TEST – Square Enix ne se contente pas de moderniser les anciens Final Fantasy via des pixel remasters et des remakes : le même traitement s’applique aussi à Dragon Quest. Le septième épisode, sorti en août 2000 (et arrivé à l’époque ni en Europe, ni avant novembre 2001 en Amérique du Nord sur PS1), bénéficie ici d’un remake franchement honnête – et l’on peut, sans forcer, parler d’un très bon remake.
Le jeu simplifie légèrement son récit tout en alignant une solide liste d’améliorations de confort, ce qui donne un résultat globalement propre et convaincant.
De Pilchard Bay au sauvetage du monde
Un jeune garçon issu d’un village de pêcheurs. Son père rentre avec un mystérieux fragment de pierre. Voilà le point de départ : une grande aventure se lance sans nous balancer une tonne d’informations d’entrée de jeu, préférant une mise en place tranquille. Dans l’équipe, on retrouve le prince au flegme notable (Kiefer), la fille du maire (Maribel), et, plus tard, Aishe, Sir Mervyn et Ruff. Le groupe se trompe en croyant qu’Estard est le seul continent du monde, mais à mesure que la carte se recompose, les mystères s’accumulent et la coopération devient indispensable. Pendant ce temps, Estard se développe progressivement, ce qui matérialise bien notre progression. Le procédé fonctionne parce que la narration accroche de plus en plus, et parce que quelque chose de petit, au départ, finit par devenir nettement plus ample. L’histoire ne nous tombe pas dessus – elle avance, et les twists typiques de la franchise apparaissent sous un angle un peu différent. En se concentrant sur les personnages, le rythme ne s’essouffle pas, d’autant que le monde est suffisamment travaillé pour soutenir l’ensemble. DQ7R renforce d’ailleurs ce point par rapport à l’original : les membres du groupe gagnent en épaisseur.
Maribel, autrefois plus superficielle, a désormais de vraies raisons de rester à nos côtés, et Kiefer équilibre mieux ses obligations de prince et de compagnon d’aventure. Côté gameplay, l’élément central reste le système de vocations. Plus on avance, plus de vocations se débloquent, offrant des compétences spécifiques au fil des niveaux. Il FAUT s’y investir pour bâtir une équipe solide et dynamique, ce qui variera selon votre style. Une fois les bons choix trouvés, DQ7R n’est pas particulièrement difficile – et il est même possible d’alléger encore l’expérience pour ceux qui veulent surtout suivre l’histoire. Par exemple, un personnage peut se soigner automatiquement à la montée de niveau, et l’on peut empêcher les monstres d’attaquer automatiquement. Si vous connaissez bien le JRPG, ou si vous avez déjà fait la version PS1 (ou 3DS), il est fortement recommandé de désactiver ces options. Mais au-delà de tout ça, un point saute aux yeux : la direction artistique. Le style d’Akira Toriyama (qu’il repose en paix) est superbe, et les personnages gagnent encore en charme grâce à un niveau de détail renforcé. Le rendu 3D est particulièrement agréable, au point que l’on peut parfois avoir l’impression de regarder une sorte de peinture animée. Sur ce plan, DQ7R frappe fort…
Du diorama à l’aventure, sans perdre la magie
DQ7R distingue efficacement ses lieux, et le monde prend des airs de diorama. Tout semble fabriqué à la main, et l’ensemble respire la vie. C’est même l’exact opposé de ce que tentent les remasters HD-2D des trois premiers Dragon Quest. Et pour revenir à l’idée du diorama : plus l’on progresse, plus le monde s’étend. C’est somptueux. Mais il manque tout de même quelque chose. Square Enix a légèrement simplifié le récit, et certaines branches narratives ont été retirées de DQ7R. Malgré cela, on reste face à un JRPG consistant. Est-ce que cette simplification plombe l’évaluation ? Non. Le rythme s’en trouve même plus fluide. Oui, quelques lieux ou éléments secondaires manquent, mais, dans l’ensemble, l’élan est meilleur que dans l’original.
La bande-son n’a jamais été un problème, et elle ne l’est pas davantage ici. DQ7R ne faiblit pas non plus sur ce terrain – et ce n’est pas exagéré de dire que, musicalement, la franchise a rarement proposé une BO vraiment faible depuis ses débuts. Et au final, on se retrouve avec un remake qui ressemble à ce que Final Fantasy VII aurait dû être. Ce dernier est pourtant sorti trois ans avant Dragon Quest VII. De quoi parle-t-on ? Ici, pas besoin de trois parties et de sept à huit ans d’attente pour tout obtenir. C’est un bloc complet, travaillé honnêtement, et livré d’un seul coup. Il y a matière à réfléchir…
Une nouvelle référence du remake ?
Dragon Quest VII Reimagined prend un 9/10. On le dit cash, sans détour et sans justifications interminables. C’est un remake qui modernise correctement le gameplay et les visuels, tout en conservant le charme de l’original, et en offrant quelque chose de neuf même aux vétérans de la série. Honnêtement, on peine à trouver de vrais points faibles. Peut-être seulement cette simplification légère du récit. Et quand c’est à peu près la seule critique qui vient, c’est que la très grosse note est méritée. Si Square Enix fait la même chose avec Dragon Quest VIII sur PS2, ce sera énorme – parce que l’original était déjà un jeu splendide…
-V-
Pro :
+ Une proposition audiovisuelle très agréable
+ Des personnages mieux travaillés
+ Accessible aussi aux débutants
Contre :
– Un récit légèrement simplifié
– Avec certaines options de confort activées, la difficulté peut paraître trop adoucie
– La gestion obligatoire du système de vocations ne plaira pas à tout le monde
Données :
Développeur : HexaDrive
Éditeur : Square Enix
Date de sortie : 5 février 2026
Genre : JRPG
Dragon Quest VII Reimagined
Jouabilité - 9.2
Graphismes - 8.8
Histoire - 8.7
Musique/Audio - 9.3
Ambiance - 9
9
EXCELLENT
On peut dire qu’il surpasse l’original sur presque tous les plans... il faut vraiment autre chose ?





