Highguard – Encore un phoque dans la foule

TEST – Le marché déborde déjà de shooters en service continu, et voilà qu’un nouveau candidat s’invite à la fête. Même si l’on met de côté la condamnation immédiate du public au moment de l’annonce, il faut le dire clairement: dans son état actuel, Highguard peut devenir ennuyeux en deux jours. La vraie question est simple: est-ce que quelqu’un y reviendra dans trois, six ou douze mois, ou est-ce que le jeu restera là où il a atterri?

 

C’était le dernier titre dévoilé à la fin des The Game Awards. Des créateurs de Titanfall, on attendait autre chose.

 

 

À dos d’ours

 

Côté scénario, il n’y a pas grand-chose – à peine quelques lignes cachées derrière huit skins de personnages. La boucle de jeu ressemble à un mélange de plusieurs FPS, avec en prime une sensation de travail inachevé. Le maniement des armes manque de finesse, et malgré une volonté d’être “différent”, le jeu donne surtout l’impression d’un produit à moitié prêt, plus proche du prototype que d’une version de lancement.

Visuellement, c’est correct mais terriblement générique. L’optimisation est en dessous de ce qu’on attend, les doublages et les effets sonores s’oublient vite, et la musique paraît parfois absente. Reste la question: le free-to-play peut-il sauver l’ensemble? Le seul vrai geste “pro-joueur”, c’est le battle pass qui n’expire jamais. Mais on réalise très vite que l’équilibrage n’est pas au niveau, que les angles sont encore bruts, et que Highguard a déjà montré une bonne partie de son jeu.

Le roster compte huit Wardens: Atticus, Slade et Scarlet en attaque; Redmane en brute; Una et Kai en défense; Condor en éclaireur; Mara en soutien. On a cinq cartes, et tout se joue en 3v3 sur des espaces immenses. Sérieusement? Ces terrains pourraient accueillir du 8v8 sans sourciller, et pourtant on passe une part énorme des matchs à courir, looter et attendre que l’action se décide à arriver. C’est un peu comme acheter une RTX 5090 pour jouer au Démineur.

Du nouveau contenu mensuel est promis, mais pour l’instant ce n’est qu’une promesse. Highguard se présente comme un hero shooter qui mélange construction de base (Fortnite), capture d’objectif façon drapeau (Quake), scénarios “bombe” tactiques (Counter-Strike) et loot. L’objectif est de prendre le contrôle du Shieldbreaker, puis de poser une bombe sur les générateurs de la base.

On pense un peu à Apex Legends, un peu à Rainbow Six: Siege, et c’est quasiment impossible à expliquer proprement en une seule bande-annonce – Wildlight Entertainment n’y est pas arrivé. La phase Raid est la plus séduisante: on “enchante” la Siege Tower, le bouclier de la base tombe, puis on se bat pour de bon. En groupe, cela peut être franchement amusant. En solo, les limites sautent aux yeux.

Même l’idée de la monture semble sous-alimentée: seulement trois animaux (un gros ours brun, une panthère et un cheval). Au fond, le sentiment dominant est celui d’un jeu sorti trop tôt, incomplet, ce qui n’a fait qu’alimenter la grogne et la pluie d’avis négatifs sur Steam.

 

 

Trop tôt devant le public, trop tard face au public

 

Les cartes sont trop grandes pour ce format. Elles semblent pensées pour des équipes plus nombreuses, et l’on devine que leur taille devait mettre le loot au centre – sauf que l’idée se retourne contre le jeu. On récupère très vite les matériaux avant que la phase Shieldbreaker ne prenne vraiment, puis on se retrouve coincé dans un grind interminable pour la monnaie, le Vesper.

L’extraction des cristaux ressemble à une corvée, et ces systèmes cassent le rythme. La boucle devient vite un cycle: après la Raid Defense, tout recommence, et environ la moitié d’une partie consiste à traverser la carte pour looter et améliorer son équipement. Le time-to-kill est trop long, les armes manquent d’impact, et l’écart entre elles est tel que les problèmes d’équilibrage apparaissent en quelques heures.

Redmane en est l’exemple le plus évident: le choisir, c’est parfois se punir soi-même. Ajoutez à cela un frame rate instable et des serveurs parfois bancals. Condor donne un avantage énorme, Kai aussi: l’un offre une vision type wallhack pendant une trentaine de secondes, l’autre devient une machine à tuer après son ultime, avec en prime une réparation de murs gratuite en passif. Qui a validé ça? Et pourquoi a-t-on toujours l’impression d’un jeu à moitié terminé?

Et pourtant, on peut comprendre l’envie d’essayer: c’est gratuit, pas besoin de démo, et l’idée de base a quelque chose d’unique. Sauf qu’aujourd’hui, le manque de finition rend l’ensemble plus choquant que convaincant.

 

 

Et maintenant?

 

Highguard prend 5,5/10. Il y a de bonnes choses – la phase Raid fonctionne parfois très bien -, mais pour l’instant c’est un jeu vide, incomplet, pas assez riche en contenu. Attendre trois ou quatre mois paraît raisonnable, parce qu’en l’état on peut s’en lasser en un seul week-end, et ensuite on n’a plus de raison de revenir.

Pour l’instant, c’est oubliable. Et le vrai problème, c’est qu’on croule sous les jeux en service continu, alors qu’on aurait besoin de plus de titres solo, hors-ligne, et sans Denuvo sur PC. Pas de ça.

 

-V-

Pro :

+ La phase Raid

+ Un casting varié et des rôles distincts

+ Des battle pass permanents

Contra :

– Un contenu ridiculement maigre pour l’instant

– Des cartes trop grandes pour de petites équipes (3v3)

– Un équilibrage faible (et beaucoup d’autres aspérités)

 

Développeur : Wildlight Entertainment

Éditeur : Wildlight Entertainment

Date de sortie : 26 janvier 2026

Genre : encore un FPS en service continu bon pour la casse

Highguard

Jouabilité - 7.3
Graphismes - 6.2
Histoire - 2.7
Musique/Audio - 6.3
Ambiance - 6.5

5.8

MÉDIOCRE

Peu de contenu, peu de finition, mais une idée qui n’est pas totalement mauvaise.

User Rating: Be the first one !

Spread the love
Avatar photo
Anikó, our news editor and communication manager, is more interested in the business side of the gaming industry. She worked at banks, and she has a vast knowledge of business life. Still, she likes puzzle and story-oriented games, like Sherlock Holmes: Crimes & Punishments, which is her favourite title. She also played The Sims 3, but after accidentally killing a whole sim family, swore not to play it again. (For our office address, email and phone number check out our IMPRESSUM)