GAMERFOOD – La sortie de Metal Gear Solid Delta (titre original : Metal Gear Solid 3: Snake Eater) n’est pas seulement un événement pour les fans de jeux vidéo, c’est aussi l’occasion idéale d’explorer un univers culinaire unique : la consommation de viande de serpent. Le classique de 2004, Metal Gear Solid 3: Snake Eater, n’a pas reçu ce nom par hasard – survivre dans la jungle signifiait se nourrir de tout ce qui était disponible, y compris les serpents. Aujourd’hui, alors que le remake est imminent, il est temps de découvrir pourquoi la viande de serpent est considérée comme spéciale, quels bienfaits lui sont attribués, comment elle est préparée dans le monde entier, et où vous pouvez réellement la goûter – même en Hongrie.
Dans le thème musical iconique de Snake Eater, l’expression « Snake Eater » n’est pas seulement un jeu de mots sur le nom de code du héros – elle symbolise le survivant capable de tirer sa subsistance de n’importe quoi dans une jungle hostile. Et cette image n’est pas si éloignée de la réalité : dans de nombreux pays, la viande de serpent est non seulement une délicatesse, mais aussi un aliment du quotidien.
Les bienfaits et les saveurs de la viande de serpent
En médecine orientale, la viande de serpent est considérée comme un aliment thérapeutique. Selon la médecine traditionnelle chinoise, elle favoriserait la circulation sanguine, améliorerait le fonctionnement du foie, renforcerait le système immunitaire et réduirait les inflammations. Certaines sources la recommandent même contre les rhumatismes et lui attribuent des vertus aphrodisiaques. Les nutritionnistes occidentaux s’y sont également intéressés : la viande de serpent est riche en protéines mais extrêmement pauvre en graisses et en calories. Une portion de 100 grammes contient environ 93 calories mais près de 16 grammes de protéines, pratiquement sans glucides. Elle est aussi riche en vitamines B, en fer, en calcium et en vitamine D, ce qui en fait une alternative saine à d’autres viandes plus communes (Napitanacsok).
Quant au goût, beaucoup la comparent au poulet, d’autres au poisson, mais la plupart s’accordent à dire que c’est un mélange étrange et harmonieux des deux. Sa texture peut être un peu ferme, mais bien préparée elle devient juteuse et savoureuse. En Chine, on la consomme souvent en soupe, au Vietnam grillée ou frite, mais elle peut également être utilisée dans des currys ou des ragoûts. On l’accompagne fréquemment de citron vert, d’ail, de sauces pimentées ou d’oignons frits pour en souligner les notes légèrement sucrées.
Où manger du serpent dans le monde ?
En Asie, la viande de serpent est bien moins exotique qu’en Europe. En Chine, notamment à Canton et à Hong Kong, la soupe de serpent (蛇羹) possède une tradition séculaire. On pense qu’elle réchauffe le corps pendant les mois froids et qu’elle a des vertus médicinales (Pvgazeta). La soupe est préparée à partir de plusieurs espèces de serpents, mijotés longuement avec des champignons, des os et des épices, ce qui donne un bouillon riche en collagène.
À Shanghai et à Pékin, il n’est pas rare que des vendeurs de rue conservent des serpents vivants sous leur étal. Le client en choisit un, et l’animal est tué et cuisiné sur place – frit, grillé ou en ragoût. Un couple de blogueurs hongrois a d’ailleurs filmé cette expérience à Shanghai : la tête du serpent est tranchée, la viande passe à la poêle en quelques minutes et est servie avec du citron et des sauces épicées. Pour eux, le goût se situait entre le poulet et le poisson.
Au Vietnam, manger du serpent est devenu un véritable rituel. Aux alentours de Hanoï, on trouve des restaurants spécialisés exclusivement dans le serpent. Le client choisit un cobra vivant, et l’animal est décliné en plusieurs plats : soupe de serpent, serpent grillé, bouchées frites, et même une liqueur de serpent préparée avec son sang et son cœur. Cette boisson rituelle est censée avoir des bienfaits sur la santé, et de nombreux touristes s’y essaient.
On trouve également du serpent en Thaïlande, au Laos et en Indonésie, souvent dans des currys ou des soupes. Aux États-Unis, c’est plutôt dans des restaurants exotiques qu’on en rencontre – au Texas et en Floride, par exemple, le serpent figure au menu aux côtés de l’alligator ou des cuisses de grenouille. Là-bas, il est généralement servi en steak ou grillé, accompagné de sauces épicées (Marxim).
Snake Eater dans le jeu
L’une des grandes innovations de Metal Gear Solid 3: Snake Eater était la façon dont la survie était liée à l’alimentation. Naked Snake ne se contentait pas de ses armes et de ses tactiques d’infiltration : il devait aussi chasser et manger ce que la jungle lui offrait. Tout au long du jeu, on peut capturer et consommer différents types de serpents – pythons verts, serpents rois, serpents d’eau. Ils peuvent être mangés crus (au grand dégoût de Snake) ou cuits, ce qui déclenche une réaction beaucoup plus positive. La nourriture n’était pas seulement un élément d’ambiance : elle influençait le système d’endurance et faisait partie intégrante du gameplay (Wired).
On trouve aussi une scène mémorable – SPOILER – où Snake et Eva, l’agente infiltrée, font rôtir un serpent sur un feu de camp dans une grotte. Cela renforce non seulement leur lien, mais souligne également le symbolisme de la survie, de la confiance et de l’instinct qui traverse tout le jeu.
Manger du serpent est ainsi devenu l’un des motifs clés du jeu : à la fois grotesque, humoristique et réaliste. Les grognements de Snake en mangeant sont même devenus un mème, encore cité par les fans aujourd’hui.
Une bouchée de serpent – entre jeu et réalité
Qu’il s’agisse d’un vendeur de rue à Shanghai, d’un banquet au serpent au Vietnam ou d’un steak de python au Safari GrillHouse de Budapest, la viande de serpent prend des significations différentes : mets exotique, nourriture de survie, rituel ou aventure. Dans Metal Gear Solid 3: Snake Eater, tout cela a trouvé un écho virtuel, reflétant une pratique bien réelle. Aujourd’hui, avec l’arrivée de Metal Gear Solid Delta: Snake Eater, c’est le moment idéal pour se demander : que signifie vraiment être un « Snake Eater » ?
Et n’oubliez pas : la critique complète du jeu sera publiée sur theGeek demain ou après-demain – nous verrons alors si cette « viande de serpent réchauffée » est coriace et difficile à mâcher, ou au contraire un plat à savourer.
-Gergely Herpai « BadSector »-