Shawn Layden affirme qu’une PS6 100 % dématérialisée mettrait PlayStation dans une impasse – d’autant que la Nintendo Switch 2 et les PC portables plus abordables redéfinissent déjà les attentes avant l’arrivée de la prochaine console.
Nous en sommes à la cinquième année de la génération PlayStation 5, ce qui implique forcément que Sony réfléchit déjà à la PlayStation 6. La nouvelle console ne sortira vraisemblablement que dans quelques années, mais des rumeurs ont circulé en 2024 et 2025 sur son développement, et début 2026, certaines informations ont même évoqué la possibilité que des choix internes puissent retarder la sortie. Dans ce contexte encore flou, l’ancien dirigeant PlayStation Shawn Layden a expliqué quel virage, selon lui, Sony ne devrait pas prendre.
Layden – qui a notamment été à la tête de PlayStation Studios – était invité du podcast KiwiTalkz, où la question d’une PS6 entièrement dématérialisée a été posée frontalement. Sa réponse l’a été tout autant: il ne pense pas que Sony puisse imposer une stratégie « digital-only » pour sa prochaine console. À ses yeux, même si Sony en aurait les moyens techniques et commerciaux, l’identité de PlayStation et la réalité de nombreux marchés laissent encore une place importante au physique.
La PS6 ne peut pas être uniquement numérique
L’argument central de Layden tient au fait que Sony vend ses consoles partout dans le monde, sur des territoires dont l’infrastructure n’a rien d’uniforme. Dans beaucoup de régions, l’accès à un internet rapide et stable n’est toujours pas garanti – alors même que la taille des jeux continue d’augmenter. Dans ces conditions, il juge peu réaliste de contraindre l’ensemble des joueurs à basculer sur un modèle exclusivement basé sur le téléchargement.
Layden a également insisté sur une différence de positionnement: Sony n’est pas Nintendo. Il décrit PlayStation comme une proposition plus « haut de gamme », dominée par les grosses productions, la technique, les performances et le spectacle – ce qui rend, selon lui, une bascule totale vers le tout-numérique encore plus susceptible de se heurter à des contraintes concrètes. Nintendo, à l’inverse, a bâti depuis longtemps un modèle et des habitudes de consommation différentes, notamment via la portabilité et un écosystème très spécifique.
Autre point: le calendrier. Layden estime que la PS6 arriverait sur un marché où la Nintendo Switch 2 serait déjà bien installée, pendant que des PC portables moins chers gagneraient en crédibilité auprès des joueurs attirés par la flexibilité des bibliothèques numériques et des achats. Dans ce contexte, une PlayStation « digital-only » n’aurait, selon lui, aucune marge d’erreur.
Il souligne enfin que, même si le physique recule, il n’a pas disparu. Layden rappelle que l’ère PS5 a vu le dématérialisé progresser, mais que les ventes en boîte restent significatives – et c’est précisément là que Sony jouerait gros, car PlayStation doit fonctionner à l’échelle mondiale, pas uniquement sur les marchés les mieux équipés.
En résumé, Layden pense que Sony pourrait tenter une PS6 uniquement numérique, mais que le pari est trop risqué et pourrait se retourner contre la marque. Pour lui, l’un des fondamentaux de PlayStation est de pouvoir convenir à des profils et à des réalités très différentes – et un modèle 100 % dématérialisé ne s’y prête pas sans créer de fortes frictions.
Source : 3DJuegos



