Christofer Sundberg, l’un des noms associés à Just Cause, lance aujourd’hui 8 avril son nouveau jeu, Samson: A Tyndalston Story. Ce jeu d’action en monde ouvert sur fond de criminalité est déjà comparé à Grand Theft Auto, sauf que, contrairement à Rockstar, le studio derrière lui, Liquid Swords, n’a pas la marge financière pour encaisser tranquillement un gros revers.
Samson n’est donc pas seulement une nouvelle sortie dans le calendrier. C’est aussi le premier vrai crash test de Liquid Swords en tant que studio. Sundberg a fondé l’entreprise en 2022 après avoir quitté Avalanche Studios, où son nom restait lié à la saga Just Cause. Cette fois, en revanche, il n’y a pas derrière lui le confort d’un grand éditeur ni l’inertie d’une grosse machine installée depuis des années, ce qui transforme cette sortie en quelque chose de beaucoup plus tendu qu’un simple lancement de routine.
La situation est d’autant plus sensible que le projet devait, au départ, être bien plus ambitieux. Sundberg a souvent expliqué ces dernières années qu’il en avait assez des productions AAA gonflées de systèmes, de contenus et de distractions, mais pas toujours de vraie direction. Son idée était de faire quelque chose de plus direct, de plus resserré, de plus frontal. Puis la réalité a frappé. En 2025, le studio a dû supprimer environ la moitié de ses effectifs pour éviter la fermeture, et ce coup de hache n’a pas seulement affecté l’entreprise – il a aussi redéfini le jeu lui-même.
Résultat, Samson n’est plus exactement le projet qu’il voulait être au départ. Des systèmes de jeu de rôle plus poussés, un volet de construction de base et une narration plus profonde faisaient partie des plans initiaux, mais une partie de tout cela a dû être supprimée. Ce qui sort aujourd’hui, c’est donc un jeu d’action plus modeste, plus sec, plus direct, avec une durée annoncée autour de 25 heures et un tarif de 24,99 dollars, ce qui explique facilement ce slogan qui lui colle déjà à la peau: un euro par heure de jeu.
Un lancement sous les comparaisons avec GTA
Avec son décor urbain, son univers criminel et son chaos automobile, Samson a très vite attiré les comparaisons avec GTA. Cela peut évidemment attirer l’attention, mais cela pose aussi un vrai problème. En 2026, alors que tout le genre vit sous l’ombre gigantesque de GTA 6, un studio plus modeste risque facilement d’être jugé selon des critères qu’il n’a jamais eu les moyens ni même l’envie de viser. Sundberg a donc insisté sur le fait que sa proposition allait dans une autre direction: un jeu moins gigantesque, plus rugueux, plus concentré, avec le rythme d’un film d’action nerveux des années 1990 plutôt qu’avec la démesure totale d’un mastodonte à la Rockstar.
Sur le papier, cette ligne de défense se tient, mais elle reste risquée. Si les joueurs abordent Samson comme un ersatz de GTA en moins cher ou en moins vaste, il part déjà avec un handicap. S’il parvient au contraire à imposer sa propre identité, alors ce cadre plus resserré pourrait devenir son principal atout. La sortie d’aujourd’hui ne se joue donc pas uniquement sur les ventes. Elle se joue aussi sur la perception. Le jeu doit convaincre qu’il ne court pas derrière l’ombre d’un autre, mais qu’il assume une version plus étroite, plus tendue et plus concentrée du monde ouvert criminel.
Sundberg s’est aussi montré particulièrement sévère envers l’industrie actuelle, qu’il accuse de manquer à la fois de stratégie et de courage dans une période marquée par les licenciements massifs, les fermetures de studios et la dépendance presque maladive aux suites. C’est ce qui rend ce lancement encore plus net: il mise son studio, et une partie de son propre avenir professionnel, sur une toute nouvelle licence. Samson n’est donc pas simplement un jeu de plus qui sort aujourd’hui. C’est un pari à quitte ou double qui dira si Liquid Swords peut s’installer durablement, ou si ce premier coup d’éclat était aussi l’une de ses dernières vraies cartouches.
Source: 3DJuegos



