Pourquoi Resident Evil ne s’appelle pas Biohazard en Occident – la vraie raison derrière ce changement de nom

Pourquoi la saga s’appelle-t-elle Resident Evil en Occident au lieu de Biohazard ? Retour sur un détail aussi surprenant qu’éclairant au sujet de l’une des franchises les plus importantes de l’histoire du jeu vidéo.

 

Personne ne tombera des nues en apprenant que la série Resident Evil ne porte pas du tout le même nom au Japon. Ce type de différence est loin d’être rare dans l’industrie du divertissement – jeux vidéo compris – et constitue même une particularité profondément liée à l’histoire de l’une des marques les plus reconnues du secteur. Autrement dit, si tu savais déjà que la licence de Capcom est commercialisée sous le titre Biohazard dans son pays d’origine, mais que tu ignorais pourquoi le reste du monde a eu droit à une autre appellation, la réponse tient en grande partie à une question de droits et de dépôt de marque.

 

Un nom né d’un concours interne chez Capcom

 

Avec Resident Evil 9: Requiem qui se rapproche, c’est le moment idéal pour replonger dans ce petit épisode – bref, mais savoureux – de l’histoire de Capcom. Car comme l’expliquait il y a quelque temps Chris Kramer, senior director communications and community chez Capcom US, au média GamesRadar+, il est extrêmement rare d’entendre un récit où un jeu tombé dans l’oubli, et même un groupe de musique, finissent par infléchir les décisions d’un grand conglomérat japonais. « Fin 1994, Capcom Entertainment aux États-Unis commençait à accélérer les plans marketing pour le jeu qui serait ensuite connu sous le nom de Resident Evil sur le territoire américain. Capcom Japan nous a informés que le jeu s’appellerait Biohazard au Japon, mais j’ai alors signalé à la personne responsable du marketing à l’époque qu’il serait pratiquement impossible pour Capcom d’enregistrer ce nom aux États-Unis. »

« En exemple, j’ai cité un jeu MS-DOS tout juste sorti aux États-Unis intitulé Biohazard (sans même compter le groupe hardcore new-yorkais portant le même nom), et nous n’aurions donc jamais pu obtenir la marque. Résultat: le responsable marketing a lancé un concours à l’échelle de l’entreprise pour trouver un nouveau nom au jeu. »

« Après avoir passé en revue une liste immense de propositions, l’équipe marketing a estimé que Resident Evil était le meilleur choix, parce que c’était un jeu de mots malin: le premier épisode se déroulait dans un manoir, tu vois. J’ai voté contre, je trouvais ça franchement ringard. Je ne me souviens plus quelle option je préférais, probablement quelque chose de stupide avec des zombies. Mais le reste de l’équipe adorait, et a fini par convaincre Capcom Japan et [Shinji] Mikami que le nom fonctionnait. L’idée venait en réalité d’un designer de Capcom Digital Studios, le tout premier groupe de développement basé aux États-Unis chez Capcom. »

 

Une pratique courante pour les produits japonais

 

Commercialiser un produit japonais à l’international sous un titre différent de celui utilisé au Japon est bien plus courant qu’on ne l’imagine, et cela peut répondre à une multitude de raisons. Dans le cas de Resident Evil, la cause principale est clairement liée à l’enregistrement de la marque, mais d’autres changements de titre dans l’industrie ont aussi pu être motivés par des choix créatifs ou des recommandations marketing visant à maximiser l’impact d’un produit hors du Japon. Le jeu vidéo regorge d’exemples: autant pour des franchises mondialement connues comme Resident Evil que pour des titres comme The Evil Within, initialement commercialisé au Japon sous le nom Psycho Break. Et cette logique n’a rien d’irréversible: les entreprises peuvent décider de rebaptiser une licence si elles le jugent opportun – une stratégie peu fréquente chez les marques déjà installées, mais que l’on a déjà vue dans le secteur.

La décision assez récente de SEGA l’illustre parfaitement: l’éditeur a commencé à distribuer les jeux Yakuza sous le nom Like a Dragon. Au Japon, la franchise s’appelle Ryu Ga Gotoku depuis le tout premier épisode en 2005 (d’où le nom du studio: Ryu Ga Gotoku Studio), une expression que l’on peut traduire littéralement par « comme un dragon » (Like a Dragon). Pourtant, SEGA avait choisi de lancer la série en Occident sous le titre Yakuza, créant ainsi une distinction nette – comparable à celle entre Resident Evil et Biohazard. Désormais, les sorties les plus récentes adoptent Like a Dragon, car selon un représentant de SEGA of America (via Digital Trends), l’éditeur a voulu « s’aligner davantage sur le nom japonais ».

En clair, on a déjà vu – et on verra encore – de très nombreux produits japonais dont les titres varient fortement entre le Japon et l’Occident, parfois sans vraie cohérence globale. Mais le cas Resident Evil reste un peu à part, parce que Capcom a carrément donné à ses employés l’occasion de participer au processus qui allait définir l’identité d’une des sagas les plus importantes de l’histoire du jeu vidéo. Une franchise qui demeure aujourd’hui particulièrement solide: non seulement grâce à cette double identité Resident Evil/Biohazard, mais aussi parce qu’elle continue, épisode après épisode, à accomplir ce qu’on attend d’elle – nous glacer le sang.

Source: 3djuegos

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