{"id":104286,"date":"2025-04-04T22:03:42","date_gmt":"2025-04-04T20:03:42","guid":{"rendered":"https:\/\/thegeek.site\/?p=104286"},"modified":"2025-04-04T23:29:59","modified_gmt":"2025-04-04T21:29:59","slug":"south-of-midnight-douloureusement-magnifique-mais-ca-aurait-pu-etre-bien-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thegeek.site\/2025\/04\/04\/south-of-midnight-douloureusement-magnifique-mais-ca-aurait-pu-etre-bien-plus\/","title":{"rendered":"South of Midnight \u2013 Douloureusement magnifique, mais \u00e7a aurait pu \u00eatre bien plus"},"content":{"rendered":"
<\/p>\n
Pour moi, South of Midnight<\/i> sera sans doute la plus belle d\u00e9ception de l\u2019ann\u00e9e. Je n\u2019en attendais pas un nouveau The Last of Us<\/i>, mais au moins une exp\u00e9rience aussi cr\u00e9ative et d\u00e9cal\u00e9e que Psychonauts 2<\/i>. Malgr\u00e9 sa direction artistique \u00e9poustouflante, le jeu ne propose pas le gameplay r\u00e9fl\u00e9chi et abouti que l\u2019on \u00e9tait en droit d\u2019attendre avec un tel budget. South of Midnight<\/i> est une \u0153uvre visuelle remarquable. L\u2019un des jeux les plus artistiques et singuliers de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dommage que le gameplay soit \u00e0 ce point en retrait.<\/p>\n
Le probl\u00e8me r\u00e9side dans la structure et l\u2019ex\u00e9cution. South of Midnight<\/i> donne l\u2019impression d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9port\u00e9 depuis l\u2019\u00e8re PS3\/Xbox 360 \u2013 ce qui n\u2019est pas forc\u00e9ment un d\u00e9faut en soi. La simplicit\u00e9 peut \u00eatre une force si elle est bien exploit\u00e9e. Mais ici, le level design appara\u00eet comme le maillon faible : l\u2019exploration comme les m\u00e9caniques de jeu manquent d\u2019int\u00e9r\u00eat. Et \u00e7a rend les d\u00e9fauts d\u2019autant plus visibles. Le monde \u00e0 parcourir est tr\u00e8s restreint, les phases de plateforme sont basiques, et les combats se d\u00e9roulent dans des ar\u00e8nes r\u00e9p\u00e9titives, sans v\u00e9ritable impact.<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
Ce qui fonctionne en revanche, c\u2019est la construction de l\u2019univers et l\u2019inspiration tir\u00e9e du folklore du sud-est des \u00c9tats-Unis. South of Midnight<\/i> prend clairement le contrepied des clich\u00e9s de la fantasy, en b\u00e2tissant un monde dot\u00e9 de ses propres r\u00e8gles, de son identit\u00e9 et de sa saveur unique. On y rencontre des cr\u00e9atures \u00e9tranges et magiques qui d\u00e9voilent peu \u00e0 peu leur mythologie \u2013 avec comme point commun une m\u00eame source : la douleur. Chaque l\u00e9gende na\u00eet d\u2019une trag\u00e9die, ce qui refl\u00e8te bien l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 la famille, \u00e0 la terre et aux traditions dans cet univers.<\/p>\n
Le jeu exploite abondamment cet aspect. Peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop, car \u00e0 force de mettre l\u2019accent sur le contexte mythologique, il en oublie parfois le r\u00e9cit principal et ses personnages. Hazel<\/i>, l\u2019h\u00e9ro\u00efne, se retrouve souvent spectatrice d\u2019histoires qui ne sont pas directement li\u00e9es \u00e0 sa propre qu\u00eate. Difficile, dans ces conditions, de s\u2019investir \u00e9motionnellement.<\/p>\n
Le p\u00e9riple d\u2019Hazel Flood<\/i> commence au c\u0153ur d\u2019un ouragan \u2013 \u00e0 la fois au sens propre et au sens figur\u00e9 \u2013 sur fond de tensions avec sa m\u00e8re. Pendant son absence, la maison familiale s\u2019effondre et est emport\u00e9e par la rivi\u00e8re. Elle part alors \u00e0 sa recherche et d\u00e9couvre qu\u2019elle est une tisseuse<\/i>, une sorte de sorci\u00e8re ; que les cr\u00e9atures de contes de f\u00e9es existent ; et qu\u2019une mal\u00e9diction inqui\u00e9tante s\u2019\u00e9tend sur la r\u00e9gion.<\/p>\n
Comme je l\u2019ai dit plus t\u00f4t, le pitch de d\u00e9part est solide \u2013 un bon m\u00e9lange de drame et de mythologie \u2013, mais la trame principale ne parvient pas \u00e0 en tirer tout le potentiel. La premi\u00e8re moiti\u00e9 consacre trop de temps \u00e0 des r\u00e9cits secondaires qui auraient eu plus de sens en tant que qu\u00eates annexes. Ici, elles ne font que d\u00e9tourner l\u2019attention du conflit central entre Hazel et sa famille. Dans le dernier tiers, on aper\u00e7oit des fils narratifs prometteurs, mais ils sont exp\u00e9di\u00e9s \u00e0 la h\u00e2te ou tout simplement laiss\u00e9s en suspens.<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
