Ubisoft : après le « grand reset », la chute continue en Bourse

Le « reset stratégique » d’Ubisoft n’a pas rassuré les marchés – il les a affolés, et le titre a replongé, rappelant à quel point l’éditeur s’est fragilisé. Le plus important, ce n’est pas une séance noire de plus, mais la dynamique de fond : la valorisation s’érode depuis des années, et les investisseurs ne croient plus aux promesses sans résultats visibles. Si l’exécution ne se transforme pas rapidement en sorties solides et régulières, l’horizon ressemble moins à un rebond qu’à une absorption.

 

Ubisoft a annoncé une restructuration lourde : six jeux annulés – dont le Prince of Persia: The Sands of Time Remake – et sept autres projets reportés, avec en toile de fond une refonte du modèle opérationnel. Ce type d’annonce peut se vendre comme un retour à la discipline, mais il peut aussi être lu comme un aveu de panne, et la Bourse a tranché sans attendre. Dans un marché AAA devenu extrêmement sélectif, la crédibilité se mesure moins au vocabulaire qu’aux livraisons.

France24 a rapporté une chute marquée du titre, avec un cours qui a glissé vers des niveaux plus vus depuis plus de dix ans. L’intérêt du signal est là : ce n’est pas seulement une réaction émotionnelle, c’est la confirmation d’un doute installé sur la capacité d’Ubisoft à se remettre sur des rails durables. Quand une entreprise enchaîne les reports et les annulations, le marché finit par considérer que le problème n’est plus conjoncturel.

 

Une valorisation devenue microscopique

 

Selon CompaniesMarketCap, la capitalisation boursière d’Ubisoft tourne autour de 0,64-0,65 milliard de dollars en janvier 2026, une photographie brutale d’une dégringolade au long cours. Ce genre d’effondrement ne se résume pas à un trimestre raté : il raconte des paris coûteux, des trajectoires stratégiques instables, et une confiance qui s’épuise. Il éclaire aussi pourquoi la contestation actionnariale a pris de l’ampleur ces dernières années et pourquoi les scénarios de rachat reviennent avec insistance.

Dans cette équation, le poids de Tencent reste un facteur déterminant : sans un partenaire de cette taille, la marge de manœuvre de la direction aurait pu se réduire plus tôt et plus vite. Ubisoft promet désormais de se concentrer sur l’exécution et sur une organisation interne censée rendre ses « creative houses » plus performantes. Mais si le « reset » n’aboutit pas à des résultats tangibles, l’entreprise risque d’atteindre un point où elle ne fixera plus les conditions – et où la solution la plus probable deviendra une reprise « tokkal-vonóval », sans poésie et sans surprise.

Source : France24, CompaniesMarketCap

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Anikó, our news editor and communication manager, is more interested in the business side of the gaming industry. She worked at banks, and she has a vast knowledge of business life. Still, she likes puzzle and story-oriented games, like Sherlock Holmes: Crimes & Punishments, which is her favourite title. She also played The Sims 3, but after accidentally killing a whole sim family, swore not to play it again. (For our office address, email and phone number check out our IMPRESSUM)