TEST – Il s’agit d’un RPG steampunk victorien. Rien que ça suffit à attirer l’attention, mais ajoutez ceci : ici, pas de dés, ce sont des cartes de tarot. Le jeu aborde des thèmes clairement adultes, comme l’opium et les maisons closes. Une fois encore, tout est construit autour d’une enquête, qui mène à un virage sectaire un peu cliché. Cela dit, la présence de trois personnages dans l’histoire atténue en partie ce défaut.
Trois personnages, une grande histoire, et parfois la chance joue un rôle.
Jouons aux cartes
Nos décisions déterminent la façon dont l’histoire évolue, quelles cartes s’ajoutent au paquet, et donc comment nous pouvons résoudre les tâches à venir. Le combat ne sera pas toujours la bonne solution. Dans certains cas, la persuasion peut être plus efficace. À mesure que nous utilisons nos capacités, nous pouvons renforcer leurs effets au détriment d’autres. Cela crée un équilibrage qui touche les trois personnages. Atticus Daley est un mage minotaure orphelin qui noie son chagrin dans l’alcool. Clara Reed, une courtisane rusée, a une prime sur la tête. Teddy Redgrave, un nain inventeur et chasseur de monstres, est accompagné par son compagnon mécanique, Otto.
On contrôle ces personnages avec le stick analogique gauche. On court en maintenant R2. Le bouton Triangle met en évidence les éléments avec lesquels on peut interagir. On interagit en appuyant sur X. Avec le temps, on pioche dans quatre paquets de Minor Arcana (Cups, Wands, Coins, Swords), numérotés de 1 (as) à 14 (roi). Tirer The World réussit automatiquement le test de compétence, tandis que tirer The Fool le fait échouer. Il y a au total vingt cartes de Major Arcana, chacune associée à un personnage précis et à un trait de personnalité (Trait) qui influence les options de dialogue disponibles.
Ensuite, il y a des jauges d’humour qui se remplissent et qui sont liées à notre personnage. Certains aspects de nous-mêmes peuvent se manifester grâce à elles dans le jeu. Le jeu coûte environ 20 dollars et comprend 22 trophées argent, 20 bronze et un trophée platine. Obtenir ce platine demande beaucoup d’efforts. Par exemple, Teddy doit être habillé en uniforme de policier.
Le jeu se déroule dans une ligne temporelle alternative à Londres et ne met pas en scène que des humains. Nos personnages le montrent bien : il y aura donc beaucoup de cyclopes, centaures, nains et minotaures. Les histoires de nos trois protagonistes se rejoignent, divergent et s’entrechoquent. Le changement de personnage par chapitre ne dérange pas ; au contraire, l’idée paraît plutôt bonne. En revanche, le rythme est inégal : parfois efficace, parfois agaçant de brièveté ou trop peu événementiel. Notre tempérament détermine aussi, via un curseur, à quel point nous sommes optimistes ou cyniques. Jouer aux cartes n’est pas un hasard ni un simple jeu de mots : c’est un élément fondamental du gameplay.
Tirage infructueux
Cela peut d’ailleurs être l’un des problèmes du jeu. Par moments, c’est frustrant quand tout s’écroule parce qu’on a tiré une mauvaise carte. Et c’est aggravé par le fait que Sovereign Syndicate n’explique pas vraiment nos chances. L’interface et les menus sont un peu lourds, et la navigation manque de finesse. C’est bien meilleur sur PC, où le jeu est sorti plus tôt. L’ensemble penche davantage vers le visual novel que vers le CRPG. Les confrontations se déroulent via des images dessinées, ce qui n’est pas si mal pour l’ambiance. En revanche, certains arcs se terminent de façon incompréhensible ou perdent leur élan. Malgré cela, le jeu est globalement bien écrit et parvient à installer une atmosphère introspective et pertinente. Visuellement, c’est un peu différent : l’environnement isométrique fonctionne bien pour l’ambiance, mais soyons honnêtes, ce n’est pas un produit révolutionnaire graphiquement. La caméra fixe peut être gênante, par exemple dans les escaliers ou dans des lieux étroits. Les musiques se répètent vite et il n’y a pas de doublage, donc sur le plan sonore, Sovereign Syndicate peut décevoir.
À qui le recommander ?
Sovereign Syndicate n’est pas un jeu d’action. Ce n’est pas non plus un jeu qu’on qualifierait de rapide. Et on ne peut pas dire qu’il soit visuellement époustouflant. C’est un jeu aux mécaniques franchement inhabituelles. Si le début n’accroche pas, le joueur ne s’y tiendra peut-être pas longtemps. En revanche, ceux qui sont convaincus dès les premières heures iront jusqu’au bout. Le Londres steampunk est rempli de personnages brisés qui veulent tous au moins une vie un peu meilleure.
Cela évoque une analogie intéressante quand on regarde autour de nous… mais soyons clairs : le jeu n’est pas mauvais, il n’est simplement pas parfait. Il mérite un solide 7,5/10. Il pourrait même viser 8/10 si les développeurs avaient fait un minimum d’effort sur l’audio. Ils ne l’ont pas fait : ce n’est donc pas un excellent jeu, juste un bon jeu. Mais ça suffit. À condition de ne pas tirer la mauvaise carte.
-V-
Pro :
+ Un Londres qu’on n’avait jamais vu comme ça
+ Une ambiance très réussie
+ Les cartes de tarot le rendent unique
Contre :
– Un son au mieux moyen
– Un rythme inégal
– Une caméra agaçante
Développeur : Crimson Herring Studios
Éditeur : Zugalu
Date de sortie : 15 janvier 2024 (PC) / 29 janvier 2026 (PlayStation 5, PlayStation 4)
Genre : RPG
Sovereign Syndicate
Jouabilité - 7.8
Graphismes - 6.7
Histoire - 8.8
Musique/Audio - 5.2
Ambiance - 9
7.5
BON
Un jeu intéressant, un concept malin, mais une exécution qui n’est pas parfaite.





