TEST – Ce n’est pas exactement l’Allemagne de l’Est dont on se souvient, et l’année est tout droit sortie d’Orwell, puisque ce thriller psychologique cinématographique à la première personne se déroule en 1984. Karma: The Dark World est étrange, mais pas dans le bon sens du terme. Il parvient néanmoins à éviter le chaos total et l’incohérence d’un jeu comme Quantum Error (eh TeamKill, où est passé ce portage PC… ?).
Bien qu’il soit juste de qualifier le jeu d’étrange, il parvient néanmoins à captiver les joueurs, du moins pendant un certain temps.
L’enquête ratée sur Daniel McGovern
Ce n’est pas si mal. Vous incarnez un agent travaillant pour le Leviathan Thought Bureau (ce qui, soit dit en passant, ne sonne pas du tout allemand), et le comportement suspect de votre collègue dégénère rapidement en quelque chose de bien plus grave. Le problème, c’est que l’histoire de K:TDW devient terriblement imprévisible, ce qui entraîne le gameplay dans un territoire tout aussi erratique. On y trouve des énigmes, des séquences policières, des poursuites occasionnelles, des jumpscares irritants et des touches d’horreur. L’histoire tourne autour de la famille, de la perte et de l’amour. Tout semble désespéré, et l’état mental de Daniel ne tient qu’à un fil. Difficile donc de distinguer la réalité du délire, et plonger (littéralement) dans les profondeurs de l’esprit ne fait que compliquer les choses. Le jeu vous donne cette impression de passer un après-midi assis et de vous lever le soir avec un sentiment d’instabilité. On peut le terminer en quatre heures environ, et vers la fin, le jeu tente de briser certains schémas avec un travail de caméra créatif. Mais au-delà de se demander pourquoi on photographie d’énormes yeux rouges, on continue d’avancer. Il y a aussi des combats, dont au moins un frustrant.
Le récit divisera certainement les joueurs. Une deuxième partie pourrait aider à clarifier les choses, mais il y a fort à parier que la plupart ne s’y intéresseront pas. Le jeu a l’air correct. Sur la PlayStation 5 Pro, l’image est plus nette, les textures plus nettes et la fidélité visuelle globale s’améliore lors des mouvements. Le jeu tourne en 4K à 60 FPS, offrant un rythme d’images stable et une jouabilité fluide, grâce à la PlayStation Spectral Super Resolution. Même sur la PS5 de base, les performances sont bonnes. Le jeu a été développé par une équipe chinoise, Pollard Studio, et il s’agit de leur premier projet. Une drogue appelée Bluebottle joue également un rôle : Leviathan l’injecte à ses agents pour améliorer leur productivité. Cette plongée mentale (appelée « Dive ») est tout sauf sans danger, comme le découvre McGovern en sondant la psyché d’un scientifique nommé Sean Mehndez, qui prétend avoir perdu une jambe à cause d’un monstre, mais n’a jamais été indemnisé. McGovern réalise rapidement que l’histoire de Mehndez ne tient pas debout. C’est là que les choses commencent à se dénouer.
Les sombres secrets de Léviathan
Karma : Le Monde des Ténèbres a l’air génial au premier abord, mais ne vous y trompez pas. Il faut du temps pour le mettre en pratique. Plus on s’enfonce, plus le jeu devient étrange, pour finalement glisser vers l’abstrait, voire l’avant-garde. Contrairement à Observer, il n’y a pas de tension constante en arrière-plan. Pollard Studio emprunte une voie différente de Bloober Team, et ça marche. Les situations troublantes et inexplicables créent une tension différente qui convient bien à K:TDW. L’ambiance est un peu celle d’un simulateur de marche, ce qui pourrait diviser les joueurs. Certains apprécieront le mélange de déambulation, de résolution d’énigmes et d’horreur soudaine. D’autres trouveront l’expérience oubliable. Mais l’univers du jeu ? Il est excellent.
You could call it unique and very creative. That might be its strongest suit. The weirdness here is genuinely effective. The effects, slow camera pans, and unusual angles pack a punch—toward the end, the whole thing feels like an art film. That complicates scoring, since you’re essentially judging it both as a game and a movie. Still, one thing’s clear: this Chinese-developed title is pushing the boundaries of video game presentation. That alone could make it an inspiration for other developers. Sometimes, it takes a while for audiences to catch up—just like with the original Metal Gear Solid, which was praised at launch but only later became legendary.
One-Time Experience
Karma: The Dark World gets a 7/10 because it’s not bad—but it’s short, its story is hard to follow, and by the end it veers fully into the abstract. Still, it’s a one-of-a-kind experience—not the kind of thing you see often. The creative world-building, striking visuals, and dark, disturbing mood all help elevate the final score. That said, it might be smarter to wait for a discount. The game is short, and its current price may not be worth the investment.
On pourrait le qualifier d’unique et de très créatif. C’est peut-être son point fort. L’étrangeté est ici véritablement efficace. Les effets spéciaux, les panoramiques lents et les angles inhabituels sont percutants ; vers la fin, l’ensemble ressemble à un film d’art. Cela complique la composition musicale, car on le juge à la fois comme un jeu et comme un film. Pourtant, une chose est sûre : ce titre développé en Chine repousse les limites de la présentation des jeux vidéo. Rien que cela pourrait en faire une source d’inspiration pour d’autres développeurs. Il faut parfois du temps pour que le public rattrape son retard, comme pour le premier Metal Gear Solid, encensé à sa sortie, mais devenu légendaire plus tard.
Expérience unique
Karma: The Dark World obtient la note de 7/10 car il n’est pas mauvais, mais il est court, son histoire est difficile à suivre et, à la fin, il vire complètement à l’abstrait. Malgré tout, c’est une expérience unique, pas comme les autres. La création créative du monde, les graphismes saisissants et l’ambiance sombre et dérangeante contribuent tous à rehausser la note finale. Cela dit, il serait peut-être plus judicieux d’attendre une réduction. Le jeu est court et son prix actuel ne justifie peut-être pas l’investissement.
-V-
Pro :
+ Excellente création d’univers
+ Unique
+ Ambiance
Contre :
– Durée courte
– Récit confus
– Gameplay oubliable
Éditeur : Wired Productions, Gamera Games
Développeur : Pollard Studio
Genre : Simulateur de marche, horreur, Allemagne de l’Est
Sortie : 27 mars 2025
Karma: The Dark World
Gameplay - 6.2
Graphismes - 8.1
Histoire - 7.4
Musique/Audio - 6.9
Ambiance - 7.5
7.2
EXCELLENT
Karma: The Dark World embarque les joueurs dans un voyage sombre et surréaliste à travers une Allemagne de l'Est dystopique, mêlant mécaniques de réflexion et horreur psychologique. Bien que court et souvent déroutant, son atmosphère envoûtante et ses graphismes saisissants le distinguent. Ce jeu ne convient pas à tous, mais son originalité est indéniable.