L’Apple de Cupertino paierait ses composants au prix fort, au risque de rendre la DRAM mobile beaucoup plus difficile à acheter pour ses rivaux.
Apple se retrouve une nouvelle fois au centre d’un récit qui ne risque pas de détendre ses concurrents. L’accusation qui circule actuellement dans le secteur affirme que le groupe achète de manière agressive les stocks disponibles de DRAM mobile à des prix très élevés, non seulement pour sécuriser sa propre chaîne d’approvisionnement, mais aussi pour rendre la mémoire beaucoup plus coûteuse pour les autres fabricants. Le point de départ de cette histoire est une affirmation relayée par Jukan sur X, puis reprise par WCCFTech.
Cette rumeur a pris de l’ampleur parce que Ming-Chi Kuo avait déjà expliqué qu’Apple pouvait mieux que la plupart des acteurs absorber la flambée actuelle des prix de la mémoire, quitte à sacrifier une partie de ses marges pour maintenir des tarifs compétitifs sur ses appareils. L’idée intrigue d’autant plus que l’entreprise a lancé en mars le MacBook Neo à partir de 599 dollars, un positionnement qui montre sa volonté d’aller chasser plus franchement sur le terrain des machines abordables. Vu sous cet angle, l’hypothèse d’un verrouillage musclé des approvisionnements n’a rien d’invraisemblable.
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Apple is more aggressive this year than ever before. They’re buying up all available mobile DRAM on the market at extremely high prices, even at the cost of operating profit losses. This isn’t because Apple is being naive — they’re deliberately…— Jukan (@jukan05) April 2, 2026
Si cette accusation se confirme, il ne s’agirait pas simplement d’une manœuvre défensive face aux tensions de la chaîne logistique. Ce serait une manière brutale d’utiliser la taille et la trésorerie du groupe comme des armes pour étouffer le marché. Selon cette version, Apple accepterait même d’entamer son bénéfice opérationnel afin d’aspirer un maximum de DRAM mobile, pendant que les concurrents se retrouveraient face à des volumes plus rares, des prix plus lourds et une marge de manœuvre nettement réduite. Dans un contexte déjà saturé par la hausse des coûts mémoire, la méthode aurait de quoi faire très mal.
Les répercussions commencent d’ailleurs à apparaître ailleurs dans la chaîne. Des rapports du secteur indiquent que MediaTek et Qualcomm ont réduit le rythme de production de leurs puces mobiles en 4 nm, soit un recul estimé à 20 000 à 30 000 wafers, l’équivalent d’environ 15 à 20 millions de processeurs mobiles. Dans le même temps, Samsung a déjà relevé en Corée du Sud les prix de plusieurs modèles 512 Go et 1 To, y compris certaines tablettes ainsi que des versions du Galaxy S25 Edge, du Galaxy Z Fold 7 et du Galaxy Z Flip 7. Autrement dit, même si l’intention prêtée à Apple reste non confirmée, la pression sur le marché, elle, semble bien réelle.
Lors d’une conférence de résultats en janvier, Tim Cook a expliqué que les principales contraintes d’Apple venaient surtout de la rareté des capacités de production sur les nœuds avancés, tandis que la hausse des prix de la mémoire commençait aussi à peser sur les marges. Dans cette perspective, verrouiller l’approvisionnement de manière agressive relève d’une logique industrielle presque évidente. Reste à savoir s’il s’agit simplement d’une réponse féroce à une chaîne logistique sous tension, ou d’une stratégie froide consistant à laisser la concurrence s’épuiser pendant qu’Apple avance tranquillement.
Source : WCCFTech



