La crise mondiale de la RAM force une partie de l’industrie à s’ajuster, et la pression pourrait désormais peser sur les plans long terme de Sony. L’idée centrale est que les pénuries et la flambée des prix de la mémoire peuvent repousser la PlayStation 6 vers la fin de la décennie, avec 2029 évoqué comme scénario défavorable.
La tension sur la mémoire est devenue particulièrement perturbatrice parce qu’elle dépasse un fabricant ou une gamme de produits – il s’agit d’un goulot d’étranglement à l’échelle du secteur. Certaines entreprises ont ralenti une partie de leurs activités habituelles, d’autres ont carrément reconfiguré leurs plans de sortie. Un exemple cité est Valve, qui a réorganisé le lancement de Steam Machine prévu pour 2026 afin de s’adapter à cette nouvelle normalité.
Le point critique est la DRAM, la mémoire dynamique qui sert de base à pratiquement toute la technologie moderne. La pénurie s’est accentuée avec l’essor des centres de données dédiés à l’IA, qui consomment des volumes massifs: Alphabet, Amazon, Microsoft et OpenAI achèted’énormes quantités de puces pour alimenter leurs accélérateurs, ce qui resserre fortement l’offre pour le reste de l’industrie. Conséquence immédiate: les prix de la RAM ont bondi très vite – certaines catégories de DRAM auraient augmenté jusqu’à 75% entre décembre et janvier, avec un impact direct sur les entreprises comme sur les consommateurs.
Dans la lecture proposée via Bloomberg, les grands groupes technologiques cherchent à sécuriser des allocations de mémoire pour éviter de fragiliser les stocks prévus, et cette pression est susceptible de modifier les feuilles de route des consoles. Un report de la PlayStation 6 à 2028 ou 2029 casserait le schéma habituel de Sony, qui lance en général une nouvelle console sept à huit ans après la précédente, avec des effets en chaîne sur les accords avec les développeurs, le marketing et la fidélisation. Sony n’est pas seule concernée: d’autres acteurs, dont Nintendo, réévaluent leurs prix et leurs stratégies à mesure que les coûts de fabrication liés à la mémoire montent, tandis que la hausse de la RAM déborde largement le cadre des consoles. Sur les smartphones d’entrée et de milieu de gamme, la RAM pourrait représenter jusqu’à 30% du coût des composants, ce qui reviendrait à tripler l’impact par rapport aux années précédentes.
Le dilemme est net: sortir la console selon le calendrier en acceptant des coûts plus élevés et un risque accru de retards de production, ou attendre une stabilisation du marché pour viser une expérience utilisateur plus régulière et des marges plus soutenables. Le problème est que les analyses actuelles décrivent la pénurie de DRAM et la pression sur les prix comme un déséquilibre structurel, pas comme un accident temporaire – l’écart entre l’offre et la demande pourrait durer tout au long de 2026 et s’étirer jusqu’à la fin de la décennie, au rythme de la montée des investissements dans l’IA.
La fabrication de la PS5 doit aussi être sécurisée en 2026
La génération actuelle reste un enjeu concret. La PlayStation 5 et la Xbox Series X|S ont dépassé la moitié de leur cycle de vie, et PlayStation ne veut pas fragiliser l’approvisionnement de ses consoles actuelles, particulièrement en 2026 avec des sorties majeures comme GTA 6 attendues au calendrier. Dans le contexte financier du dernier trimestre 2025, la directrice financière (CFO) Lin Tao a confirmé que Sony a entamé des discussions avec ses fournisseurs afin de garantir l’allocation minimale de mémoire nécessaire pour maintenir la production et les ventes de la PlayStation 5 jusqu’à la fin de la période des fêtes de cette année.
Source: 3DJuegos



