ACTUALITÉS CINÉMA – Robert Duvall, acteur associé à des classiques comme Le Parrain, Le Juge, Apocalypse Now, Network, main basse sur la télévision et bien d’autres, est décédé dimanche soir à son domicile de Middleburg, en Virginie. Il avait 95 ans.
L’annonce a été faite par son épouse, Luciana, qui a précisé qu’il s’était éteint paisiblement chez lui, à ses côtés, sans qu’une cause de décès soit communiquée à ce stade. Dans son message, Luciana a écrit :
« Hier, nous avons dit adieu à mon mari bien-aimé, à mon ami le plus cher, et à l’un des plus grands acteurs de notre époque. Bob s’est éteint paisiblement à la maison, entouré d’amour et de réconfort. Pour le monde, il était un acteur oscarisé, un réalisateur, un conteur. Pour moi, il était simplement tout. Sa passion pour son art n’était égalée que par son amour profond des personnages, d’un grand repas et du plaisir de tenir salon.
« Dans chacun de ses nombreux rôles, Bob a tout donné à ses personnages et à la vérité de l’esprit humain qu’ils incarnaient. Ce faisant, il nous laisse à tous quelque chose de durable et d’inoubliable. Merci pour ces années de soutien que vous avez offertes à Bob et pour nous accorder ce temps et cette intimité afin de célébrer les souvenirs qu’il nous laisse. »
La carrière de Duvall s’est étendue sur plus de sept décennies, avec des débuts à la fin des années 1950. Au fil de ce parcours, il a travaillé avec des icônes de plusieurs générations et cumulé plus de 140 crédits d’interprétation. Il est resté au travail jusqu’à la fin, sa présence la plus récente à l’écran étant celle du film gothique d’époque The Pale Blue Eye, aux côtés de Christian Bale. Sur l’ensemble de sa trajectoire, il s’est imposé comme l’un des acteurs les plus respectés d’Hollywood, accumulant les distinctions, dont l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans le film de 1983 Tendre Bonheur.
On a souvent comparé la filmographie de Robert Duvall à une colonne vertébrale du cinéma américain, tant elle accompagne des générations de spectateurs. Après des années de théâtre et de petits rôles à la télévision, comme tant de très grands avant lui, il s’est signalé d’emblée avec Boo Radley dans Du silence et des ombres, face à Gregory Peck, au point de s’imposer immédiatement comme un acteur à suivre. Dans les années 1970, il a trouvé sa vitesse de croisière en enchaînant certains des plus grands films de la décennie. Le Parrain et Le Parrain, 2e partie aux côtés de Marlon Brando et d’Al Pacino, puis Apocalypse Now pour Francis Ford Coppola, dans la folie de la guerre, avec Martin Sheen et Brando.
Duvall n’avait pas besoin d’occuper le premier plan pour exhiber toute l’étendue de son talent. Il savait passer de la menace à la comédie, puis à une tristesse déchirante, avec une facilité que beaucoup peinent à atteindre. De la satire noire de MASH au registre plus tranchant de Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express, sans oublier son rôle oscarisé dans Tendre Bonheur, il élevait ses personnages au-delà de ce que le texte semblait promettre. Plus tard, il a incarné un homme de loi obstiné dans Lonesome Dove, un patriarche grincheux dans The Great Santini, une figure solide d’une rédaction dans Network, main basse sur la télévision, un rancher direct et sans fioritures dans Open Range sous la direction de Kevin Costner, et il s’est même frotté à l’action nerveuse de Jack Reacher aux côtés de Tom Cruise. Il a travaillé avec des cinéastes qui ont façonné le cinéma – Coppola, Robert Altman et Sidney Lumet – et il a traversé les époques, partageant l’affiche avec les Brando et les Peck d’une génération, puis avec les Costner, les Travolta et les Downey Jr. d’une autre. Même à 95 ans, on pouvait encore imaginer une dernière grande performance de Duvall – Hollywood doit désormais admettre qu’une de ses plus grandes figures s’est éteinte.
Nos pensées vont à sa famille et à ses proches.
Source : MovieWeb



