Le patron d’Epic Games estime que la pornographie générée par IA sur la plateforme – y compris à partir d’images de mineurs – sert de prétexte pour museler des adversaires politiques.
Tim Sweeney a critiqué sur Twitter la tentative de certains élus américains visant à faire interdire l’application de réseau social ainsi que l’outil d’IA générative qui y est lié, Grok. Cette initiative est survenue après que des utilisateurs ont découvert que Grok, l’IA d’Elon Musk, pouvait produire des images à partir de photos de personnes réelles – dont des mineurs – en les représentant nues ou dans des poses sexuellement compromettantes, ce qui a entraîné une vague de contenus de ce type sur la plateforme.
« 42e raison en faveur des plateformes ouvertes : mettre fin aux exigences incessantes des politiciens envers tous les “gardiens de porte” afin qu’ils censurent leurs adversaires politiques. Toutes les grandes IA ont des exemples documentés de dérives ; toutes les grandes entreprises d’IA font de leur mieux pour lutter contre ça ; aucune n’est parfaite. Des politiciens exigeant que des intermédiaires écrasent sélectivement l’entreprise d’un adversaire politique, c’est du capitalisme de connivence », a écrit Sweeney à propos des demandes visant à pousser Apple et Google à retirer Twitter et Grok du duo Google Play/App Store.
All major AIs have documented instances of going off the rails; all major AI companies make their best efforts to combat this; none are perfect. Politicians demanding gatekeepers selectively crush the one that’s their political opponent’s company is basic crony capitalism.
— Tim Sweeney (@TimSweeneyEpic) January 9, 2026
Un article de 404 Media publié plus tôt dans le mois illustre de manière frappante les nouvelles capacités découvertes de Grok : influenceuses représentées nues, enceintes ou en train d’allaiter. Ces images ont été produites par des utilisateurs à partir de photos de mineurs. La Rape, Abuse, & Incest National Network (RAINN) définit les contenus d’abus sexuels sur mineurs (CSAM) comme des preuves d’exploitation sexuelle d’enfants, une catégorie qui englobe à la fois des contenus réels et des contenus synthétiques – y compris des images créées via des outils d’IA. Pour la RAINN, un exemple de CSAM inclut tout contenu qui sexualise ou exploite un enfant au bénéfice du spectateur. Depuis l’éclatement de la controverse, le seul changement concret opéré par Twitter consiste à placer la génération d’images de Grok (dans les réponses) derrière un paywall : autrement dit, la plateforme tirerait désormais un profit encore plus direct de la capacité de l’outil à produire du CSAM qu’auparavant.
Le tout a quelque chose d’autant plus irritant que Sweeney a lui-même pratiqué une forme de censure pour des raisons politiques sur la plateforme qui l’a rendu milliardaire. En décembre, l’Epic Games Store – à l’image de Steam – a banni pour des raisons floues le jeu artistique Horses, une décision présentée comme la conséquence des pressions exercées par des groupes activistes conservateurs sur les entreprises de paiement afin de censurer l’art transgressif et la pornographie légale en ligne. Sweeney semble pourtant pressé de défendre cette machine d’humiliation sexuelle en ligne, en invoquant la nécessité de plateformes ouvertes et de liberté d’expression, tout en appliquant une censure sur sa propre plateforme fermée.
Source : PCGamer, 404 Media, 404 Media, RAINN



