GeniGods: Nezha – Un mythe de création chinois au rythme de God of War

APERÇU – GeniGods: Nezha se présente comme un jeu d’action trempé dans la mythologie chinoise, avec une vraie odeur de God of War. L’objectif est limpide: marcher dans les pas de Black Myth: Wukong et viser un succès du même calibre. L’industrie chinoise du jeu vidéo n’arrête plus d’envoyer des signaux – elle pourrait bien signer certaines des grosses surprises mondiales des prochaines années, et GeniGods: Nezha veut clairement être de la partie.

 

Après les réussites de Black Myth: Wukong et de Where Winds Meet, et avec des candidats sérieux comme Phantom Blade Zero qui se profilent, difficile de contester que le jeu vidéo chinois devient un acteur de plus en plus lourd à l’échelle mondiale. Et ce n’est pas un phénomène né de la dernière pluie: la Chine abrite depuis longtemps des studios respectés, avec de l’expérience et une vraie histoire – simplement, beaucoup d’entre eux ne trouvent que maintenant leur place sous les projecteurs internationaux.

Bon exemple: Genigod Lab, un studio qui consacre depuis plus de 20 ans ses efforts au développement technologique et qui dispose de bureaux à Hong Kong, Suzhou, Bellevue et Pékin. Le nom ne dit peut-être rien au premier coup d’œil, mais l’équipe a co-développé le jeu mobile My Hero Academia avec Tencent, avec Sony au rôle d’éditeur – un carton construit sur une licence alors au sommet de sa popularité. Et ce n’est qu’un titre parmi plus de 70 projets menés à ce jour; leur prochaine tentative de grand saut s’appelle GeniGods: Nezha.

La direction technique et créative est assurée par deux cofondateurs, Erdi Yao et Young Lui. Le pitch de GeniGods: Nezha est franchement séduisant et colle parfaitement à la vague actuelle: un action game façon God of War, transposé dans la mythologie chinoise, où l’on incarne une divinité liée à la naissance de l’humanité. En clair, une relecture vidéoludique d’un récit de création chinois – un terrain encore largement inexploré dans le jeu vidéo, et bourré de potentiel.

 

Quand le boss fatigue, le vrai boulot commence

 

Ce qui a été montré jusqu’ici s’articule autour d’un combat de boss. La protagoniste, Nezha, affiche une allure de déesse et s’appuie sur des brassards et des jambières pour repousser les attaques adverses. Le rythme est clairement élevé, et les esquives parfaites comme les parades ne sont pas là pour faire joli – elles sont au cœur du système. La jauge d’endurance de l’ennemi se vide lorsque ses coups sont correctement déviés, mais aussi quand on enchaîne les frappes et les coups de pied. Des interactions élémentaires viennent pimenter le tout. Quand le boss déchaîne des tourbillons de sable sur Nezha, elle réplique avec son propre vortex, généré grâce à un éventail.

Les développeurs décrivent GeniGods: Nezha comme un mélange de Stellar Blade et de Devil May Cry, avec God of War 3 comme référence majeure.

Dès que Nezha brise la jauge de défense du boss, elle enchaîne un combo aérien et propulse l’affrontement dans les airs à coups de magie aquatique: bras d’eau, ondes de pression, téléportation, orbes. Des techniques de vent et un sceau de feu apparaissent également. La séquence se termine lorsque l’ennemi change de forme et devient une créature gigantesque. Pour situer, la vitesse évoque Devil May Cry, tandis que l’exigence défensive penche davantage du côté de Sekiro.

Le studio situe aussi le jeu sur une grille de lecture du genre, via un diagramme à quatre axes qui place côte à côte plusieurs séries d’action hack-and-slash et soulslike bien connues, comme Nioh, Code Vein, Wukong et Devil May Cry. GeniGods: Nezha se retrouve quelque part entre Stellar Blade et Devil May Cry, et se positionne très près de God of War 3, qui semble être le point d’ancrage principal du studio. À l’autre extrémité, Elden Ring incarne une approche plus aventure et plus RPG, tandis que GeniGods: Nezha est présenté comme une expérience d’action rapide et très orientée combat.

 

Un récit de création en porcelaine, dieux et éléments

 

L’histoire adapte une portion précise de la mythologie chinoise dans GeniGods: Nezha. Le joueur contrôle la Perle spirituelle, la première étincelle de vie créée par la déesse Nüwa. Cette étincelle est composée de l’essence de la terre, de l’eau et du feu. Au fil de l’aventure, on suit la transformation de cette étincelle à l’aspect de porcelaine: d’abord en être humain, puis en Nezha – la divinité qu’elle est destinée à devenir. Le voyage permettra aussi de croiser différents héros issus du folklore chinois.

