconnaissable comme kojimesque, qui a rendu le jeu à la fois si clivant et si mémorable.

Source : 3DJuegos

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