Ubisoft touche le fond : « reboot total », six jeux annulés et un remake attendu depuis plus de cinq ans passe à la trappe [VIDEO]

Ubisoft a touché le fond. L’éditeur annonce un « reboot total » et annule six jeux, dont un titre que les fans attendaient depuis plus de cinq ans. La succession de mauvaises nouvelles autour de l’entreprise s’achève sur un effondrement qu’on aurait eu du mal à imaginer il y a peu.

 

Après plusieurs années où la morosité a souvent pris le pas sur l’enthousiasme, Ubisoft semble atteindre son point le plus bas. Le groupe français annonce l’annulation de six jeux et le report de sept autres. À cela s’ajoutent la fermeture de deux studios (Halifax et Stockholm) ainsi que des milliers de licenciements supplémentaires, qui seront officialisés le 12 février. L’entreprise présente cette décision comme un « reset stratégique » destiné à retrouver, dans les trois prochaines années, une position dominante dans l’industrie du jeu vidéo. Pour le public, c’est une tragédie ; pour eux, un sacrifice jugé nécessaire.

 

Beaucoup pensaient qu'Ubisoft l'avait annulé, mais Prince of Persia: The Sands of Time Remake est toujours en vie.

Un reboot total pour Ubisoft

 

Parmi les six projets annulés, le plus marquant est sans conteste le remake de Prince of Persia: The Sands of Time. Plus de cinq ans après son annonce, tout laissait penser que la sortie approchait, et le jeu avait même reçu des classifications de certains organismes de notation par âge. Pourtant, il n’aurait pas atteint le nouveau standard de qualité que l’entreprise entend mettre en place. Sur les cinq autres projets abandonnés, quatre étaient des jeux non annoncés, dont trois nouvelles licences, tandis que le cinquième était un titre mobile. Ce dernier point s’explique facilement, puisque le désormais défunt Ubisoft Halifax était spécialisé dans les jeux sur smartphone.

« En outre, le groupe allouera du temps de développement supplémentaire à sept jeux afin de garantir que les nouveaux standards de qualité soient pleinement respectés et que la création de valeur à long terme soit maximisée. Cela inclut des titres non annoncés prévus pour l’exercice fiscal 2026, dont la sortie est repoussée à 2027 », précise l’entreprise dans son rapport. Dans ce contexte, on peut s’attendre à ce que l’année en cours fasse figure de période de transition pour Ubisoft en matière de sorties. Rien ne dit qu’aucun jeu ne verra le jour, mais l’objectif paraît être de redoubler de prudence à chaque lancement afin d’éviter des situations comparables à celle de Star Wars: Outlaws. Ubisoft anticipe que cette réorganisation se traduira par une perte de trésorerie de 400 à 500 millions d’euros sur l’exercice fiscal 2026. Cette prévision intègre également les licenciements que l’entreprise prévoit d’annoncer le 12 février 2025. « La décision stratégique d’engager un reboot majeur de l’entreprise est motivée par l’évolution vers un secteur ‘AAA’ de plus en plus compétitif, ainsi que par les difficultés croissantes des éditeurs à construire des marques dans un environnement à coûts élevés. Toutefois, lorsqu’il réussit, le contenu AAA n’a jamais eu un potentiel financier aussi important », explique le groupe.

 

Il n’y aura pas de grande révolution

 

Le rapport financier décrit l’ensemble comme un reboot complet visant à retrouver une position forte dans l’industrie du jeu vidéo d’ici environ trois ans. Mais si quatre nouvelles licences sont bien en chantier, la priorité semble moins être de transformer l’offre visible côté joueurs que de corriger les processus internes et d’élever le niveau de qualité. Le « nouveau modèle opérationnel » évoqué se résume à une focalisation sur les aventures en monde ouvert et des jeux-service dits « natifs ». Cette vision, en réalité, a déjà été rendue publique à plusieurs reprises ces dernières années. Ici, elle est toutefois renforcée par des « technologies de pointe » et des investissements dans l’intelligence artificielle générative. L’équation comprend aussi la suppression de milliers d’emplois. Dans le même rapport où l’entreprise annonce ces licenciements et son redémarrage, elle se félicite d’avoir bouclé son programme de « réduction des coûts fixes » avec un an d’avance. « Pour maintenir cette dynamique, l’objectif a été fixé de réduire les coûts de base de 200 millions d’euros supplémentaires sur les deux prochains exercices fiscaux », précise le document.

Il est vrai que Ubisoft était devenu une entreprise largement surdimensionnée, mais cela n’enlève rien à la tragédie humaine quand des licenciements massifs sont évoqués avec une froideur presque comptable. Autre mauvaise nouvelle pour les salariés : le travail au bureau cinq jours sur sept deviendra obligatoire. L’ensemble de cette situation amène aussi à se demander si ce n’est pas la raison réelle pour laquelle Ubisoft a interrompu pendant quelques jours la vente de ses actions il y a deux mois. Cela pousse également à réexaminer une série de décisions discutables. Ces derniers mois, Dispatch et Clair Obscur: Expedition 33 sont sortis avec un succès à la fois commercial et critique, deux titres portés par d’anciens employés du groupe. On comprend aussi mieux comment cette obsession pour les jeux-service et les mondes ouverts a pu conduire, par exemple, à l’annulation du remake de Splinter Cell et au choix de développer XDefiant à la place (ce shooter à la Call of Duty qui a fermé un an après son lancement).

Forrás: 3djuegos

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