L’importance de Nezha est mise en perspective par le fait que, comme Wukong, il s’agit de l’un des grands mythes héroïques de Chine. Parfois représenté comme un homme, parfois comme une femme, Nezha demeure une figure connue et respectée. Genigod Lab a parfaitement conscience du poids pris par les jeux chinois aujourd’hui et se mesure volontiers à Black Myth: Wukong et à Phantom Blade Zero. Le studio s’intéresse aussi aux thèmes et aux attentes commerciales, et avance une projection de ventes au-delà des 10 millions d’exemplaires pour GeniGods: Nezha.

La colonne vertébrale de GeniGods: Nezha, c’est la lutte contre les boss finaux – une structure qui rappelle fortement Black Myth: Wukong. Le studio affirme que la focalisation sur ces affrontements est le pilier central, ce qui rapproche naturellement l’approche de celle de Wukong. Le système porte le nom d’Aerial Soaring Combat System, pensé pour fonctionner au sol comme dans les airs, avec une inspiration revendiquée du côté des mécaniques de jeux de combat traditionnels.

 

Reliques, formes et une IA qui répond coup pour coup

 

On trouve aussi un système de Relic-Fusion Form qui joue avec les objets de manière plutôt maligne. Il autorise plusieurs combinaisons: par exemple, si vous possédez un arc mystique et que vous l’insérez dans la forme à quatre bras de Nezha, cela débloque une arme spécifique. Le dispositif est modulaire, donc il peut s’étendre et varier selon la forme de combat équipée. Trois types d’armes sont annoncés, entre arsenal d’arts martiaux traditionnels et une forme spéciale God of Destruction. Plus en profondeur, autre promesse marquante: les boss finaux seraient dotés d’une IA dynamique de prise de décision, capable d’analyser vos tactiques en temps réel pour les contrer.

La structure de l’aventure est également détaillée: 10 zones explorables (au design globalement linéaire), des éléments d’aventure et de RPG, 60 types d’ennemis (aux côtés de bêtes gigantesques et d’autres héros), jusqu’à trois fins possibles, et une histoire principale estimée autour de 25 heures. La mobilité est l’un des axes forts, avec des déplacements très verticaux grâce à de grands sauts et au vol plané. Un système de parkour d’évitement d’obstacles, rappelant Assassin’s Creed, est aussi de la partie, tout comme des mécaniques de vol. Selon les développeurs, l’idée est d’offrir à Nezha une mobilité lui permettant de combattre et d’escalader des créatures immenses. Le but: représenter un monde majestueux et colossal depuis le point de vue de Nezha – une héroïne censée incarner la fluidité de l’eau. Le jeu est développé sous Unreal Engine 5, ce qui permet d’envisager un cycle jour-nuit et une météo réaliste.

 

Fluidmystic – quand l’eau n’est pas une métaphore, mais une arme

 

L’idée du “Be water” de Bruce Lee colle au projet pour une raison simple: le symbolisme et les propriétés physiques de l’eau sont fondamentaux pour Nezha. Le jeu appelle cet élément de combat Fluidmystic, et une pression sur R1 transformerait Nezha en une sorte de T-1000 – selon les mots des développeurs – pour lui permettre d’attaquer, d’esquiver et de se déplacer avec la fluidité recherchée. Unreal Engine 5 ouvre aussi la voie à des fonctionnalités comme le cycle jour-nuit et une météo réaliste, et l’objectif affiché comprend un haut niveau de destruction environnementale. Arbres et rochers pourraient se fendre dynamiquement sous les coups d’épée de Nezha, des courants de feuilles suivraient le vent qui guide l’héroïne, et même les bâtiments seraient censés pouvoir subir des dégâts.

GeniGods: Nezha est actuellement prévu pour 2028 sur PS5 et PC. D’autres plateformes sont envisagées, mais ce sont les seules cibles confirmées pour l’instant. L’ambition saute aux yeux, et ces dernières années ont déjà montré que certains projets de ce genre finissent par tenir des promesses énormes. Au-delà de l’échelle, ce qui frappe ici, c’est l’importance accordée à la philosophie et à la mythologie chinoises – et la volonté de traduire ces concepts parfois très éthérés en mécaniques concrètes dans GeniGods: Nezha.

Pour le studio, si autant de jeux de ce type émergent aujourd’hui de Chine, c’est parce que le marché serait resté longtemps prisonnier de la culture japonaise et occidentale, en recyclant sans fin les mêmes concepts, histoires et idées. Selon eux, c’est précisément ce qui rend ces titres si populaires à travers le monde: ils apportent un vent frais à l’industrie grâce à de nouveaux personnages, de nouveaux récits et de nouvelles sensibilités. Ils affirment également vouloir développer trois jeux GeniGods au cours des dix prochaines années pour approfondir tout ce qu’ils construisent. Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle vague – vous en attendez quoi, ou un autre projet chinois vous excite davantage?

-Herpai Gergely „BadSector”-

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)