Selon le directeur du studio derrière Arc Raiders, il faut repenser l’impact de l’IA sur le développement des jeux! [VIDEO]

Il estime qu’il est nécessaire de prendre du recul afin de comprendre dans quelle mesure l’intelligence artificielle aide les développeurs et bénéficie aux joueurs.

 

Arc Raiders est sans conteste le jeu en service continu le plus populaire de l’année, avec un lancement particulièrement explosif. Son éditeur, Nexon, a déclaré que le titre était devenu le plus grand succès de l’histoire de l’entreprise, avec plus de 4 millions d’exemplaires vendus au cours des douze premiers jours. Aujourd’hui, il se rapprocherait des 10 millions de copies écoulées sur l’ensemble des plateformes, et figurait également parmi les jeux les plus recherchés sur Google l’an dernier.

Tout n’a toutefois pas été idyllique pour Embark Studios et Nexon. L’utilisation d’une technologie de synthèse vocale basée sur l’IA a suscité une vive polémique, déclenchée par la critique d’Eurogamer consacrée à Arc Raiders, qui a attribué au jeu une note de 2/5 en raison de ce choix.

Le PDG d’Epic Games, Tim Sweeney, a pris la défense du studio, estimant que les opinions politiques devraient être exprimées dans des tribunes, et non dans des critiques. Le PDG de Nexon, Owen Mahoney, a ensuite déclaré qu’il était raisonnable de penser que toutes les entreprises de développement de jeux utilisent déjà l’IA. Si certains développeurs l’ont nié, beaucoup partagent néanmoins cet avis.

Le PDG de Level-5, Hino Akihiro, s’est également récemment prononcé en faveur de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de jeux. Dans une interview accordée à GamesBeat, Patrick Söderlund, fondateur d’Embark et ancien PDG de DICE, est revenu sur cette question sensible, appelant le public à reconsidérer sa position sur l’IA dans les jeux vidéo. Selon lui, elle peut constituer un avantage majeur pour les développeurs et apporter d’importants bénéfices aux joueurs. Embark avait déjà recours à cette technologie dans son précédent jeu de tir compétitif free-to-play, The Finals.

« Je pense que beaucoup de gens ont une idée faussée de ce que cela signifie. Nous n’utilisons pas l’IA pour éviter d’embaucher des personnes ou pour remplacer des emplois. Ce n’est pas le but. Nous travaillons avec plusieurs comédiens de doublage sous contrat et nous continuerons à le faire. Ils sont un élément central du puzzle. Mais l’IA nous permet de mettre à jour le jeu beaucoup plus rapidement. Si nous voulons modifier quelque chose, nous pouvons le faire très vite. Les gens doivent prendre du recul, comprendre ce qu’est réellement l’IA et ce dont elle est capable. Elle peut être extrêmement utile aux développeurs comme aux joueurs. Bien sûr, elle peut être mal utilisée. Je sais que c’est un sujet complexe, mais pour nous, il n’a jamais été question de remplacer des personnes. Il s’agit plutôt d’éliminer des tâches répétitives et parfois fastidieuses, ou de les accélérer, afin de consacrer le temps humain à ce qui a vraiment du sens. J’espère que cela ne heurtera personne. Cela ne devrait pas. »

Patrick Söderlund ajoute que l’IA aura un impact sur de nombreux aspects de la société, sans que cela soit nécessairement négatif. Il cite en exemple The Finals, mis à jour chaque semaine depuis son lancement, avec de nombreuses améliorations, tout en restant gratuit. Selon lui, cela n’aurait pas été possible sans l’aide de l’IA. Il souligne toutefois que l’industrie reste fondamentalement centrée sur l’humain et qu’il n’imagine pas des jeux entièrement créés par une intelligence artificielle.

Embark Studios emploie actuellement environ 350 développeurs. Si le studio est loin d’atteindre la taille des équipes derrière Call of Duty ou Battlefield, il s’agit néanmoins clairement d’une structure de niveau AAA.

Source : WCCFTech

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