Monster Hunter Rise – Le broyeur de monstres le plus addictif de PS Plus devient encore plus dangereux [PS Plus]

TEST – Il y a les jeux que l’on télécharge via le PS Plus en se disant qu’on va juste y jeter un œil, et puis il y a ceux qui vous kidnappent la soirée sans prévenir, jusqu’à vous retrouver à deux heures du matin à traquer encore la même bestiole pour un matériau qui refuse obstinément de tomber. Monster Hunter Rise appartient clairement à cette seconde catégorie. Maintenant qu’il fait partie de la sélection PS Plus Essential de mars, l’action-RPG férocement addictif de Capcom est encore plus facile à recommander – et encore plus difficile à lâcher. Ce n’est pas un vulgaire bouche-trou de catalogue, mais une machine à chasser les monstres nerveuse, brillante et redoutablement efficace.

 

Lorsque Monster Hunter Rise est sorti à l’origine comme exclusivité Nintendo Switch, beaucoup ont cru qu’il s’agissait d’un épisode plus modeste, d’une parenthèse plus légère dans la série. L’idée n’a pas tenu longtemps. En réalité, Capcom a livré une variation plus vive, plus rapide et plus immédiatement séduisante de sa formule, en taillant dans une partie des lourdeurs habituelles sans jamais sacrifier ce qui fait l’obsession propre à Monster Hunter. Sur PlayStation, le jeu garde aujourd’hui encore cette fraîcheur très particulière. La boucle de gameplay est toujours aussi toxiquement efficace, mais la mobilité et le rythme lui donnent un mordant supplémentaire qui le rend encore plus difficile à quitter.

Le principe, lui, n’a pas changé. On part en expédition, on piste une monstruosité grande comme une maison, on apprend à lire ses attaques, on encaisse quelques humiliations, on s’adapte, on survit, puis on la dépèce pour rapporter ses morceaux et fabriquer de quoi affronter la suivante dans de meilleures conditions. Sur le papier, cela ressemble à une répétition méthodique. En pratique, Monster Hunter Rise transforme ce cycle en dépendance. Chaque chasse prépare la suivante. Chaque amélioration ouvre un nouvel objectif. Chaque victoire nourrit l’envie de replonger. Et ce qui pourrait n’être qu’une boucle mécanique devient un engrenage d’une redoutable précision.

Pour les nouveaux venus, c’est aussi l’un des meilleurs points d’entrée que la série ait proposés depuis longtemps. Non pas parce qu’il serait simplifié à l’extrême, mais parce qu’il guide mieux que certains de ses prédécesseurs. Les systèmes restent nombreux, les types d’armes demeurent suffisamment différents pour donner l’impression de changer de jeu à chaque essai, et les menus ne relèvent pas exactement du miracle ergonomique. Pourtant, Rise fait un réel effort pour rendre sa logique plus lisible. Les premières heures peuvent encore sembler denses, presque intimidantes, mais une fois la mécanique comprise, le jeu cesse d’impressionner de loin et commence à happer pour de bon.

 

 

Un gameplay plus nerveux, plus libre et plus accrocheur

 

Le grand coup de génie de Rise, c’est évidemment le Filoptère. Et non, il ne s’agit pas d’un gadget plaqué pour faire joli sur la jaquette. Ce système change réellement la sensation de jeu. Les déplacements sont plus rapides, plus souples, plus verticaux, ce qui modifie autant l’exploration que les affrontements. Au lieu d’un rythme parfois pesant, on se retrouve dans une dynamique beaucoup plus fluide, où l’on repositionne sans cesse, où l’on revient dans la mêlée en un éclair, où l’on échappe au désastre à la dernière seconde avant de repartir à l’assaut. Cette mobilité nouvelle rend le jeu plus aérien sans jamais le priver de sa tension.

Elle rend aussi les cartes bien plus agréables à parcourir. Monster Hunter a longtemps demandé au joueur d’accepter un certain nombre de frictions avant d’atteindre les meilleurs moments. Rise réduit cette distance. On passe moins de temps à contourner des lourdeurs et davantage à faire ce que le jeu sait faire de mieux: chasser, observer, combattre, recommencer. Le résultat est un épisode plus immédiat, plus impulsif, presque plus joueur dans sa manière de vous entraîner vers la quête suivante. C’est exactement là qu’il devient dangereux, parce qu’il installe très vite cette vieille illusion du “juste une dernière mission” qui finit souvent par grignoter toute la nuit.

