Pour Ben Starr, le jeu vidéo commence à s’enfermer dans une routine où l’on recycle trop volontiers ce qui a déjà marché au lieu de miser sur des créations neuves. Porté par l’impact de Clair Obscur: Expedition 33, l’acteur estime que 2026 devrait être l’année des licences originales, pas celle d’une nouvelle tournée de suites et de nostalgie sous vide.
L’industrie du divertissement adore les valeurs sûres, et le jeu vidéo n’échappe évidemment pas à cette logique. Les franchises s’étirent, les suites s’empilent, les succès d’hier reviennent sous une forme à peine retouchée, et les éditeurs continuent de s’abriter derrière des noms déjà rentables. Pourtant, il suffit parfois d’une oeuvre totalement nouvelle pour rappeler qu’un public existe encore pour autre chose qu’un éternel recyclage. Aux yeux de Ben Starr, Clair Obscur: Expedition 33 a précisément joué ce rôle. L’acteur britannique, révélé à grande échelle avec Final Fantasy XVI, considère que le percée du RPG en 2025 démontre qu’une création originale peut encore frapper plus fort qu’une simple continuation. C’est de là que vient son idée, formulée sans détour : « en 2026, ce sont les licences originales qui devraient régner. »
Starr a tenu ces propos lors d’un panel à l’Emerald City Comic-Con 2026, alors qu’on l’interrogeait sur Expedition 33 et sur Verso, l’un des personnages majeurs qu’il interprète dans le jeu. Mais au lieu de se limiter à une réponse convenue pour les fans, il a profité de l’occasion pour élargir le sujet et parler de l’état créatif du secteur. Selon lui, beaucoup trop de studios et d’éditeurs continuent de se réfugier dans des marques connues, des schémas familiers et des solutions rassurantes, là où ils devraient consacrer davantage d’énergie à inventer de nouveaux univers, de nouveaux récits et de nouvelles figures marquantes.
Il aime lui aussi les vieilles sagas, mais refuse que l’industrie tourne en rond
Ce qui rend sa prise de position plus intéressante, c’est qu’il ne parle pas comme quelqu’un qui mépriserait les grandes licences historiques. Au contraire. Il a lui-même participé à l’une des séries les plus installées du médium avec Final Fantasy XVI, et il a déjà affiché son attachement à Legacy of Kain, franchise culte laissée en sommeil depuis des années. Il a même reconnu qu’il adorerait y prendre part si elle revenait un jour. Mais il a aussitôt précisé que cette envie personnelle ne changeait rien à son diagnostic général. Souhaiter le retour d’une saga aimée est une chose. Construire toute une industrie sur le réflexe de regarder en arrière en est une autre.
Il a également pris soin de ne pas présenter son discours comme une attaque contre les grandes séries encore capables d’évoluer. Il a cité Resident Evil en exemple, en soulignant que si la franchise reste puissante après plus de vingt ans d’existence, c’est justement parce que Capcom a su la réinventer au lieu de simplement la laisser vivre sur son nom. Malgré cela, Starr a été très clair sur ce qu’il aimerait voir émerger. Plutôt que de rejoindre la prochaine résurrection d’une marque déjà célèbre, il préférerait participer au « prochain Clair Obscur ». Comme il l’a résumé lui-même : « créons des personnages originaux… c’est vers cela qu’il faudrait tendre. »
Cette sortie intervient à un moment où le haut du marché reste dominé par les suites, les remakes, les remasters, les portages et les versions remises au goût du jour de jeux parfois encore récents. En face, ce sont souvent les studios plus modestes et les créateurs les moins frileux qui prennent le risque d’idées réellement neuves. C’est ce qui donne aux propos de Starr un peu plus de portée qu’une simple phrase lâchée en convention. Il ne se contente pas de célébrer le succès d’un RPG. Il met le doigt sur une industrie qui paraît de plus en plus incertaine de sa propre identité, et il suggère que la meilleure issue n’est peut-être pas de chercher la prochaine répétition rentable, mais bien la prochaine vraie surprise.



