Quarante-six membres du Congrès ont saisi la Federal Trade Commission afin de réclamer un examen approfondi de l’opération.
L’an dernier, Electronic Arts a annoncé son intention de quitter la Bourse pour devenir une entreprise privée, dans le cadre d’un rachat estimé à 55 milliards de dollars mené par un consortium d’investisseurs conduit par le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) et la société de capital-investissement Silver Lake. L’opération a déjà reçu l’aval des actionnaires, et ne dépend plus désormais que de l’approbation des autorités de régulation, dont la Federal Trade Commission (FTC) aux États-Unis.
Alors que la procédure est toujours en cours, 46 membres du Congrès américain ont fait savoir qu’ils refusaient que la transaction soit finalisée sans une analyse approfondie de la FTC. Dans une lettre ouverte adressée à la présidence de la Commission, signée par 46 élus démocrates et menée par les coprésidents du Labor Caucus Steven Horsford, Debbie Dingell, Mark Pocan et Donald Norcross, les parlementaires expriment de sérieuses inquiétudes et demandent un examen complet de l’opération.
« Nous souhaitons exprimer nos vives préoccupations concernant le projet de rachat d’Electronic Arts (EA) par le Public Investment Fund (PIF), fonds souverain de l’Arabie saoudite, ainsi que par les sociétés de capital-investissement Silver Lake et Affinity Partners. Nous sommes attachés à la préservation de marchés du travail justes et concurrentiels et à la protection des emplois américains. Compte tenu de l’impact potentiel de cette acquisition sur les travailleurs, la concentration du marché du travail et la compétitivité à long terme de l’industrie vidéoludique américaine, nous vous exhortons à examiner cette transaction avec la plus grande attention.
Nous demandons respectueusement à la Commission de mener une enquête approfondie sur les conséquences de ce rachat sur le marché du travail, notamment le pouvoir actuel d’EA en matière de fixation des salaires, la probabilité de licenciements après la transaction, le degré de concentration du marché du travail dans les zones géographiques et professions concernées, ainsi que le rôle des participations croisées dans l’évolution des conditions de travail. Les travailleurs méritent un marché équitable et compétitif, dans lequel leurs compétences sont reconnues », indique la lettre.
Les élus évoquent également l’instabilité récente de l’industrie du jeu vidéo, qui a entraîné la suppression de plusieurs dizaines de milliers d’emplois ces dernières années, ainsi que la contribution d’Electronic Arts à ces vagues de licenciements. Ils soulignent en outre l’écart considérable entre la rémunération des dirigeants et celle des employés, rappelant que le PDG d’EA, Andrew Wilson, gagne environ 260 fois plus que le salarié moyen de l’entreprise.
La lettre met aussi en garde contre le poids de la dette contractée dans le cadre de l’opération, estimée à 20 milliards de dollars, qui pourrait inciter les acquéreurs à mettre en œuvre des mesures drastiques de réduction des coûts, allant des licenciements aux délocalisations, en passant par des restructurations ou des fermetures de studios.
Des préoccupations concurrentielles sont également soulevées, les parlementaires estimant que le niveau de participations croisées pourrait favoriser des pratiques discriminatoires et une coordination anticoncurrentielle dans les secteurs du sport, des talents liés au sport et des jeux vidéo sportifs, limitant ainsi la mobilité des travailleurs et affaiblissant leur pouvoir de négociation.
Enfin, la lettre suggère que, si elle était approuvée, cette fusion pourrait enfreindre les propres règles antitrust de la FTC, lesquelles visent à empêcher les opérations qui nuisent aux travailleurs, tirent les salaires vers le bas et réduisent la demande de main-d’œuvre.
Forrás: WCCFTech, Labor Caucus



