Une étude affirme qu’on peut ressentir une forme de déprime après avoir fini un jeu – et il y a un genre où l’effet est encore plus violent

Ce vide étrange qui reste parfois après avoir terminé un grand jeu n’est pas juste une lubie de réseaux sociaux. Des chercheurs estiment que la « dépression post-jeu » est un phénomène bien réel, et que les RPG, en particulier, sont capables de créer un attachement si fort qu’il devient ensuite difficile de revenir immédiatement à la réalité.

 

Beaucoup de joueurs ont déjà ressenti cela au moins une fois. On termine un jeu qui nous a totalement happés, et, au lieu de la simple satisfaction attendue, on se retrouve avec une sensation de creux, d’anhedonie légère, voire de tristesse diffuse. On sait bien que cela va passer, mais il reste cette impression désagréable que rien d’autre ne sera aussi fort pendant un moment. Les autres jeux, les séries ou les films perdent soudain en attrait. En psychologie, ce genre de réaction a bel et bien un nom : la dépression. Pas au sens d’un trouble majeur, bien sûr, mais comme un état passager, plus léger, tout de même assez marqué pour avoir attiré l’attention de plusieurs chercheurs.

Des scientifiques de la SWPS University de Varsovie ont justement cherché à comprendre ce qui se cache derrière cette fameuse « dépression post-jeu » à travers deux études menées auprès de 373 joueurs. Leur objectif était simple : vérifier si ce sentiment dont parlent depuis longtemps les communautés était un simple effet de langage ou un phénomène identifiable. Les résultats ont mis en évidence quatre symptômes particulièrement fréquents : des pensées intrusives autour de l’intrigue, l’envie immédiate de relancer le jeu, des difficultés à digérer la fin, et l’incapacité temporaire à apprécier d’autres contenus audiovisuels de la même manière juste après.

 

Les RPG semblent frapper plus fort que les autres genres

 

Les chercheurs insistent toutefois sur un point essentiel : il ne faut pas confondre ce phénomène avec une dépression majeure ou persistante. Ici, l’intensité reste plus faible et l’épisode paraît limité dans le temps. Il s’agit donc davantage d’un contrecoup émotionnel que d’un trouble psychiatrique au sens clinique. L’une des observations les plus intéressantes de l’étude, c’est que le symptôme le plus fort n’est même pas la perte d’intérêt pour d’autres œuvres, mais plutôt le fait de continuer à tourner mentalement autour de l’histoire du jeu, comme si le cerveau refusait de lâcher prise.

L’étude souligne aussi qu’un genre se distingue particulièrement : le RPG. Chez les joueurs de jeux de rôle, la dépression post-jeu semble plus intense. Cela s’explique sans doute par le degré d’implication qu’exigent ces titres. Dans un RPG, le joueur influence directement le développement du personnage à travers ses choix, forge des liens très forts avec les compagnons, et passe souvent de longues heures dans un univers extrêmement dense. Plus l’immersion est profonde, plus le lien émotionnel devient fort, et plus le retour au quotidien peut sembler abrupt une fois l’aventure terminée. En clair, un grand RPG bien écrit peut laisser une trace émotionnelle autrement plus lourde que beaucoup d’autres genres.

Les chercheurs notent également que certains traits de personnalité accentuent encore le phénomène. Les personnes plus sujettes aux pensées intrusives ont tendance à ressasser davantage ce qu’elles viennent de vivre, tandis que celles qui sont naturellement plus pessimistes semblent avoir plus de mal à accepter les conclusions et les séparations imposées par la fin d’un jeu. Tout le monde ne le vit donc pas de la même manière, mais le phénomène semble bel et bien exister. Et, au fond, cela dit aussi quelque chose de la force du médium : si un jeu peut susciter une réaction émotionnelle aussi forte, c’est qu’il a touché juste.

Source : 3DJuegos

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