Il faut imaginer la scène: le développeur à l’allure éternelle de rocker s’est retrouvé en joue face à des policiers de Los Angeles…
Le site japonais 4Gamer a publié un article sur Tomonobu Itagaki, récemment disparu, créateur de Dead or Alive et des jeux Ninja Gaiden modernes. Le média a interrogé plusieurs anciens collègues du développeur et a révélé des histoires étonnantes sur la vie de cette personnalité haute en couleur. En plus de ses jeux violents et parfois infiniment érotiques, Itagaki représentait dans l’industrie une figure excentrique et charismatique. En 2005, il avait déclaré à Kikizo que les joueurs qui trouvaient Ninja Gaiden trop difficile étaient des losers, en leur conseillant simplement de se battre du mieux qu’ils pouvaient. Les anecdotes rapportées par 4Gamer sont plus que dignes de la réputation extravagante d’Itagaki.
Quelques-uns des récits les plus sauvages viennent de Kengo Aoki, PDG de Soft Gear et ancien collègue d’Itagaki. Il a raconté qu’une fois, alors qu’Itagaki était en déplacement professionnel en Chine, il s’était saoulé, s’était mis à se battre avec des chauffeurs de taxi et à hurler dans la rue. Cette nuit-là, les deux hommes se sont disputés dans une chambre d’hôtel à propos d’un problème de développement de jeu, mais, dans l’avion du retour, Itagaki appelait déjà Aoki son frère et l’aidait à surmonter sa gueule de bois. Aoki s’est souvenu d’un autre épisode, lors d’une soirée avant l’E3, où Itagaki criait depuis le balcon de l’hôtel qu’il allait conquérir le monde et invitait Aoki à le rejoindre.
La situation a continué à dégénérer jusqu’à l’arrivée de dix voitures de patrouille du LAPD. Selon Aoki, les policiers ont sorti leurs armes. Une véritable situation de «vie ou de mort» s’est alors produite. Le lendemain, Aoki a reçu un appel lui annonçant qu’Itagaki se trouvait en soins intensifs et qu’il devrait rester hospitalisé pendant 40 à 50 jours. L’entretien ne permet pas de savoir clairement si ces deux derniers épisodes sont liés, mais une chose est sûre: la vie d’Itagaki n’a jamais eu quoi que ce soit d’ennuyeux. C’est d’ailleurs ce qu’il a lui-même exprimé dans son message d’adieu publié sur Facebook après sa mort en octobre.
Il écrivait que sa vie avait été une succession de combats, dont il était toujours sorti vainqueur. Il avait causé beaucoup de problèmes. Il était resté fidèle à ses convictions et les avait assumées sans le moindre regret.



