I Hate This Place – Terrain détesté, exécution oubliable

TEST – Ce jeu a un parfum de vieille école, ce qui veut dire qu’il tente un coup risqué. On pourrait même dire qu’il ne le réussit pas tout à fait, puisqu’à plusieurs niveaux il ne fait guère mieux que du moyen – et cela pose forcément la question de l’intérêt d’y jouer. La réponse: pas grand-chose, même si l’on peut au moins reconnaître qu’il a quelque chose d’assez singulier… mais ça ne suffit pas.

 

Deux amis, un rituel, puis il n’en reste plus qu’un – c’est un point de départ assez faible.

 

 

Survival horror en vue isométrique

 

Ce lead n’est ni une blague ni une coquille: IHTP est un survival horror en vue isométrique qui, après son intro, donne très peu de contexte. Le jeu d’acteur est lui aussi à peu près au niveau de Barátok közt. On essaie de comprendre ce qui s’est passé, tout est plongé dans le noir, et il ne nous reste plus qu’à bricoler. On incarne Elena, il faut retrouver Lout, et au passage on récupère encore quelques quêtes. En avançant, on croise davantage de gens et davantage d’obstacles. Et tôt ou tard, on finit plus ou moins par se perdre dans tout ça, sans vraiment saisir ce qui se passe. IHTP ne nous dira pas quoi faire. Il faut se fier à son instinct, et au journal de quêtes, qui peut tout au plus fournir une minuscule indication sur la marche à suivre à l’instant T. En plus, on reçoit une carte qui se remplit peu à peu de dessins, parce que c’est ainsi qu’Elena exprime sa créativité. Et IHTP ne laisse pas le joueur seul uniquement de cette façon: je ne me souviens pas qu’il nous ait, par exemple, expliqué qu’on pouvait brûler les araignées avec des torches. Notre base – où l’on peut construire – donne aussi l’impression d’avoir été un peu négligée.

C’est pourtant là que l’on va produire l’essentiel de nos ressources, puis les améliorer au fil du temps. C’est ici que le crafting entre en scène, car dans IHTP c’est lui qui dicte la progression: plus on veut explorer de nouvelles zones, plus il faut mettre la main sur de nouveaux objets. Et il est heureusement possible d’en trouver beaucoup disséminés dans le monde. Par exemple, si l’on tombe sur une mine, on l’ouvrira en dénichant quelque part un bâton de dynamite. Et pour fabriquer, la logique ne suffira pas souvent, car il faudra aussi des plans – de ce point de vue, IHTP fait exactement ce que l’on a déjà vu dans quantité d’autres jeux. Au bout du compte, tout repose sur le gameplay. Malheureusement, là aussi, le jeu ne dépasse pas le moyen, parce que les commandes sont nulles. On peut s’habituer à la DualSense tant qu’on veut, mais en combat, dès qu’on essaie d’utiliser un objet qui demande de le lancer, le geste est si peu naturel qu’on se plante souvent. Nos armes ne paraissent pas spécialement puissantes non plus, et il arrive réellement qu’on se dise: tant pis pour tout ça, parce qu’une fois encore, ce qu’on utilise est juste un peu trop faible par rapport à ce dont on aurait vraiment besoin. Malgré tout, on ne peut pas le qualifier de l’un des pires jeux de l’année (et soyons honnêtes: à ce stade, ce serait encore prématuré…).

 

 

Tu le vois, tu ne le vois pas, tu vois que tu ne le vois pas

 

Oui, on l’a dit: le jeu adopte une perspective isométrique. Il y a un petit hic: on ne voit pas tout dans toutes les situations, et c’est particulièrement agaçant – ou au minimum handicapant – pendant les affrontements, parce que notre réussite peut parfois dépendre précisément du fait de survivre… ou pas. Et n’oublions pas qu’il s’agit d’un survival horror, donc le crafting ne viendra pas toujours nous sauver. Et pourtant, il faut quand même dire que ce jeu n’est pas si mauvais.

On peut le juger singulier, et son style visuel est tout à fait acceptable (un peu façon bande dessinée, ce qui attire l’œil – un choix clairement pertinent de la part des développeurs). Malgré cela, ce fameux médecin autour de la mère d’Elena va mourir très vite, car – sans blague – le trophée platine peut tomber en 9-10 heures. C’est ridiculement court. Et si l’on voulait seulement terminer IHTP, la moitié suffirait. Il n’y a pas de rejouabilité. Et les patchs quasi obligatoires d’aujourd’hui n’y changeront pas grand-chose. Alors, comment évaluer ce jeu? Tout cela peut être très subjectif selon les joueurs, et ce n’est peut-être pas un hasard si les avis sont partagés.

 

 

Le docteur est mort

 

On a déjà entendu cette phrase mille fois, et elle peut paraître un peu usée, mais I Hate This Place n’est pas catastrophique. Ce n’est pas une œuvre marquante, mais cela peut valoir une partie si l’on parvient à s’habituer à la vue isométrique. Il est vrai que les commandes ne sont pas parfaites, il est vrai aussi que la narration est oubliable et un peu sous-développée, et que le jeu dans son ensemble donne une impression d’inachevé, mais résoudre ses mystères peut rester excitant. Puis on arrive à la fin, et à partir de là il n’y a plus vraiment de raison d’y revenir. C’est un jeu à usage unique, qui finira rangé parmi les autres dans notre bibliothèque numérique. Donc 6,5/10, c’est la note qu’il mérite. Aurait-il pu être meilleur? Absolument. Mais même ainsi, ce n’aurait pas été le genre de titre qu’on qualifie d’achat obligatoire.

-V-

Pro:

+ Direction artistique séduisante
+ Crafting, crafting, crafting
+ Une nuée de mystères

Contre:

– Commandes nulles
– Court (même avec le platine)
– Histoire oubliable

Développeur: Rock Square Thunder
Éditeur: Feardemic
Date de sortie: 29 janvier 2026.
Genre: survival horror isométrique

I Hate This Place

Jouabilité - 6.7
Graphismes - 7.3
Histoire - 5.3
Musique/Audio - 6.2
Ambiance - 7

6.5

CORRECT

C’est un jeu du genre « ça dépanne » : parfait pour un week-end, mais vous n’y reviendrez pas.

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)