Le travail sur les armes reste par ailleurs l’un des grands plaisirs de la série. Que l’on préfère l’élégance du Long Sword, la brutalité du Marteau ou des approches plus techniques, chaque catégorie impose un style, un tempo, un rapport au monstre. Rise ne vous demande pas seulement ce que vous voulez affronter, mais comment vous voulez l’affronter. Et c’est à ce moment-là que le jeu devient intime. Une fois la bonne arme trouvée, la chasse cesse d’être un simple objectif et devient un langage personnel, fait de réflexes, d’erreurs, de micro-victoires et de gestes enfin maîtrisés.

 

 

Une ambiance forte, même si le récit reste secondaire

 

Prétendre que Monster Hunter Rise repose d’abord sur sa narration serait exagéré. Comme souvent dans la série, l’histoire sert surtout de cadre. Mais ce cadre fonctionne, parce qu’il possède une vraie identité. Le village de Kamura, son inspiration folklorique japonaise, la manière dont les monstres s’inscrivent dans cet univers, tout cela suffit à donner au jeu une personnalité nette. On n’est pas ici pour des rebondissements spectaculaires ou une fresque dramatique inoubliable. On est là pour un monde cohérent, immédiatement reconnaissable, et Capcom sait très bien lui donner du relief sans l’alourdir.

Les personnages secondaires remplissent leur rôle avec efficacité. Ils existent, ils ont du charme, ils donnent une respiration au hub central, et ils évitent à Kamura de n’être qu’un point de passage utilitaire entre deux expéditions. Le jeu trouve un équilibre intelligent: suffisamment de vie pour ancrer l’univers, pas assez de bavardage pour ralentir l’élan. C’est exactement ce qu’il fallait. Rise ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, et ce refus de forcer la dimension narrative lui réussit plutôt bien.

Surtout, les monstres ont une vraie présence. Ce ne sont pas de simples sacs de points de vie. Ils bougent avec une logique propre, réagissent, s’énervent, fatiguent, changent d’attitude. Les meilleures chasses ne consistent pas à taper plus fort, mais à lire l’adversaire, à reconnaître un rythme, à sentir le moment où il faut attaquer et celui où il faut disparaître. Quand un combat fonctionne pleinement, on n’a plus l’impression d’exécuter un script, mais de participer à une confrontation vivante, tendue, presque organique.

 

 

Un jeu né sur Switch, mais loin d’un petit format

 

Oui, on sent que Monster Hunter Rise n’a pas été conçu dès le départ comme une vitrine technologique pour les machines les plus puissantes du marché. Mais cela ne l’empêche pas d’être très séduisant à l’écran. Sa force visuelle vient moins de la démonstration brute que de la clarté, de la direction artistique et de la lisibilité de l’action. Les environnements sont immédiatement compréhensibles, les monstres superbement dessinés, et l’ensemble soutient constamment le gameplay au lieu de l’étouffer sous des détails inutiles. Dans un titre aussi dépendant du mouvement et de la lecture des affrontements, c’est précisément ce qu’il faut.

Sur PlayStation, cette philosophie paie encore davantage. Le confort d’affichage et la stabilité renforcent les qualités du jeu sans en trahir l’origine. Certes, certains environnements n’ont pas la densité presque étouffante de quelques zones de Monster Hunter World, mais ce n’est pas leur fonction. Ici, tout est pensé pour la circulation, la relance de l’action, la verticalité, la fluidité. Et cela rend les chasses plus agréables, plus lisibles, plus tendues aussi, parce que l’espace de jeu reste toujours au service du combat.

Le travail sonore accompagne très bien cette identité. Les impacts ont du poids, les rugissements marquent, les musiques montent la pression sans jamais en faire trop. Rise ne cherche pas la grandiloquence cinématographique à tout prix. Il préfère installer une intensité propre, celle d’un jeu qui veut avant tout rendre chaque affrontement mémorable. Et sur ce point, il y parvient avec une régularité impressionnante.

 

 

Un système de combat exigeant, et un multijoueur qui révèle toute sa saveur

 

Le système de combat de Monster Hunter Rise a cette qualité rare d’être accueillant en surface et d’une profondeur redoutable dès qu’on s’y investit vraiment. Les bases s’apprennent assez vite, mais la maîtrise demande du temps, de la patience, de la précision et surtout l’envie de comprendre réellement son arme. C’est précisément ce qui rend chaque victoire satisfaisante. On ne triomphe pas par accident. On gagne parce qu’on a observé, corrigé, anticipé, cessé de paniquer et fini par prendre la bonne décision au bon moment.

