S’il restait des doutes sur la situation d’Ubisoft, cette annonce montre que la crise est loin d’être terminée.
Une déclaration officielle révèle que l’entreprise a lancé un programme de départs « volontaires » au siège parisien d’Ubisoft, pouvant concerner jusqu’à 200 employés. Cette décision intervient après l’annonce, la semaine dernière, d’une réorganisation majeure divisant la société en cinq pôles créatifs, accompagnée de retards et d’annulations de projets, alors que le cours de l’action est retombé à son niveau le plus bas depuis 2011.
Des informations faisaient déjà état d’un climat marqué par la colère et le découragement chez Ubisoft, en particulier à Ubisoft Paris, et cette mesure laisse présager une dégradation supplémentaire. Le dispositif étant volontaire, le nombre final de postes supprimés pourrait être inférieur à 200. Il ne concerne que les salariés d’Ubisoft International sous contrat français et ne deviendra effectif qu’après un accord avec les représentants syndicaux et la validation des autorités françaises.
« Conformément aux annonces de la semaine dernière concernant le nouveau modèle opérationnel et l’accélération des initiatives de réduction des coûts, Ubisoft International a engagé des discussions sur une éventuelle Rupture Conventionnelle Collective. Il s’agit d’un accord collectif, volontaire et mutuel de rupture du contrat de travail pouvant concerner environ 200 postes au siège en France. À ce stade, la proposition nécessite un accord collectif avec les syndicats et l’approbation des autorités françaises pour entrer en vigueur. Elle s’applique exclusivement aux employés d’Ubisoft International sous contrat français et n’a aucun impact sur les autres entités françaises ni sur les équipes Ubisoft dans le monde », précise le communiqué.
Ces suppressions de postes s’inscrivent dans une réduction d’effectifs plus large, attendue après l’annonce d’économies supplémentaires de 200 millions d’euros et d’un retour obligatoire au bureau. Ces deux éléments ont conduit à une grève devant Ubisoft Paris le 22 janvier. La semaine précédant ce mouvement, le syndicat français du jeu vidéo Solidaires Informatique a interpellé publiquement le PDG Yves Guillemot, estimant inacceptable que les décisions de la direction détériorent les conditions de travail, et rappelant que ce sont les employés qui produisent les jeux.
Yves Guillemot et sa famille dirigent Ubisoft depuis sa création. Au cours des huit dernières années, sous sa direction, la valeur de l’entreprise serait passée d’environ 10 milliards de dollars à près de 500 millions de dollars.
Source : WCCFTech, GamesIndustry



