Bloomberg a publié un récapitulatif particulièrement intéressant autour de l’entreprise dirigée par Tim Sweeney… et certaines choses ont de quoi intriguer.
On se souvient peut-être qu’en février 2024, Disney a investi 1,5 milliard de dollars dans Epic Games, le créateur de Fortnite, avec l’ambition de bâtir à l’intérieur de Fortnite un univers Disney permanent fondé sur les grandes franchises du groupe. Une partie de cet accord a déjà commencé à porter ses fruits avec l’introduction de Disneyland dans Fortnite, et selon Bloomberg, la prochaine étape est attendue en novembre. Toujours selon le média, il s’agira d’une sortie capitale pour Epic, car elle marquera le début de son retour en force.
Même si Fortnite est resté l’un des jeux les plus populaires au monde ces dernières années, il n’a pas répondu aux attentes internes, affirment des employés actuels et anciens interrogés par Bloomberg. Epic aurait régulièrement sorti des produits avant même que ses salariés n’aient le sentiment qu’ils étaient réellement en mesure de trouver un écho chez les consommateurs. Epic mise désormais sur ses futurs jeux Disney pour enclencher ce retour et renouer avec ses objectifs internes. Le premier jeu, prévu pour novembre, serait un shooter proche de l’Arc Raiders d’Embark Studios, mais avec des personnages Disney affrontant des ennemis jusqu’à atteindre une zone d’extraction. Des testeurs internes ont exprimé leurs inquiétudes quant au manque d’originalité des mécaniques, même si certains employés restent persuadés qu’Epic remettra tout d’équerre d’ici la sortie.
Il sera intéressant de voir comment les joueurs réagiront à cette approche si c’est bien ce qui arrive en fin d’année. Liz Markman, directrice mondiale de la communication chez Epic, a affirmé que les informations de Bloomberg ne reflétaient pas les objectifs de la collaboration avec Disney, les deux partenaires construisant selon elle un nouvel univers vidéoludique et de divertissement fondé sur les expériences Disney. Il semble toutefois que Disney ne soit pas pleinement satisfait du calendrier d’Epic, ce à quoi Markman répond que les plannings du studio ont toujours été ambitieux. Les développeurs auraient été affectés en majorité aux projets les plus proches de leur sortie, tandis que de petites équipes de prototypage travaillent sur des projets plus lointains.
Du côté de Disney, un porte-parole a déclaré que l’entreprise restait concentrée sur son partenariat de long terme avec Epic, qui continuerait à montrer une forte dynamique, et que le travail autour de cet univers vidéoludique et de divertissement présenté comme révolutionnaire suivait son cours sans changement. Bloomberg affirme pourtant qu’Epic Games a régulièrement supprimé en masse des rapports de bugs accumulés alors même qu’ils n’avaient pas été résolus. Interrogée sur le Dark Vador génératif intégré à Fortnite, arrivé avec plusieurs problèmes et disant souvent autre chose que ce qu’il était censé dire, Markman a expliqué qu’Epic assemble volontairement des projets très ambitieux, les publie rapidement, puis les améliore avec le temps. Cette progression rapide représenterait selon elle le compromis optimal pour les jeux que l’entreprise développe aujourd’hui. Une philosophie bien différente de celle qui prévalait à l’époque solo de Unreal Tournament et de Gears of War.
Markman a toutefois nié que le développement de Dark Vador ait été précipité. Elle a aussi rejeté l’idée selon laquelle le directeur des opérations d’Epic serait connu pour crier sur les employés, au point que certains hésiteraient à lui répondre. Selon elle, ces accusations confondent les jurons utilisés pour appuyer un propos avec les insultes adressées aux personnes, ces dernières n’étant pas tolérées chez Epic, et Daniel Vogel ne se comporterait pas ainsi. Les jurons et les éclats de voix semblent malgré tout signaler une tension croissante au sein de l’entreprise, d’autant plus que les salariés sont visiblement prêts à parler ouvertement de l’ambiance dans les coulisses de la société.
Quoi qu’il en soit, savoir si ces projets Disney permettront réellement à Epic de se relancer, ou s’ils parviendront à “sauver” Fortnite – ce que cela peut bien vouloir dire pour l’un des jeux les plus populaires du marché – relève encore du futur.



