TEST – Resident Evil fête ses 30 ans en 2026, et Resident Evil Requiem n’arrive pas avec des bougies, mais avec une conclusion: le fil Raccoon City est noué comme si l’on assistait au dernier grand acte. Deux protagonistes, deux couleurs – d’un côté une horreur plus fragile et plus classique, de l’autre l’action d’un « survivant professionnel » -, et ce double jeu tient étonnamment longtemps. Nous avons testé Resident Evil Requiem sur PlayStation 5 Pro, et oui, c’est la première vitrine des jeux rehaussés par le nouveau PSSR.
On en est au neuvième épisode principal, dans une série devenue tentaculaire, remplie de spin-off et de chemins de traverse – la plupart vivent leur vie à part, sans vraiment revenir se recoller à la grande chronologie « principale » de Resident Evil. Requiem fait partie de ces rares ponts: il rassemble personnages, fils narratifs et tonalités, tout en gardant en tête d’où vient la saga – et où elle s’est installée ces dernières années.
Trente ans de cauchemar, et un final en forme de coda
Resident Evil Requiem donne parfois l’impression que Capcom a compilé un grand album « best of » – sauf qu’ici, la tracklist alterne entre une horreur à voix basse, qui serre l’estomac, et une approche plus nerveuse, façon Leon S. Kennedy. La vraie question, du début à la fin, c’est de savoir si ce mélange est le « mix parfait » qu’on attendait, ou si le jeu aurait gagné à choisir un seul cap et à s’y tenir jusqu’au générique.
La série a toujours su changer de peau. Les épisodes à la troisième personne ont glissé vers l’action au fil du temps, tandis que Resident Evil 7 et Village misaient davantage sur la tension, la claustrophobie et les nerfs à vif. Requiem dit: il faut les deux. Et pendant un bon moment, on y croit.
Deux héros, deux tonalités
Au départ, on contrôle Grace Ashcroft, une agente du FBI réservée et prudente – la fille de Alyssa Ashcroft, personnage marquant du vieux coop en ligne Resident Evil Outbreak. C’est un choix audacieux, pioché dans une zone que beaucoup ont oubliée, mais cela rend l’univers plus cohérent. Et surtout, Grace est une excellente base pour l’horreur, parce qu’elle n’est pas une « soldate prête à l’emploi »: la survie, chez elle, c’est la panique et l’improvisation, et le scénario peut construire une vraie progression là-dessus.
Puis vient Leon. C’est le genre de personnage que le monde ne peut plus vraiment « surprendre » – au mieux, il peut l’énerver. Expérimenté, terriblement compétent, doté d’un arsenal et d’une mobilité parfois presque super-héroïques, il tire naturellement le jeu vers l’action. La structure est assez claire: une première moitié portée par Grace, une seconde par Leon, avec quelques bascules ici et là. Comme colonne vertébrale, ça tient.
Grace – une horreur qui te serre vraiment la gorge
La campagne de Grace est la plus tendue, et elle s’appuie davantage sur la tradition du survival horror. Elle emprunte beaucoup à Resident Evil 7 et Village – pas seulement pour la vue à la première personne, mais aussi pour l’atmosphère, le rythme et la place donnée aux énigmes. Les puzzles, en revanche, n’ont pas la cruauté ni la finesse en strates d’autrefois: c’est solide, rarement marquant, même si le level design a ce petit parfum metroidvania, avec clés, détours et retours.
Son segment renoue aussi, parfois presque pas à pas, avec le fantasme du tout premier Resident Evil: on se retrouve piégé dans un manoir vaste et labyrinthique, et certains décors – voire quelques rencontres – rappellent franchement Resident Evil Remake. Ce n’est pas un prérequis, mais ceux qui connaissent l’original ou le remake capteront davantage de détails, et quelques petits moments « ah, oui ».
La partie de Grace ressemble à une relecture modernisée du Resident Evil classique – avec un tempo plus actuel.
Leon – turbo nostalgie, pression en moins
La campagne de Leon se situe à l’opposé. Requiem reste accueillant pour les nouveaux venus, mais côté Leon, avoir fait Resident Evil 2 devient presque « obligatoire » pour que certains flashbacks, références et échos très précis de Raccoon City fassent mouche. L’action est plus frontale: Leon a un arsenal plus dense, et là où Grace peut galérer face à un infecté, Leon gère des vagues, avec un côté qui rappelle parfois la seconde moitié plus agressive de Resident Evil 4.