Le Palamute participe lui aussi à cette sensation de fluidité retrouvée. Ce n’est pas seulement un compagnon sympathique ou un ajout destiné à faire joli. Il modifie concrètement le rythme de l’expérience. Pouvoir traverser rapidement les cartes, conserver une dynamique constante et intégrer cette mobilité au cœur des expéditions renforce encore l’impression que Rise a compris où la série pouvait s’alléger sans rien perdre de sa richesse. Le jeu coupe dans le gras, pas dans la substance.

Le multijoueur, de son côté, reste l’un des meilleurs moyens de savourer le jeu, même s’il n’est pas exempt de défauts. Chasser seul a ses vertus, notamment pour mesurer sa propre progression, mais c’est en coopération que la série déploie le mieux son chaos contrôlé. Dès qu’un groupe se forme avec des armes, des habitudes et des niveaux de maîtrise différents, chaque traque prend une couleur particulière. Quelqu’un s’emballe, un autre sauve la situation, un troisième se fait broyer au pire moment, et de ce désordre naît une histoire qu’aucun script n’aurait su écrire aussi naturellement.

Tout n’est pas parfait pour autant. Le matchmaking n’est pas toujours d’une fluidité exemplaire, et l’architecture en ligne garde parfois une certaine rugosité. Pour les débutants, l’empilement des systèmes et la coordination en coop peuvent accentuer la sensation initiale de surcharge. Mais une fois la chasse lancée, ces irritations passent rapidement au second plan. Quand quatre joueurs s’acharnent sur la même créature géante et que tout peut basculer sur une esquive ratée, le souvenir laissé par le combat écrase très facilement les imperfections de l’enrobage technique.

Le plus beau, c’est que le mode coopératif fabrique de vrais souvenirs de jeu sans avoir besoin de s’appuyer sur des artifices de live service. Pas besoin d’un barnum saisonnier permanent pour créer de l’attachement. Les mécaniques suffisent. Les monstres suffisent. Les situations imprévues suffisent. Peu de jeux d’action savent à ce point produire des récits qui appartiennent aux joueurs plutôt qu’au scénario, et c’est l’une des grandes forces durables de Monster Hunter Rise.

 

 

 

Avec le PS Plus, l’un des pièges les plus efficaces de Capcom devient encore plus tentant

 

Monster Hunter Rise fonctionne parce qu’il sait exactement ce qu’il faut faire évoluer et ce qu’il faut préserver. Il est plus rapide, plus souple, plus accueillant que certains épisodes précédents, tout en conservant intacte cette obsession de la préparation, de la progression et du plaisir presque maladif que procure la maîtrise d’un système exigeant. Il peut encore intimider au départ, il montre parfois les coutures de son architecture, mais lorsqu’il trouve son rythme, il devient terriblement difficile à quitter.

Son arrivée dans la sélection PS Plus Essential de mars lui donne donc une seconde vie idéale. Ce n’est pas le genre de titre qu’on ajoute à sa bibliothèque pour l’oublier aussitôt. C’est plutôt le jeu qui s’installe en douce dans votre routine et finit par monopoliser votre temps beaucoup plus longtemps que prévu. Pour les vétérans, il reste une variation brillante et nerveuse sur une formule que Capcom maîtrise presque mieux que quiconque. Pour les nouveaux venus, c’est une porte d’entrée excellente pour comprendre enfin pourquoi Monster Hunter suscite une telle obsession. Le vrai danger, c’est de croire qu’on va seulement l’essayer.

-BadSector-

Pour:

+ Un système de combat nerveux, technique et redoutablement addictif
+ Le Filoptère et le Palamute renouvellent vraiment la formule
+ Une excellente porte d’entrée sans sacrifier la profondeur

Contre:

– La densité des systèmes peut encore intimider au début
– Le matchmaking et la structure en ligne manquent parfois de fluidité
– Le récit reste surtout un cadre, pas un moment fort


Éditeur: Capcom

Développeur: Capcom

Style: Action-RPG

Sortie: Nintendo Switch, Windows: 26 mars 2021. PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S: 20 janvier 2023.

Monster Hunter Rise

Jouabilité - 9.2
Graphismes - 8.6
Histoire - 8.5
Musique/Sons - 8.5
Ambiance - 8.6

8.7

EXCELLENT

Monster Hunter Rise est une aventure palpitante qui offre un grand nombre de nouvelles fonctionnalités et d'améliorations par rapport aux jeux précédents. Le gameplay du jeu est amusant et stimulant, les graphismes sont époustouflants et détaillés, et l'histoire est intrigante et captivante. Le jeu propose également une nouvelle fonctionnalité appelée "Wirebug" et "Palamute" qui ajoute un nouveau niveau d'exploration et de combat.

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines – including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)