La scène la plus folle du Seigneur des anneaux: 60 000 crânes, sans CGI [VIDEO]

ACTUALITÉS CINÉMA – La scène du Seigneur des anneaux montrant 60 000 crânes n’était pas un trucage numérique: quelqu’un les a peints à la main et les a disposés un à un. L’une des séquences inventées par Peter Jackson pour Le Retour du roi s’est révélée être l’une des plus difficiles à réaliser.

 

Je ne veux pas te donner un coup de vieux, mais nous venons d’entrer en 2026 et, en décembre prochain, Le Retour du roi aura 23 ans. Quoi qu’il en soit, c’est toujours un plaisir de reparler du Seigneur des anneaux et de revenir sur ces films qui ont révolutionné la fantasy épique au cinéma, surtout quand on s’intéresse à ce qui s’est passé en coulisses. Te souviens-tu de la scène, à la fin de la trilogie, où Aragorn, Legolas et Gimli manquent d’être emportés par une vague de crânes?

Peter Jackson n’a pas rejeté les images de synthèse en bloc, mais, pour cette séquence précise, il a effectivement fait sans: en dehors de l’environnement, aucun effet visuel n’a été utilisé. À la place, plus de 60 000 crânes peints à la main ont été employés et disposés pour une scène de 52 secondes.

Ce n’est pas un hasard si l’on évoque les versions longues. Si tu n’as vu que la version cinéma, cette scène te surprendra, car elle fait partie du montage étendu de Le Retour du roi, précisément de l’arc narratif qui conduit le trio le plus atypique de la Terre du Milieu vers les Chemins des Morts. Après avoir parlé au Roi des Morts et à son armée spectrale, et après qu’Aragorn a prouvé qu’il était un digne héritier d’Isildur, cette séquence est coupée dans la version cinéma, et on ne les revoit qu’à la bataille des Champs du Pelennor.

Dans la version longue, en revanche, peu après le rire du Roi des Morts face à la supplique d’Aragorn, deux scènes viennent encore combler le vide jusqu’au débarquement à Osgiliath. La seconde explique comment ils obtiennent les navires pour rejoindre le port et, au passage, comment ils éliminent les corsaires d’Umbar. La première est celle qui nous occupe ici. Après les mots, « Je suis l’héritier d’Isildur, combattez pour moi et je tiendrai le serment, qu’en dites-vous? », les spectres disparaissent, semblant ignorer la demande d’Aragorn, laissant les spectateurs avec des questions.

Ensuite, la montagne se fissure et des milliers de crânes jaillissent de ses parois, manquant d’entraîner le trio dans l’abîme. La scène se conclut par une vision dramatique de la flotte pirate arrivant au Gondor, comme si la mission s’achevait sur un échec – du moins selon l’intention initiale de Jackson.

En réalité, cette séquence, avec Aragorn à genoux contemplant sa défaite, figurait dans l’une des bandes-annonces du film, mais elle n’a pas été conservée dans la sortie en salles. Ainsi, ceux qui n’ont vu que les 3 heures et 21 minutes de la version originale l’ont manquée. Même si cette scène n’apporte pas grand-chose, qu’elle perturbe le rythme du récit et atténue l’impact du débarquement des Morts à la fin de la bataille, elle demeure un nouvel exemple de l’esprit artisanal de la saga.

 

Les crânes du Retour du roi ne figurent pas dans le livre, mais ils ont été un cauchemar à tourner

 

Selon le making-of de WETA Productions (via MiddleEarthUpdates), le plan initial consistait à n’utiliser que 200 crânes et à dupliquer le reste en images de synthèse, comme cela avait été fait pour les hordes d’orques massées aux portes de Minas Tirith. Mais au fil des répétitions, le chiffre a explosé afin de donner du poids et du réalisme à cette avalanche de crânes: d’abord 2 000, puis 6 000, ensuite 10 000 et 20 000, jusqu’à atteindre 60 000. Chacun a été peint à la main, faisant de cette séquence l’une des plus laborieuses et des plus monotones de toute la production.

Pour rendre le tournage possible, l’équipe a combiné des crânes grandeur nature et des versions miniatures, en recourant à des astuces visuelles comme filmer des plans larges avec des maquettes, puis les intégrer aux images en prises de vues réelles afin de créer une impression d’échelle. Malgré cela, le tournage a été extrêmement compliqué, surtout pour les plans avec miniatures. Les crânes devaient tomber selon un angle très précis pour être crédibles, mais la structure était si instable qu’une simple vibration pouvait provoquer un effondrement total.

En outre, après chaque prise, l’équipe – et les acteurs eux-mêmes – devaient ramasser les crânes un par un et les replacer à la main. Avec le temps, la situation a même donné lieu à des plaisanteries, les acteurs les lançant dans les sacs depuis différentes distances, comme lors d’un match de basket improvisé.

Ce qui frappe, c’est que, même si cette scène n’apporte rien au récit principal, il s’agit d’une invention de Jackson pour le film. Dans les romans de J. R. R. Tolkien, les Chemins des Morts ont une tonalité très différente. Aragorn s’y rend accompagné de Gimli, de Legolas et de la Compagnie Grise, composée de trente rôdeurs du Nord. Là, entouré de présences invisibles et d’une terreur constante, Aragorn brandit l’étendard du Gondor et appelle les Morts à l’aide, avant le massacre des corsaires.

Il n’y a pas d’avalanches physiques de crânes, mais plutôt une atmosphère de mort, de trahison et de culpabilité qui souligne le poids du serment brisé des Hommes des Montagnes. L’adaptation de Jackson transforme cette horreur intangible en une expérience visuelle explicite, sacrifiant la fidélité littérale au profit de l’impact cinématographique. Plus important encore, la séquence des crânes est devenue l’un des symboles de l’esprit de la trilogie.

Source: GameStar, 3djuegos

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BadSector is a seasoned journalist for more than twenty years. He communicates in English, Hungarian and French. He worked for several gaming magazines - including the Hungarian GameStar, where he worked 8 years as editor. (For our office address, email and phone number check out our impressum)