Le problème, c’est que cette compétence rend plus difficile la création d’une vraie tension. Une bonne partie du plaisir vient des rappels et des « clins d’œil », mais le jeu s’accroche parfois trop au passé et paraît moins vivant au présent. Ce n’est pas raté – juste moins mémorable que la moitié Grace.
De notre côté, la campagne complète a tourné autour de 15 heures, dont une large part à comparer les deux mondes. Le manoir de Grace privilégie la logique exploration-détours-énigmes, alors que Leon offre plus d’espace et plus de combats. Les fans apprécieront sans doute la façon dont les fils se rejoignent, et la plupart des caméos fonctionnent – même si un passage ressemble davantage à « est-ce que c’était vraiment nécessaire? » qu’à un moment indispensable.
RE Engine, PSSR et PS5 Pro – quand les détails mordent aussi
Dans un jeu d’horreur, l’impact repose autant sur l’image que sur le son, et Resident Evil Requiem est impressionnant sur ces deux terrains. Le RE Engine n’a jamais été aussi à l’aise: des environnements crédibles, mais inquiétants, d’une ville en ruines à un laboratoire presque trop propre. Les lumières, les ombres et la finesse des modèles donnent cette sensation « quelque chose de mauvais arrive » – particulièrement efficace dans la partie Grace.
Sur PlayStation 5 Pro, on gagne une couche supplémentaire: Resident Evil Requiem est le premier jeu à utiliser le nouveau suréchantillonnage PSSR, et ce n’est pas qu’un argument marketing. Les détails fins – cheveux, textures subtiles, lumières qui bougent « en direct » – restent plus stables, sans que les performances s’écroulent. Parmi les modes disponibles, le réglage plus axé image autour de 60 fps offre le rendu le plus « cinéma » à nos yeux, tandis que l’option à fréquence plus élevée est là pour ceux qui privilégient la fluidité.
Côté audio, Capcom maîtrise encore l’écrasement. Planches qui grincent, gémissements lointains, bruits sans source visible – et ce silence qui résonne parfois plus fort qu’une musique. Les jumpscares ne sont pas l’arme principale (il y en a quelques-uns), mais l’angoisse continue et la mise en scène sonore font le travail. Certaines créatures « patrouillent » ou traquent réellement, et entendre leurs pas suffit à faire chuter ton niveau de confort.
Un requiem pour les nouveaux comme pour les anciens
Resident Evil Requiem tente de contenter les deux publics sans se disloquer. La fusion horreur-action tient le plus souvent, et la campagne de Grace est clairement le sommet – celle qui réussit à retrouver l’étau du survival horror « old school » dans une enveloppe moderne. La partie Leon mise davantage sur la nostalgie et les affrontements plus rythmés, mais elle serre moins fort, et les énigmes ne cherchent jamais vraiment à devenir mythiques.
Au final, c’est une conclusion qui comprend ce que le mythe Raccoon City représente pour la saga – et qui sait qu’après 30 ans, on ne peut pas vivre seulement de rétroviseur. Ses faiblesses apparaissent quand il s’accroche trop au passé et étouffe la nouvelle voix que la partie Grace construit. Mais si tu veux à la fois un nouveau cauchemar et une dose de fanservice qui gratte les anciennes cicatrices, Requiem a de bonnes chances de te servir les deux.
-Gergely Herpai “BadSector”-
Pro:
+ La partie Grace est le point fort, et l’horreur classique fonctionne vraiment
+ Une atmosphère et une tension de très haut niveau – image et son
+ Beaucoup de nostalgie pour les anciens, avec des liens bien pensés
Contre:
– La campagne de Leon marque moins et s’appuie trop souvent sur le passé
– Des énigmes trop simples, on regrette l’« ancien » casse-tête
– Les deux tonalités ne s’emboîtent pas toujours parfaitement, le rythme peut vaciller
Éditeur: Capcom
Développeur: Capcom
Genre: Survival horror
Sortie: 27 février 2026.
Resident Evil Requiem
Jouabilité - 8.5
Graphismes - 9.5
Histoire - 9.2
Musique/Audio - 9.1
Ambiance - 9.4
9.1
SUPER
Resident Evil Requiem coupe sa campagne en deux pour mêler survival horror oppressant et action portée par Leon, et l’ensemble fonctionne la plupart du temps. La moitié Grace domine, grâce à une tension et une mise en scène audiovisuelle excellentes, dans l’esprit du Resident Evil classique. La partie Leon serre moins, les énigmes manquent d’impact, et lorsque la nostalgie dure trop longtemps, le jeu perd un peu de son élan.
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