Ils ont été critiqués pour avoir inclus des options homosexuelles dans leur RPG, mais leurs ventes prouvent que « la haine en ligne n’importe presque pour personne ». Martin Klíma, executive producer de Kingdom Come: Deliverance 2, l’affirme: la critique fait mal, mais elle ne laisse pas de cicatrice durable.
Dans une industrie mondialisée comme le jeu vidéo, une polémique sur les réseaux sociaux peut fragiliser une sortie ou placer un studio entier dans une position inconfortable. On l’a vu récemment avec Larian Studios, après le soutien exprimé par son directeur Swen Vincke à l’IA générative, et Warhorse Studios avait connu une tempête comparable dès 2017. Pourtant, Daniel Vávra, réalisateur de Kingdom Come: Deliverance 2 comme du premier épisode, assure que les controverses liées à la saga ont eu très peu d’effet concret sur les ventes ou sur l’image du jeu auprès du grand public.
Pour saisir le contexte, il faut remonter à 2017, lorsque le premier Kingdom Come: Deliverance avait été attaqué par une partie de la communauté en ligne pour l’absence de personnages racisés dans sa représentation de la Bohême du XVe siècle. Warhorse avait répondu en s’appuyant sur l’exactitude historique, en rappelant que la diversité ethnique était extrêmement rare dans les zones rurales de l’époque. Malgré cela, le débat s’était envenimé, des universitaires s’étaient opposés sur le sujet, et la communauté s’était retrouvée fortement polarisée sur le plan idéologique.
Le scénario s’est répété en 2025 avec la sortie de Kingdom Come: Deliverance 2, mais cette fois dans l’autre sens. Certaines voix qui défendaient auparavant l’argument de la rigueur historique ont critiqué l’inclusion de personnages racisés et la possibilité de relations entre personnes du même sexe. Warhorse a répondu que la suite se déroule dans une grande ville, un cadre beaucoup plus crédible pour une diversité culturelle, et cohérent avec l’approche historique revendiquée de longue date par l’équipe dirigée par Vávra. Un contraste notable avec le premier jeu, davantage centré sur la Bohême centrale.
Pour Warhorse, ces querelles ne passionnent qu’« une poignée de personnes »
Deux polémiques, deux perspectives opposées: PC Gamer a voulu y revenir afin de savoir si ces disputes avaient eu un impact sur les ventes. Dans ce contexte, Martin Klíma, cofondateur du studio et executive producer, s’est montré à la fois prudent et très clair. Il reconnaît qu’une controverse est toujours désagréable à vivre, tout en admettant qu’elle peut aussi apporter une visibilité supplémentaire; quoi qu’il en soit, sa perception est tranchée: ces débats n’intéressent qu’« une poignée de personnes » et ont une importance minimale pour le public général.
Au final, les chiffres semblent lui donner raison. Le premier Kingdom Come: Deliverance s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires depuis sa sortie, tandis que la suite a atteint 4 millions de ventes en seulement neuf mois. Klíma en tire donc une conclusion sans détour: « Peu importe ce qu’ils disent de vous, tant qu’ils écrivent correctement votre nom. »
Source: 3djuegos



