Pendant des années, « jeu vidéo adulte » signifiait simplement violence et sexe. Le réalisateur de Cyberpunk 2 pense qu’il est temps d’aller au-delà. Pawel Sasko revendique avec fierté le travail accompli sur The Witcher 3.
Dix ans après sa sortie, la marque laissée par The Witcher 3 sur tout un genre est toujours indéniable. Ce RPG en monde ouvert a élevé la barre en matière de création de mondes fantastiques, donnant envie à des millions de joueurs de retrouver ce même souffle sophistiqué ailleurs.
Pour Pawel Sasko, lead designer sur The Witcher 3 et désormais réalisateur de la suite de Cyberpunk 2077, la troisième aventure de Geralt a été déterminante à un autre niveau. Dans une interview à GamesRadar, il rappelle qu’à l’époque de The Witcher 2, « faire un jeu adulte, ça voulait surtout dire deux choses : la violence, le fait de tuer ; et puis la nudité, le sexe ».
Un tournant pour toute l’industrie
Le réalisateur se réjouit que The Witcher 3 ait participé à ce basculement. Un jeu qui, oui, montrait de la violence et du sexe, mais traitait aussi d’autres sensibilités. Sans surprise, le scénario — plein de personnages nuancés et de dilemmes moraux — fait partie des éléments les plus encensés, et restait rare à ce niveau dans les grands titres de l’époque.
Cette tendance s’est poursuivie avec Cyberpunk 2077. Le jeu a même reçu les éloges de Josh Sawyer (Pentiment, Fallout: New Vegas) pour sa gestion du sexe et de la romance. L’Américain, habituellement critique sur ces mécaniques, a reconnu que le studio polonais avait su les intégrer avec finesse dans la narration.
Pour Sasko, ce n’est pas propre à CD Projekt, mais le signe d’un « processus général » de maturation dans toute l’industrie. L’explication ? Les grands jeux ne sont plus portés par des équipes de vingtenaires, mais par des quadragénaires avec famille et nouvelles priorités. Les joueurs eux-mêmes ont grandi, avec d’autres attentes. « Quand on a la trentaine ou la quarantaine, les thèmes qui nous excitaient à vingt ans ou ados ne font plus le même effet. »
Ce changement a donné naissance à la blague du « simulateur de papa » — comme God of War (2018), qui a laissé tomber sa virilité d’ado pour une approche plus mature, inspirée par la propre expérience de père de Cory Barlog. On ne sait pas si Cyberpunk 2 (dont ce ne sera pas le vrai titre) mettra des papas en scène, mais au moins, les développeurs semblent vouloir raconter autre chose.
Source : 3djuegos