L’incident a essentiellement tiré le frein à main sur le marché immobilier de notre voisin, ce qui ne constitue une évolution favorable pour personne…
Un hacker connu sous le nom de ByteToBreach a pénétré dans le cadastre roumain, autrement dit son registre foncier, et aurait supprimé des informations présentes dans les bases de données. Selon des sources ayant parlé à Risky Business, le hacker aurait accédé au système avec des identifiants valides, volé les données qui s’y trouvaient, puis supprimé les informations des serveurs après l’échec d’une tentative d’extorsion. ByteToBreach serait le même hacker que celui ayant attaqué le portail électronique du gouvernement suédois au début de l’année, et il serait également responsable de plusieurs autres cyberattaques présumées. Les données volées auraient été proposées à la vente sur deux forums.
Le marché immobilier du pays paraît parallèlement avoir subi de graves perturbations. Le portail d’information roumain Jurnalul de Argeș rapporte une publication de la notaire Ana Stan, qui écrit : « Je suis notaire. Depuis mardi, je ne peux plus délivrer d’extrait du registre foncier, authentifier une vente ou enregistrer une hypothèque. » Les citoyens et les notaires ne pouvant plus obtenir de preuve de propriété, les nouvelles transactions immobilières se sont complètement arrêtées. La perturbation s’est produite quelques semaines seulement avant l’entrée en vigueur du projet gouvernemental visant à faire passer la TVA sur les logements neufs de 9 à 21 %. Les personnes souhaitant finaliser leurs transactions avant cette échéance attendent donc avec impatience le retour à la normale des services.
L’Agence nationale du cadastre et de la publicité immobilière, ANCPI, a publié le communiqué suivant : « L’infrastructure informatique de l’ANCPI fait actuellement l’objet d’un processus complet de réinstallation et de consolidation. Contrairement à certaines informations apparues dans l’espace public, l’ANCPI disposait au moment de l’incident de plusieurs emplacements destinés au stockage des copies de sauvegarde. Cette mesure garantit la redondance ainsi que la possibilité de restaurer les données en cas d’incident de cybersécurité. »
L’agence a également publié une déclaration séparée réfutant les informations selon lesquelles l’ensemble de la base de données aurait été supprimé, et elle a affirmé que les bases techniques et juridiques de l’institution n’avaient pas été touchées par l’incident. Euronews Roumanie a parlé à ByteToBreach par l’intermédiaire de l’application Signal et lui a demandé quel message il souhaitait adresser aux autorités et aux citoyens roumains. Le hacker aurait répondu : « Je suis désolé pour les problèmes que j’ai causés aux citoyens et à l’équipe informatique de l’ANCPI, qui travaille actuellement très dur. » L’agence de presse a également voulu savoir si les utilisateurs devaient s’inquiéter pour la sécurité de leurs données. L’auteur présumé aurait alors répondu : « Je ne vends pas ces données à n’importe qui. »
Ce n’est pas vraiment rassurant…
Source : PCGamer, Risky Business, Kela Cyber, Dark Web Informer, The Record, Jurnalul de Argeș, Romania Insider, Archive.org, Euronews



