ACTUALITÉS TECH – Microsoft se retrouve de nouveau sous pression: des militants et des salariés mobilisés estiment que le cloud et les outils d’IA de l’entreprise peuvent renforcer l’appareil de collecte et d’analyse de l’ICE, après des révélations évoquant une hausse massive des données stockées sur Azure.
Le nœud du problème, c’est l’échelle. Des informations fondées sur des documents internes divulgués indiquent que l’ICE a fortement augmenté, en quelques mois, le volume de données conservées dans Azure – passant de plusieurs centaines de téraoctets à environ 1,4 pétaoctet. L’enjeu ne se limite pas au stockage: les documents mentionnent aussi des fonctions d’assistance par l’IA (recherche, traitement, traduction), que les critiques associent à une industrialisation potentielle de la surveillance.
Le collectif No Azure for Apartheid et des campagnes proches demandent à Microsoft de rompre avec l’ICE. Leur ligne est simple: fournir l’infrastructure qui permet à une agence controversée de changer d’échelle, puis de greffer dessus davantage d’automatisation, contredit les engagements publics sur les droits et l’éthique de l’IA.
Microsoft conteste l’interprétation la plus grave. L’entreprise dit ne pas croire que l’ICE mène une surveillance de masse de citoyens américains et rappelle que ce type d’usage violerait ses conditions. Mais elle souligne aussi une réalité du cloud: le fournisseur n’a, en règle générale, pas de visibilité directe sur ce que les clients stockent ni sur la manière précise dont ils exploitent les services – ce qui laisse un fossé entre les principes affichés et la supervision effective.
Au-delà du cas, la polémique vise ce que le cloud et l’IA rendent possible. L’ICE est critiquée depuis longtemps pour ses dépenses technologiques, mais l’épisode actuel porte surtout sur la transformation d’un simple entrepôt de données en système d’exploitation de données. Pour les opposants, c’est là que les slogans se fracassent sur le réel, et ils exigent une décision claire plutôt qu’une nouvelle couche de communication.
Reste à voir si cela débouchera sur une rupture ou sur un énième cycle de gestion de crise. Une chose est nette: la pression continue, et les militants ne veulent plus de phrases générales – ils veulent que Microsoft dise explicitement que l’ICE n’aura pas le cloud et l’IA capables de pousser encore plus loin ce type de dispositif.
Source: PC Gamer