Les niveaux auraient gagn\u00e9 en impact si certaines t\u00e2ches avaient \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es comme des qu\u00eates facultatives plut\u00f4t qu\u2019impos\u00e9es. Mais South of Midnight<\/i> opte pour une progression lin\u00e9aire et directe. Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment un d\u00e9faut \u2013 j\u2019aime aussi les jeux qui vont droit au but. Mais ici, cette approche est d\u2019un ennui mortel. Il y a peu \u00e0 d\u00e9couvrir, personne avec qui interagir, et un monde qui semble crier \u00ab explore-moi \u00bb sans qu\u2019on puisse r\u00e9ellement le faire. Les niveaux se r\u00e9sument \u00e0 de la plateforme et du combat. Ce qui ne serait pas un probl\u00e8me si ces phases \u00e9taient amusantes \u2013 mais la plupart du temps, elles ne font que remplir l\u2019espace. M\u00eame la combo double-saut\u2013dash\u2013course murale, cens\u00e9e dynamiser le gameplay, devient vite m\u00e9canique. Le jeu n\u2019offre aucun vrai challenge, ni de combinaison int\u00e9ressante. Parfois, une phase de poursuite vient casser la routine, mais les contr\u00f4les deviennent alors mous, et les animations r\u00e9agissent mal.<\/p>\n
Et les combats ? Pas mieux. Ils se d\u00e9roulent dans des ar\u00e8nes qui cassent le rythme \u2013 un d\u00e9faut que seuls les meilleurs hack\u2019n\u2019slash parviennent \u00e0 compenser. South of Midnight<\/i> opte pour un style simple et d\u00e9j\u00e0 vu, qui lasse tr\u00e8s vite. Certes, quelques comp\u00e9tences et am\u00e9liorations sont \u00e0 d\u00e9bloquer, mais \u00e7a reste cosm\u00e9tique. C\u00f4t\u00e9 ennemis ? Une poign\u00e9e de mobs g\u00e9n\u00e9riques qui reviennent sans cesse, sans aucun pattern marquant, dans les m\u00eames d\u00e9cors. Difficile de faire plus monotone. La tactique est absente, le bourrinage omnipr\u00e9sent. On spamme les touches, on attend le rechargement des capacit\u00e9s, on se soigne… et c\u2019est tout. Il y a bien quelques boss, plus impressionnants visuellement et un peu plus inspir\u00e9s, mais ils ne bouleversent en rien les m\u00e9caniques. Ce sont plus des vitrines artistiques que de vrais affrontements m\u00e9morables.<\/p>\n
Mais heureusement, il y a un domaine o\u00f9 le jeu brille de mille feux : la r\u00e9alisation audiovisuelle. L\u00e0 o\u00f9 le gameplay \u00e9choue, la direction artistique et technique excelle. South of Midnight<\/i> \u00e9vite volontairement le photor\u00e9alisme \u2013 et c\u2019est tant mieux ! Le jeu propose un univers visuel stylis\u00e9, inoubliable, qui marque la r\u00e9tine. L\u2019imagination des artistes conceptuels est magnifiquement retranscrite. Peu de jeux cette ann\u00e9e atteignent un tel niveau de cr\u00e9ativit\u00e9 esth\u00e9tique.<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
<\/p>\n
La bande-son n\u2019est pas seulement r\u00e9ussie \u2013 elle est unique. Des morceaux chant\u00e9s racontent l\u2019histoire au fil du jeu, avec des guitares grin\u00e7antes, des ch\u0153urs envo\u00fbtants et cet accent du Sud qui donne une vraie personnalit\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble. C\u2019est moite, c\u2019est folklorique, et c\u2019est parfaitement int\u00e9gr\u00e9. Chaque titre a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 en interne par Compulsion. L\u2019un d\u2019eux m\u2019a m\u00eame donn\u00e9 l\u2019impression d\u2019\u00e9couter une vieille chanson que je connaissais depuis toujours.<\/p>\n
Le doublage est impeccable \u2013 malheureusement, on ne peut pas en dire autant des sous-titres. Je ne sais pas quelle technique \u00e9trange a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, mais les lignes s\u2019\u00e9tirent trop souvent, puis se coupent brutalement, laissant un mot seul sur l\u2019\u00e9cran suivant. C\u2019est non seulement moche, mais parfois illisible. Et si on ne peut pas se reposer \u00e0 100% sur l\u2019audio \u2013 barri\u00e8re linguistique, volume trop bas, etc. \u2013, on rate des dialogues cl\u00e9s. Ce n\u2019est pas un bug bloquant, mais c\u2019est franchement p\u00e9nible.<\/p>\n
Quant \u00e0 l\u2019effet stop-motion \u00e0 faible framerate, il fait davantage office de touche artistique que de v\u00e9ritable m\u00e9canique. On sent que les d\u00e9veloppeurs voulaient initialement l\u2019utiliser plus, mais ont d\u00fb freiner des deux pieds. En jeu, il est quasiment absent \u2013 on ne le per\u00e7oit que lorsqu\u2019on ne bouge pas le stick gauche. Ils ont s\u00fbrement compris que l\u2019int\u00e9grer aux phases de gameplay rendrait l\u2019exp\u00e9rience trop bancale. En cin\u00e9matique, par contre, \u00e7a marche tr\u00e8s bien, et quelques animations subtiles en profitent aussi. Mais au final, \u00e7a reste une curiosit\u00e9 plus qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment fort.<\/p>\n
<\/p>\n