Le monde du jeu vidéo a désormais presque transformé les adaptations en films et en séries en machine à cash parallèle. Rockstar, de son côté, continue de refuser d’ouvrir cette porte, alors même que les joueurs la lui montrent depuis des années.
Les adaptations de jeux vidéo ont pris une importance énorme ces dernières années. Des projets comme Fallout, Sonic ou Arcane ont prouvé sans ambiguïté qu’un jeu à succès pouvait devenir un produit audiovisuel extrêmement rentable. C’est précisément pour cela que beaucoup se demandent encore pourquoi Rockstar refuse d’emprunter cette voie avec l’une de ses plus grosses licences, et en particulier avec Red Dead Redemption 2, dont l’univers, les personnages et la charge dramatique semblent presque conçus pour une adaptation en prises de vues réelles.
La question est revenue sur le devant de la scène après une interview donnée par Roger Clark, la voix d’Arthur Morgan, à Collider. Clark y explique que Rockstar a bien reçu des propositions, mais que la réponse du studio est toujours restée la même : Rockstar fait des jeux vidéo, pas des films ni des séries. D’après lui, l’entreprise n’aime tout simplement pas ce type de transformation, notamment parce qu’elle s’accompagne forcément d’une perte de contrôle sur la manière dont ses univers sont exploités.
Rockstar préfère garder la main sur ses licences
Clark a aussi précisé que, même si rien ne peut être totalement exclu, les fans ne devraient pas nourrir trop d’espoir. La philosophie de Rockstar reste très claire : le studio veut garder la maîtrise complète de ses franchises et ne semble pas intéressé par l’idée de les remodeler pour un autre média. Autrement dit, même si une adaptation de Red Dead Redemption 2 paraît être une évidence commerciale vue de l’extérieur, Rockstar semble surtout y voir une concession créative qu’il n’a pas envie de faire.
Cela est d’autant plus frappant qu’Arthur Morgan et le jeu lui-même continuent de vivre très fortement dans l’imaginaire des joueurs. Clark a même raconté l’histoire d’un couple rencontré en convention, tellement marqué par le jeu qu’il a donné à sa fille le prénom Lenora, surnommée Lenny, en référence à l’un des personnages. Ce genre d’anecdote montre à quel point Red Dead Redemption 2 a laissé une empreinte émotionnelle et culturelle profonde, même des années après sa sortie.
Il faut aussi tenir compte de l’ampleur du matériau d’origine. Avec plus de cent heures de contenu, des liens complexes entre les personnages et une trajectoire personnelle d’Arthur qui se déploie avec une rare densité, Red Dead Redemption 2 serait très difficile à transposer fidèlement en film, voire même en série plus courte. Toute tentative de condensation risquerait presque inévitablement de sacrifier une bonne partie de ce qui donne au jeu sa puissance narrative.
Si Rockstar finissait un jour par autoriser un tel projet, ce serait en pratique la première fois qu’un de ses jeux majeurs quitterait réellement le cadre du jeu vidéo pour rejoindre le terrain du live-action grand public. L’exemple le plus proche reste Max Payne en 2008, mais cette adaptation cinématographique appartenait à la 20th Century Fox, même si Rockstar était lié à la franchise vidéoludique.
Source : 3DJuegos



