Burkina Faso: Radical Insurgency – Une saveur différente

TEST – Il y a près de deux semaines, le jeu de Blackridge Entertainment et Octorian Studios est sorti de l’accès anticipé. Il s’agit d’un FPS tactique. Ce n’est pas parfait, mais le titre tente au moins quelque chose de singulier. De quoi attirer un peu l’attention, sans pour autant espérer un vrai retentissement, ce qui reste logique puisqu’on n’est pas face à une production AAA.

 

D’un côté, il y a une forme de stagnation, donc c’est encore un choix malchanceux. De l’autre, cela veut aussi dire que ces quelque 5 000 caractères vont se construire dans la douleur.

 

 

Un lasso d’enrobage

 

Dans BF:RI, une campagne de 12 missions attend les joueurs, avec un doublage complet (même si la qualité peut être contestée), ainsi que des séquences en jeu, des scènes pré-rendues et d’autres capturées en motion capture. Côté arsenal, on dépasse les quatre douzaines d’armes, des fusils aux pistolets, des PM aux fusils à pompe et aux fusils de précision.

Avant chaque mission, on choisit son loadout et son équipement, et l’on peut s’entraîner au stand de tir, ce qui a du sens pour un FPS tactique. Dans ce sous-genre, il faut laisser au joueur la liberté de décider comment il entre sur le terrain. Cela vaut aussi pour les armes, puisque plusieurs éléments sont modifiables : canon, garde-main, poignée, crosse, viseur, garde-main, accessoire sous canon, chargeur…

Et cette approche tactique se retrouve dans les mécaniques elles-mêmes. Inclinaison, réglage progressif de la vitesse de marche, positions de prêt bas et prêt haut, vérification du chargeur, visée, sélection du mode de tir, ou encore vue libre : tout cela est présent dans BF:RI, alors même que la configuration demandée sur la page Steam a quelque chose de difficile à croire.

Le jeu utilise Unreal Engine 4 (en théorie). Et pourtant, la configuration recommandée évoque un Intel Core i7 sorti il y a environ huit ans et demi (aucun équivalent AMD n’est mentionné…), une carte graphique vieille de trois à quatre générations, et 33 Go d’espace libre. Le plus absurde, c’est que la configuration minimale indique un iGPU Intel au niveau du processeur, puisque le HD 4400 n’est pas un CPU. LOL. Ils n’ont pas pu corriger ça en presque deux ans ? Il y avait déjà une démo en avril 2024, rapidement suivie de l’accès anticipé, pendant lequel le jeu a donc passé environ un an et demi.

Depuis, le titre a visiblement fait du chemin, mais il laisse encore tout le monde froid. Sur Steam, il totalise 33 avis, et depuis la sortie de l’accès anticipé, il n’en a reçu que trois. Les développeurs ont travaillé les animations : ce n’est pas parfait, mais c’est acceptable. Le problème, c’est qu’il reste des absurdités qui empêchent toute note vraiment marquante… et l’on retombe sur un classique : il y a de bonnes idées, mais, côté exécution, Blackridge Entertainment est resté en deçà de ce qui était possible.

 

 

Des éléments amateurs

 

L’IA des coéquipiers est catastrophique. Il est arrivé plus d’une fois qu’ils refusent tout simplement d’obéir aux ordres, et parfois s’ajoute à cela le plaisir de les voir se coincer partout. On peut aussi se demander si les développeurs ont une expérience réelle du Burkina Faso. Le jeu peut donner l’impression d’être enclin à l’asset flip, et l’équipe ne semble pas forcément connaître la zone, car le décor ne paraît pas vraiment neuf.

On est très loin de Ready or Not, même si, c’est vrai, le jeu ne coûte que 20 euros (8 000 forints). Les masochistes peuvent même tenter un mode permadeath. Au-delà de l’habillage tactique, les gunfights paraissent un peu simples, mais c’est peut-être justement ce qui fait son charme : le jeu ne complique pas inutilement, et si l’on se concentre sur l’essentiel, ça fonctionne.

En revanche, le changement d’arme bugue parfois, et même si les développeurs ont publié quasiment un patch par jour fin 2025, la route est encore longue. Dès le 1er janvier, ils annonçaient vouloir amener le jeu en version 1.6 d’ici la fin de l’année, et, au fond, la feuille de route répétait toujours la même formule : « nouvelles missions secondaires, nouvelles armes, améliorations de confort, corrections de bugs », sauf que, dans la 1.4, un texte est placé quelques pixels plus bas que le reste. Amateur. (On aurait pu faire moins redondant, mais qui sommes-nous, n’est-ce pas.)

Dans ces conditions, il n’est vraiment pas simple d’évaluer le jeu objectivement : il y a peut-être un potentiel, mais l’ensemble conserve un aspect encore un peu inachevé.

 

 

Toujours pas

 

Burkina Faso: Radical Insurgency n’est pas mauvais, mais on ne peut pas non plus parler d’un titre excellent. Par conséquent, il n’est pas recommandé pour le moment. Il récolte un 6/10, et il vaut mieux attendre une baisse de prix, ou regarder une ou deux vidéos. Ou bien, autant le dire franchement, envoyer tout ça au diable et ressortir Ready or Not, parce que lui a déjà montré ce dont il est capable. Ici, ce n’est pas encore le cas, et il n’est pas exclu que cela n’arrive pas vraiment avant la fin de l’année.

-V-

Pro :

+ Un cadre régional original
+ Les développeurs n’abandonnent pas
+ Armes et loadout entièrement personnalisables

Contra :

– Donne encore l’impression d’être inachevé
– Buggy
– IA des coéquipiers défaillante


Développeur : Blackridge Entertainment
Éditeur : Octorian Studios
Date de sortie : 26 décembre 2025
Genre : FPS tactique

Burkina Faso: Radical Insurgency

Jouabilité - 6.2
Graphics - 5.8
Histoire - 6.8
Musique/Audio - 6.2
Ambiance - 5

6

CORREKT

Si l’on doit jouer à un FPS dans un cadre aussi « à part », autant choisir 7554 (Vietnam).

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Grabbing controllers since the middle of the nineties. Mostly he has no idea what he does - and he loves Diablo III. (Not.)