David Michaud-Cromp a critiqué son employeur sur son profil personnel LinkedIn, et la réponse a été immédiate. Un responsable d’Ubisoft Montréal se retrouve dehors après avoir attaqué publiquement la politique de retour obligatoire au bureau.
Ubisoft – comme la plupart des grands éditeurs et studios AAA – encaisse une vague de critiques depuis l’annonce, en janvier, d’une restructuration majeure. Le remake très attendu de Prince of Persia: The Sands of Time a été annulé, plusieurs projets ont été reportés, et l’entreprise se prépare à de nouvelles suppressions de postes. En parallèle, Ubisoft tourne la page du télétravail et remet le bureau au centre du dispositif. L’ensemble – y compris un programme de départs volontaires mis en place au siège parisien – a déclenché des réactions très vives, à l’intérieur comme à l’extérieur. Même David Michaud-Cromp, responsable d’équipe chez Ubisoft Montréal, a publiquement exprimé son désaccord. Juste après l’annonce, il a critiqué sur sa page LinkedIn l’obligation de revenir au bureau.
« Ubisoft veut donc rétablir cinq jours de présence au bureau parce qu’ils – soi-disant – croient à la collaboration… mais allons: on n’est pas idiots, on sait très bien pourquoi vous voulez revenir à cinq jours, et ce n’est ni l’efficacité ni la collaboration. »
Peu après, Michaud-Cromp a indiqué avoir écopé d’une sanction disciplinaire: trois jours de suspension non payés. « On m’a présenté cette mesure comme liée à mes commentaires publics sur la politique de retour au bureau, et à une prétendue violation du devoir de loyauté. » Puis, dans une publication suivante, il a confirmé son licenciement par Ubisoft. « Aujourd’hui, Ubisoft a mis fin à mon contrat avec effet immédiat. Ce n’était pas mon choix. Je ne discuterai pas des détails internes ni des circonstances. Je prends du temps pour me repositionner, et je partagerai mes prochaines étapes au bon moment. »
Contacté par WCCFTech, Ubisoft a répondu par une déclaration d’un représentant. « Partager un retour ou une opinion de manière respectueuse ne conduit pas à un licenciement. Nous avons un code de conduite clair qui définit nos attentes communes pour travailler ensemble en sécurité et avec respect. Les employés relisent et signent ce code chaque année. En cas de manquement, nos procédures établies s’appliquent, avec des mesures graduées selon la nature, la gravité et la répétition du manquement. Nous ne ferons pas d’autre commentaire. »
Comme Michaud-Cromp et Ubisoft refusent – ou ne peuvent pas – entrer dans les détails, il est probable qu’on ne saura jamais quelle phrase a précisément franchi la ligne, ni si d’autres échanges avec la direction ont pesé dans la décision. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que Michaud-Cromp défend une organisation où la communication au sein des équipes reste forte – qu’elles soient à distance, au bureau ou en hybride. À Kotaku, il a résumé sa position ainsi. « D’après mon expérience, l’efficacité des équipes à distance ou hybrides dépend moins de la proximité physique que de fondamentaux comme la clarté des objectifs, la confiance, la documentation, les outils et les pratiques de communication. »
Quand Ubisoft a rendu le retour au bureau obligatoire, l’éditeur a assuré que cela renforcerait la collaboration, y compris le partage continu des connaissances et la dynamique collective entre équipes. Selon Ubisoft, la collaboration en présentiel reste un facteur clé d’efficacité, de créativité et de réussite sur un marché AAA de plus en plus sélectif. Entre cette obligation et les réductions d’effectifs déjà confirmées sur plusieurs sites – dont le siège parisien – des protestations ont déjà éclaté côté syndicats et salariés. Les syndicats représentant les employés parisiens ont annoncé une grève à l’échelle de l’entreprise pour la semaine prochaine. Et, la semaine dernière, des manifestations ont aussi eu lieu à Halifax après l’annonce de la fermeture d’Ubisoft Halifax.
Forrás: WCCFTech, LinkedIn, LinkedIn, LinkedIn



